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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1060 du 14 janvier 2012/Page 3

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Guadeloupe : PAWOL A TRAVAYÈ BANNANN

PRIME  DE FIN D’ANNÉE : IL Y A ENCORE  DES  PATRONS  QUI  FONT  A  LEUR  TÊTE.
C’est ainsi que certains nous ont payé la prime de fin d’année (609,80€) intégralement et en une seule fois comme le prévoit l’accord la concernant. Cela surtout sur les plantations où nous sommes bien organisés.
Lignières, président des Planteurs de Guadeloupe, lui, a fait selon son bon plaisir : 150€ pour les camarades qui ont effectué six mois de travail et 300€ pour les autres. D’autres planteurs eux, ne la payent pas du tout.
Mais les camarades concernés ne tiennent pas à leur laisser ni une partie ni toute leur prime et envisagent des actions pour obliger ces profiteurs à respecter l’accord sur la prime de fin d’année dans la banane.
 
C’EST  A  SE DEMANDER   CE QU’IL  CHERCHE !
Il n’y a pas si longtemps, lors d’une grève des camarades haïtiens sur sa plantation, Morand avait frappé un d’entre eux. Et il avait eu le culot de faire venir les gendarmes.
Mais ne voilà-t-il pas que Morand a de nouveau frappé un autre camarade haïtien jeudi dernier. C’est sûr et certain que ce patron « profitant » aurait réfléchi à quatre fois avant de frapper un travailleur s’il s’était agi d’un travailleur Guadeloupéen.
Mais que Morand fasse attention cependant. Un beau jour il y aura un coup de trop ; surtout quand on sait avec quels outils on travaille dans la banane…
           

 

MARTINIQUE
Extraits du site de la CGTM
Prolongation de l’accord salarial de 2009

L’accord salarial conclu entre les syndicats, le patronat, l’Etat et les collectivités locales en mars 2009 avait mis fin à plus d’un mois de grève générale dans les Antilles et en Guyane. L’Etat avait prévu l’échéance de sa participation en décembre 2011. Il était question pour le gouvernement de ne plus participer  au financement d’une petite hausse de salaire obtenue par la masse laborieuse après le mouvement revendicatif de février mars 2009 (Il s’agit de l’exonération des charges sociales sur la prime de vie chère versée par les patrons)  La volonté du Sénat était de prolonger de 3 ans la participation de l’Etat. Finalement, le gouvernement a accepté de prolonger d’un an les engagements de l’’Etat.
Nous ne sommes pas dupes sur la stratégie du gouvernement en période pré électorale. De nombreuses mesures seront prises  avant l’élection présidentielle en France et les élections législatives pour atténuer la volonté manifeste de désengagement de l’Etat qui fait peser sur les travailleurs angoisses et incertitudes. Les travailleurs doivent être conscients que l’Etat ne fait pas de cadeau, pas plus que le patronat et que rien n’est jamais définitivement acquis. Seule la mobilisation permanente des travailleurs rend possible une amélioration de leurs conditions sociales.

Antilles : Éducation : nouvelles suppressions de postes en vue

La rentrée 2012 se présente mal. De nouvelles suppressions de postes ont été annoncées. En Martinique, ce sont 195 postes qui sont menacés (97 dans le premier degré et 98 dans le second degré).
En Guadeloupe, le nouveau recteur poursuivra la politique de son prédécesseur. Il compte ainsi supprimer 169 postes. Le second degré devrait perdre 35 postes. C’est surtout le premier degré qui fera les frais de la politique de casse des services publics orchestrée par le gouvernement : 134 suppressions de postes sont prévues !
C’est un projet criminel, lorsqu’on sait que l’académie de Guadeloupe a été récemment classée avant-dernière pour les résultats des élèves. C’est au primaire que les enfants devraient acquérir des bases solides, pour leur permettre de réussir ensuite au collège et au lycée.
Ces suppressions risquent aussi d’aggraver les difficultés des parents qui travaillent ou qui cherchent un emploi, alors que la garde des jeunes enfants est déjà un véritable casse-tête. En effet, à la rentrée passée ce sont surtout des classes de maternelle qui ont été fermées. Le nombre d’enfants de 2 ans scolarisés en Guadeloupe a chuté dramatiquement, passant de 850 élèves en 2007 à 238 aujourd’hui, et seulement 211 prévus l’an prochain.
Les parents d’élèves mobilisés, qui avaient arraché le maintien de certaines classes au mois de septembre, devront relancer leur combat pour empêcher les projets du recteur de se réaliser. 
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Martinique : Coup de colère des agents de la société Antilles sûreté

