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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1060 du 14 janvier 2012/Page 2

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Martinique : Reprise des centres Leclerc. Non à tout licenciement !

Le tribunal de Commerce doit rendre son jugement vendredi 14 janvier dans l'affaire de la reprise des hypermarchés «Leclerc» (Lamentin Place-d'Armes et Long-Pré), gérés par le groupe Lancry qui serait en difficulté.
4 prétendants sont candidats à la reprise : Ho Ho Hien, Leclerc – qui n'avait octroyé jusque là que sa franchise –, Parfait, et Mme Vitella, chef d'entreprise martiniquaise peu connue mais ayant paraît-il déjà investi en Chine, Thaïlande, Afrique...
 Personne dans les médias n'a cherché du côté de Lancry quels pouvaient être ses intérêts dans ce redressement judiciaire qui n'a certainement pas éclaté comme un coup de tonnerre dans un ciel serein et qui, tout aussi certainement, ne va pas le laisser sur la paille, pauvre comme Job.
Par contre le nombre de licenciements à attendre des uns ou des autres a été au cœur des commentaires.
Leclerc et Vitella n'en annonçaient pas. Parfait, pour sa part, en laissait prévoir 32 sur une plateforme de stockage située sur la Z.I. de la Lézarde. Quant à Ho Ho Hien, qui ne reprenait pas du tout cette plateforme logistique, le nombre de licenciements à en attendre n'était pas précisé. Et tout le monde laissait dans l'ombre le sort du personnel administratif.
Mardi 3 janvier, S. Letchimy, président PPM de la Région, a fait une petite apparition sur la scène de cette affaire en recevant les parties en présence. Il faisait des déclarations on ne peut plus floues : voulant rester «combatif» sur le secteur de l'emploi il parlait de la préservation du « maximum d'emplois » – se gardant bien de parler de tous –, en précisant ne pas vouloir se «substituer à la justice». Comprenne qui pourra ! En tout cas, pas question pour lui de condamner tout licenciement, pas question non plus de se placer clairement du côté des salariés menacés.
 
A l'heure où nous écrivons le groupe Parfait semble devoir avoir la préférence du Tribunal. Resterait alors au monde du travail à lui imposer de ne laisser personne sur le carreau. Le petit jeu des changements d'enseigne périodiques dans la grande distribution, avec chaque fois des profits à la clé et les pertes d'emploi qui vont avec, ça a assez duré !

Martinique : Les organisations syndicales rejettent le projet du grand CHU

La fin de l’année 2011 a vu une agitation des syndicats de la Santé en Martinique sur la question de la fusion des trois hôpitaux de Fort de France, du Lamentin et de Trinité en un seul grand CHU de la Martinique. En effet pour l’avancement de son projet de fusion, le directeur de l’ARS (Agence Régionale de Santé) voulait obtenir les avis des instances des trois établissements, le CTE (Comité Technique d’Etablissement) dans lequel siègent les représentants des salariés, la CME (Commission Médicale d’Etablissement) et le Conseil de Surveillance (instance de direction élargie aux représentants des Collectivités Territoriales et des Usagers).
Après avoir défini leur position lors des assemblées générales tenues dans leurs établissements respectifs, l’ensemble des syndicats a voté contre le projet de fusion ou a décidé de ne pas prendre part au vote lors des consultations des CTE. Leurs représentants ont également voté dans le même sens lors des réunions des conseils de surveillance. A la suite de ces votes, dans un courrier adressé à l’ARS et au ministre de la Santé, les syndicats ont rappelé leurs demandes sur plus de clarté sur les conséquences économiques du projet et sur les questions sociales.
En effet, jusque là, le directeur de l’ARS a répondu qu’il s’engageait à maintenir les emplois des agents non titulaires par le biais de passage de certains emplois existant dans les trois établissements hospitaliers vers des structures médico-sociales, non encore créées ni même clairement définies….Face au flou des réponses obtenues sur la question des emplois, maintien des précaires et embauches de personnel supplémentaire, les syndicats exigeaient notamment la transmission de la liste nominative par grade, par statut et par unité fonctionnelle de tous les agents , pour pouvoir exercer le suivi et le contrôle sur les emplois. Cette contestation active des syndicats a le soutien des personnels, qui sont déjà soumis depuis plusieurs mois à des plans de restriction, les fameux PRE (plan de retour à l’équilibre) et qui sont inquiets des conditions dans lesquelles se profile la fusion. D’autant qu’ils voient déjà que les conséquences du déménagement de certains services tel par exemple celui de la pédiatrie passé du Lamentin à la MFME( Maison de la Femme de la Mère et de l’Enfant) du CHU de la Meynard sont très pénibles pour les agents, avec des postes en moins ou des plannings chamboulés pour pallier les diminutions de personnels. Ils ne veulent pas être «trimbalés » sans que leurs observations soient prises en compte, ni voir leurs conditions de travail se dégrader.
Pour l’instant, le mécontentement s’exprime surtout dans les services où les agents défendent leurs conditions de travail. Cela a été le cas ces derniers jours, pour ceux du Bloc, de l’Imagerie médicale en butte à des changements de plannings intempestifs où à des effectifs insuffisants comme  en Gériatrie de PZQ.


