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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1060 du 14 janvier 2012/Page 1

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Editorial: Pour que les exploités inversent la tendance en 2012!

Les hausses de prix en cascade, tombées dès le 1er janvier 2012,  constituent les véritables vœux des Sarkozy, préfet, et autres Penchard. Une grande partie de ces hausses résulte de la décision du gouvernement d’augmenter le taux de TVA de 5,5 % à 7 % pour certains produits et services : transports, abonnements télé, hôtellerie-restauration, certains travaux du bâtiment ; d’une taxe nouvelle sur les sodas, ou du doublement de la taxation sur les contrats de complémentaire santé des mutuelles. S’y ajoutent les augmentations de prix du gaz, de l’essence, de l’électricité qui dépendent également de l’Etat. Puis, il y a toutes les autres hausses de prix, celles décidées par les industriels ou par les grandes entreprises de la distribution. Quant à la TVA dite « sociale » que Sarkozy veut mettre en place c’est  un nouveau cadeau au patronat  en l’exonérant encore plus de cotisations sociales. Ce serait aux Antilles un double cadeau puisque la « loi d’orientation pour les DOM » (LODEOM) permet déjà des exonérations sur les cotisations patronales d’assurances sociales et d’allocations familiales. Les entreprises de moins de 11 salariés dans les dits DOM sont déjà exonérées de charges patronales. En fin de compte cette TVA sociale n’aura comme seul résultat que d’augmenter les prix puisqu’il est question de répercuter ces exonérations sur la TVA. Le seul impôt qui n’augmente pas en ce 1er janvier, c’est l’impôt sur la fortune. Ces augmentations de prix sont toutes l’expression de la guerre menée par la classe capitaliste, directement ou par l’intermédiaire de l’État, pour restreindre sans cesse la part des salariés, des chômeurs, des retraités dans le dit  revenu national.
Contrairement aux salariés dont les salaires, leur unique revenu, dépendent de leurs employeurs, les capitalistes ont toujours le choix de répercuter les hausses de prix qu’ils subissent sur les consommateurs. Comme en ont la possibilité les propriétaires bailleurs qui
ne cessent d’augmenter les loyers depuis plusieurs années
D’autres pénalités frapperont en particulier les travailleurs   de la canne et de la banane. En effet les patrons de ces secteurs prendront prétexte de la fin des mesures de protection de ces productions locales sur le marché européen pour continuer à fermer des plantations, licencier et geler les salaires.
Incapable de surmonter la crise de sa propre économie, la préoccupation de la classe possédante est de récupérer au détriment des classes exploitées de quoi continuer à s’enrichir. Voilà ce qui a marqué l’année 2011. Voilà ce qui  attend les travailleurs en 2012, du moins tant que les décisions et les initiatives sont monopolisées par la classe possédante et les responsables politiques qui la représentent. Ces derniers essaient de nous passionner avec les élections de 2012. La présidentielle qui vient
a en effet le pouvoir de décider qui de Sarkozy ou de Hollande va occuper le palais de l’Élysée.
Mais elle ne change en rien les rapports de classe entre les possédants, le grand patronat et les banquiers, d’un côté, et la masse des exploités, de l’autre. Or, ce sont ces rapports-là qui comptent, pas la petite personne de celui qui occupe la présidence. Alors, si nous voulons que l’année 2012 ne soit pas celle que les puissances d’argent nous préparent, il faudra que les travailleurs et l’ensemble des exploités s’en mêlent. La seule force capable de contrecarrer la toute-puissance de l’argent, c’est la force collective du monde du travail.
Les travailleurs et les exploités devront se mettre en mouvement pour le faire. C’est une question de vie ou de mort pour eux, pour leurs familles, pour toute une génération de travailleurs. Alors, contre les hausses de prix, il  faudra qu’ils imposent l’échelle mobile des salaires, l’indexation automatique de tous les salaires sur les hausses de prix constatées par la population elle-même, et pas par les officines gouvernementales.
Contre le chômage, il faut imposer l’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous sans diminution de salaire. Les travailleurs n’ont pas d’autre choix que d’imposer ces objectifs vitaux.
 

Guadeloupe : Les grèves de Goyave, les 40% de vie chère toujours dans la ligne de mire des politiciens ?

En grève depuis le 19 décembre à l’appel de l’UTC-UGTG, les employés municipaux de Goyave ont été rejoints le 2 janvier par ceux de la société SMPPS chargée du nettoyage des écoles. Et jusqu’à ce jour, le maire et n’a pas donné rendez-vous aux grévistes, exigeant que ces derniers lèvent d’abord leur piquet devant la mairie. Cela ressemble à l’arrogance et au mépris de certains patrons exigeant que les grévistes arrêtent leur grève avant toute négociation.
La plupart des revendications des grévistes concernent une atteinte à leurs rémunérations : entre autres le prélèvement des 40% sur les congés de maladie, le blocage des carrières (pas d’avancement), le non-paiement des heures supplémentaires pour les employés municipaux etc, et pour ceux de la SMPPS, la réduction du nombre de salariés (de 8 à 6) et du nombre d’heures de travail payées (5 au lieu de 6).
Derrière l’attitude de F. Louisy et celle de bien d’autres maires de la Guadeloupe, il y a le désir, pour faire face à la diminution des dotations, de réaliser des économies sur le dos des employés municipaux et d’appliquer la politique de restrictions budgétaires mise en place par le gouvernement.. Aujourd’hui on enlève les 40% sur les congés de maladie, demain ce sera sur les congés tout simplement et après sur les salaires des agents de la fonction publique… Et la boucle sera bouclée.
Le mouvement des employés municipaux de Goyave concerne donc tous les agents de la fonction publique qui doivent de ce fait soutenir ceux de Goyave.

Marie-Galante : répression d’un jeune manifestant

En décembre, toute la population de Marie-Galante s’est mobilisée pour protester contre la fermeture programmée des services de chirurgie et de maternité de l’hôpital.
Les jeunes ont participé activement au mouvement, eux qui subissent déjà le manque d’emplois sur leur île. Cela n’a pas été du goût du préfet, qui a décidé pour faire un exemple de traduire devant le tribunal de Pointe-à-Pitre Kristen Ibalo, un jeune de 20 ans élève à l’École de la 2 chance.
Convoqué une première fois entre Noël et le jour de l’an, il a dû à nouveau se présenter le mercredi 11 janvier. Kristen est accusé d’avoir blessé un gendarme et d’avoir brûlé une voiture, sur le témoignage de trois gendarmes qui l’ont vu sur un piquet de grève.
Le nouveau procureur de Pointe-à-Pitre prétend aussi qu’il a déjà eu maille à partir avec les « forces de l’ordre ». En réalité, dans cette précédente affaire, il semblerait que le jeune homme a été victime d’un abus de pouvoir, puisqu’il aurait payé 500€ de «frais» lors d’une convocation à la gendarmerie.
La solidarité s’organise pour soutenir Kristen Ibalo. Il n’est pas acceptable qu’un jeune soit victime de la répression parce qu’il a pris part à une mobilisation légitime !