Les agents de la Société Antilles Sûreté organisés au sein de la CGTM et de la CSTM sont mobilisés depuis le 3 janvier 2012 pour exiger du patron de cette société qu’il respecte le personnel et les accords qui concernent la profession.
En effet, après un appel d’offres, la société Antilles Sûreté, dont le patron est Marie-Joseph, patron bien connu dans le milieu, a remporté le marché de la sûreté sur le port de Fort de France au détriment de la société Euro sécurité de Jean-Zéphirin. A l’occasion de ce changement, le nouveau patron a décidé de ne pas appliquer un accord signé entre Eurosécurité et les salariés, accord qui contenait une revalorisation des classifications. En outre, ce patron a évoqué la situation de certains employés non titulaires d’un type d’agrément pour tenter de se séparer d’eux. Face à ce comportement, les salariés se sont mobilisés, soutenus par les syndicats, pour contrer la manœuvre en bloquant l’accès du port. Une décision du Tribunal de Référé leur a ordonné de libérer l’accès, ce qu’ils ont fait, sans toutefois que cela permette un fonctionnement normal du site.
 
Ce mouvement a bien évidemment été qualifié de «prise d’otages» par le président de la CCIM. Mais cela n’a rien de surprenant. En sa qualité d’importateur, un tel mouvement ne peut avoir sa sympathie. Ce qui l’intéresse, lui et ses comparses, c’est de voir fonctionner le port dans le seul intérêt et au seul avantage des patrons. Peu leur importe le sort des travailleurs qui y sont de jour comme de nuit, comme les agents de sûreté justement.
Au moment où nous écrivons, les agents de sécurité du port poursuivent leur grève.

Martinique : Soutenir Mélenchon ? Valse-hésitation au PCM

Fin novembre, le responsable de l'Outremer du PCF (Parti Communiste Français) a rencontré des membres de la direction du PCM (Parti Communiste Martiniquais). G. Erichot, secrétaire général du PCM, écrivait dans « Justice » du 1er décembre 2011 qu'il s'agissait en particulier de connaître la position du PCM pour les prochaines présidentielles. En clair, le PCM accepte-t-il, comme le PCF, de soutenir JL. Mélenchon, ancien ministre du gouvernement Jospin de 2000 à 2002 ?
Le PCM décidait de laisser encore attendre sa réponse. Regrette-t-il que JL. Mélenchon propose un programme de gouvernement au Parti Socialiste et non un programme de luttes pour le monde du travail qui a actuellement à défendre pied à pied ses conditions de vie ? Non ! Le PCM conditionne son soutien à des prises de position concernant l' «évolution institutionnelle». Il déclare souhaiter : « un authentique message (...) pour se concilier les suffrages de tous ceux qui, ici, militent en faveur de la Responsabilité».
 
Quant au contenu réel de cette «responsabilité», un autre passage de l'article de G. Erichot en donne une idée. On y apprend que «ce patronat [martiniquais], qui s'était laissé charmer par les promesses démagogiques de l'actuel exécutif régional de relancer l'activité économique, commence à manifester sa déception face aux piètres résultats du fameux plan de relance régional». S'il s'agit de consoler le patronat soi-disant déçu, qu'ont à y gagner les travailleurs ? 
Et, bien sûr, nul reproche de la part du PCM au sujet de l'effacement du PCF dans ces présidentielles.  Que, en Martinique comme en France, les travailleurs attachés à ce que  représente pour eux l'étiquette communiste, se voient invités par le PCF à porter leurs suffrages sur JL. Mélenchon, dissident du Parti Socialiste, cela ne faisait l'objet d'aucune critique de l'article de «Justice». Son rédacteur ne soulève même pas la question. Il confirme ainsi qu'il ne faut pas accorder à la référence au communisme dans l'intitulé du PCM plus d'importance qu'il ne le fait lui-même. Ces dernières années le PCM apparaît de plus en plus aligné derrière les «patriotes » style Marie-Jeanne dont le «patriotisme» consiste surtout en la recherche de postes officiels dans le cadre de l'administration française.
La politique menée par le PCM n'a depuis longtemps plus rien à voir avec le communisme, avec la volonté de libérer le monde du pouvoir de la bourgeoisie
 
Dans les prochaines élections présidentielles, Nathalie Arthaud, candidate de Lutte Ouvrière (membre comme CO de l’Union Communiste internationaliste), sera la seule à défendre un programme de lutte pour la classe ouvrière, tout en plaçant aussi sa campagne dans le cadre de la défense des idées communistes. En soutenant cette candidature, les travailleurs, y compris ceux proches du PCM, pourront dire leur aspiration à une société libérée de l'exploitation de l'homme par l'homme, une société communiste.