Alors sur la question de la fusion, le directeur de l’ARS a surement déjà pris sa décision d’appliquer cette solution pour rationaliser le fonctionnement des hôpitaux et limiter les dépenses. Il n’a surement pas l’intention de reculer malgré les protestations des syndicats. Par contre, il ne pourra peut être pas réaliser son projet sans tenir compte des salariés des hôpitaux. C’est en tout cas ce qui lui a été signifié par les syndicats mais aussi par  des agents qui, depuis des mois, refusent de se laisser faire et d’accepter l’inacceptable pour eux. Ces derniers sauront aussi retrouver le chemin de la lutte d’ensemble pour gagner en force et combattivité pour obliger les porteurs de projets liés à la politique de restrictions pour la population du gouvernement capitaliste, à revoir leurs copies
 
 
                                                                                                                      

Martinique : La justice bourgeoise a condamné quelques gros « tchiaps » qui se croyaient intouchables.

Cela fait plus de 13 ans qu’on n’avait plus entendu parler de l’affaire du Crédit Martiniquais. Eh bien le Tribunal Correctionnel vient de condamner les responsables de la faillite de cette banque.
 Il s’agit à l’origine d’une affaire de gros sous, de falsification de comptes. Pour le procureur de la République Xavier Hubert : «Les dirigeants du Crédit Martiniquais ont servi une fable à toute la Martinique. La fable consistait à dire que le Crédit Martiniquais allait très bien et que ce sont les autres banques qui, par jalousie, ont voulu mettre à terre la banque de la Martinique….La banque s’est engagée auprès de certains actionnaires ou certains investisseurs d’une manière totalement déraisonnable…. Ces engagements complètement irrationnels ont mis la banque à genoux et pour cacher cette situation on a dû falsifier les comptes au moins jusqu’en 1995 ». (France Antilles du 5 janvier 2012).
Qui sont les cinq falsificateurs ? Il s’agit de l’investisseur Charles Rimbaud, propriétaire terrien au Vauclin de son état, et de l’ancienne directrice du Crédit Martiniquais Brigitte Mockli, écopant chacun de 18 mois de prison ferme et de 50 000 euros d’amende. Puis de Pierre Berthé et Guy Cottrell, condamnés, le premier à 10 000 euros d’amende et le second à 50 000 euros d’amende. Et chacun d’eux écopent de 6 mois de prison avec sursis.
 Quant au dernier Laurent Fabre, gros capitaliste du coin, il a été condamné à 50 000 euros d’amende.
Ces sommes par rapport à ce qu’ils possèdent, sont bien planquées quelque part dans un coffre fort, et ne représentent peut être pas grand-chose pour eux. Et il ne faut pas se voiler la face, ces falsificateurs feront appel de leur jugement. Et pour leurs avocats une curieuse analyse a été faite : « On a tout simplement sacrifié ceux que l’on qualifie de béké, de profiteurs ». (F.A. du 5 janvier 2012). Que c’est bien dit !
En tout cas dans ce pays ceux qui ont le pouvoir politique et économique, c’est bien cette caste des békés, de riches, d’exploiteurs que des milliers de gens ont qualifié à juste raison durant la grande grève de février-mars 2099, de « pwofitê volê ».
 Ces capitalistes, ces riches ont toujours eu le beau rôle, celui d’être protégés par leur propre justice, la justice bourgeoise. Alors il faut bien que de temps en temps la justice fasse semblant de faire son travail en lançant un peu de poudre aux yeux de la population.
Mais en fait si elle faisait véritablement son travail pour épingler tous les exploiteurs de ce pays qui sont dans  toutes sortes de magouilles, de pots de vins et autres falsifications, il n’y aurait pas assez de places sur les bancs des accusés pour les juger et surtout dans les prisons.
 

Nathalie Arthaud : « Ce que je souhaite et espère pour 2012 »

Porte parole du parti d’Arlette Laguiller, Lutte ouvrière. Elle est la prochaine candidate de LO aux élections présidentielles. Comme Combat Ouvrier, Lutte Ouvrière est membre de l’UCI (Union Communiste Internationaliste). Elle sera notre candidate commune aux prochaines élections présidentielles.
Nous publions ci-dessous un large extrait ce qu’elle déclarait récemment dans son « blog » sur Internet.
 
« Ce que je souhaite et espère pour 2012… (lundi 2 janvier 2012)
 La période est aux vœux. Tous les candidats présentent ou vont présenter leurs vœux à leurs «chers compatriotes », «aux Françaises et aux Français»…
 Comme toujours, ce n’est donc pas aux « Français » que j’ai envie de m’adresser, mais aux miens, aux travailleurs de toutes nationalités.
Mon propos n’est pas non plus de lancer une « bonne et heureuse année » qui n’a pas beaucoup de sens, dans une période où, comme vient de le révéler l’Insee, le capitalisme fabrique dans ce pays un millier de chômeurs par jour - samedis, dimanches et jours fériés compris.
Mais ce que je souhaite, ce que j’espère, c’est que cette année verra les travailleurs commencer à rendre les coups.
Il y a un certain nombre de choses dont on peut être sûrs, pour les mois à venir : que la crise va s’aggraver, que la « rigueur », c’est-à-dire la politique anti-ouvrière, va s’accentuer. Et que, quel que soit le vainqueur de l’élection présidentielle, cela ne changera rien : Sarkozy parti, Hollande prendra sa place et mènera la même politique contre les travailleurs, comme l’ont fait avant lui les dirigeants socialistes grec et espagnol.
Ce que je souhaite et j’espère pour cette année, c’est donc, d’abord, que les travailleurs ne nourrissent pas de faux espoirs ni dans la gauche, ni dans les élections en général. C’est que, petit à petit, revienne la cons­cience que nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes, que sur notre propre force et nos propres luttes.
 Ce que je souhaite et j’espère, c’est que se multiplient cette année les luttes socia­les. L’année 2011 s’est terminée pour moi par une visite aux grévistes de l’aéroport de Roissy  eh bien je souhaite ardem­ment que bien d’autres luttes de ce type aient lieu, c’est-à-dire que les patrons, à chaque mauvais coup qu’ils essayeront de porter, trou­vent en face d’eux des travailleurs déterminés à ne pas se laisser faire et à rendre coup pour coup. Et même si toutes ces luttes ne gagneront pas, ce qui sera essentiel, ce sera que les patrons commencent à se rendre compte que le climat s’est modifié, que la peur n’arrête plus les travailleurs, et qu’ils sont prêts à se battre pour défendre leur droit à l’existence, leur salaire, leur emploi. 
Oui, pour 2012, je souhaite que la résignation recule et que la conscience de la nécessité de se battre regagne du terrain. Dans la campagne électorale qui démarre, ce sont les idées que je défendrai et je souhaite, bien sûr, que le plus grand nombre possible de voix des classes populaires se portent sur ma candidature. Car ce sera le signe que les temps changent. 
Que le monde du travail retrouve conscience et combativité  voilà mes vœux. » ( fin de citation)
                                                                                                 
 

Marie-Galante : répression d’un jeune manifestant

En décembre, toute la population de Marie-Galante s’est mobilisée pour protester contre la fermeture programmée des services de chirurgie et de maternité de l’hôpital.
Les jeunes ont participé activement au mouvement, eux qui subissent déjà le manque d’emplois sur leur île. Cela n’a pas été du goût du préfet, qui a décidé pour faire un exemple de traduire devant le tribunal de Pointe-à-Pitre Kristen Ibalo, un jeune de 20 ans élève à l’École de la 2 chance.
Convoqué une première fois entre Noël et le jour de l’an, il a dû à nouveau se présenter le mercredi 11 janvier. Kristen est accusé d’avoir blessé un gendarme et d’avoir brûlé une voiture, sur le témoignage de trois gendarmes qui l’ont vu sur un piquet de grève.
Le nouveau procureur de Pointe-à-Pitre prétend aussi qu’il a déjà eu maille à partir avec les « forces de l’ordre ». En réalité, dans cette précédente affaire, il semblerait que le jeune homme a été victime d’un abus de pouvoir, puisqu’il aurait payé 500€ de «frais» lors d’une convocation à la gendarmerie.
La solidarité s’organise pour soutenir Kristen Ibalo. Il n’est pas acceptable qu’un jeune soit victime de la répression parce qu’il a pris part à une mobilisation légitime !