Site

Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1059 du 17 décembre 2011/Page 2

Page 2

50e anniversaire de la CGTG : 3ème et dernière partie

De 1970 à 2009 : De très nombreuses luttes
Dans les années 70 et 80, dans de nombreuses entreprises, les travailleurs luttèrent contre les licenciements et pour de meilleurs salaires : dans l’agriculture, dans le bâtiment. Deux grèves générales eurent lieu en 1977, ainsi qu’une grève des enseignants pour la titularisation des maîtres auxiliaires. Ces grèves se poursuivirent  dans les années 90 : on peut citer entre autres l’ANPE, en 93 contre les licenciements, de même que France télécom en 94 et la DDE, grève accompagnée de barrages.
En 1997, une longue grève des travailleurs de la banane leur permit d’arracher une prime de fin d’année de 4000F et le paiement de 50% des jours de grève. Elle marqua une autre étape dans le renforcement de la confédération.
 En 1998 et 99, les grèves contre les licenciements, pour de  nouvelles embauches et l’augmentation des salaires et des primes  se multiplièrent, au fur et à mesure que les attaques du patronat contre le monde du travail s’aggravaient. On peut citer l’IEDOM, Vernou Jalousie, la BNP, la Poste, Nofrag, la Palette, France télécom, les cliniques privées, les pompiers pour leurs conditions de travail. A Conforama, la CGTG et l’UGTG menèrent conjointement une grève pour la réintégration de 4 employés accusés de vol.
A partir de 2000, de multiples grèves eurent pour objectif l’application effective des 35 heures, accompagnée d’embauches et toujours pour s’opposer à des licenciements, entre autres à Jarry Cash, la Générale des Eaux, la Maison de l’enfance, puis en 2002 : l’ANPE, la Sécurité Sociale, le CHU, les employés de nombreuses municipalité. Les employés de la Centrale Thermique du Moule menèrent une longue grève victorieuse  pour l’obtention du statut plus favorable des IGE (Industries Gazières et électriques). En 2004, une longue grève des banques permit aux employés de conserver la convention collective locale, plus favorable.
En 2005, les travailleurs de la SORI firent deux mois de grève et obtinrent 12 passages de mi temps à temps plein et deux embauches sur des postes spécialisés.
Dans le contexte de crise et face aux attaques du patronat, les travailleurs n’ont donc jamais baissé les bras. Les grèves furent souvent longues, le patronat jouant le pourrissement, mais dans ce bras de fer, les travailleurs furent souvent victorieux. C’est cette ténacité, et le dévouement de ses militants qui permit à la CGTG de se renforcer et de gagner de nouveaux syndiqués.
En 2001, Claude Morvan se retira et céda la place de Secrétaire Général à Jean Marie Nomertin, ouvrier de la banane. Claude Morvan reste cependant actif dans le syndicat en tant que secrétaire général de la Fédération du bâtiment.
La CGTG dans la grève de 2009 
C’est donc Jean Marie Nomertin, avec d’autres camarades, qui représenta la CGTG lors de la grève générale de 2009 au sein du LKP. Les militants de la CGTG furent très actifs à tous les moments de la grève. C’est notamment Jean Marie Nomertin  qui valorisa la revendication des 200 euros, en inventant formule «200 euros, c’est 100 bouquets à soupe ». Cette revendication entraina le renforcement du mouvement et de la détermination. Ces 200 euros furent finalement arrachés dans le privé pour les salaires allant du SMIC à 1,4 SMIC,  la moitié étant payée par l’Etat, et l’autre par les patrons et les collectivités territoriales.
C’est le 17 février qu’un dirigeant  la CGTG des impôts, Jacques Bino, fut abattu. Un jeune fut accusé du meurtre, mais cette version des faits reste encore obscure aujourd’hui. D’autres militants furent aussi arrêtés, tabassés, victimes de la répression, encouragée par le patronat Béké. Mais cela ne découragea pas les manifestants, bien au contraire. Le 1 mars, lors d’un meeting du LKP, Jean Marie Nomertin fit voter à main levée la poursuite de la grève jusqu’à un accord sur la plateforme de revendications. L’accord des 4000 présents fut quasi unanime. Le 4 mars, un accord en 165 points, l’accord Bino, fut signé, la grève générale s’acheva sur un succès. Cependant, dans de nombreuses entreprises, il restait à faire appliquer l’accord dans les faits, et particulièrement l’augmentation des salaires. Cela donna lieu à de nombreuses grèves, notamment dans les Cliniques privées, le commerce, la Banane, l’Aéroport, à Orange (63 jours), chez les Municipaux. Les contrats aidés et précaires maintinrent très activement leur mobilisation pour l’emploi.
Et pour l’avenir s’organiser pour abolir l’exploitation capitaliste
Les travailleurs sont confrontés de plus en plus gravement aux attaques du patronat, relayé par un gouvernement entièrement à sa dévotion. Les grèves restent de nature souvent défensive : contre les licenciements, et la baisse du niveau de vie en particulier. Il faut souvent lutter pour l’application effective d’accords déjà obtenus. Ce fut le cas cette année pour les travailleurs de l’EDF, qui réclamaient l’application d’un accord de 1972 leur attribuant les 40% de prime de vie chère.
Les conditions de cette abolition
Aujourd’hui, l’aggravation de la crise économique et financière qui secoue le monde capitaliste nécessite des luttes de grande ampleur. C’est aux travailleurs et aux plus pauvres que le patronat veut faire payer sa crise. Il est donc plus que jamais indispensable de se battre pour ne pas être totalement écrasé. C’est l’objectif que se fixe la CGTG. Les multiples grèves sont une preuve de la combativité des travailleurs. Pour mettre fin à la double exploitation dont notre classe est victime,  de par l’oppression patronale et  le racisme officiel résultant du colonialisme, il reste à mener une lutte d’ensemble, qui aille plus loin dans ses objectifs et sa détermination que celle de 2009.
 
Mais bien évidemment l’action purement syndicale des travailleurs ne suffira pas. Il leur faudra s’armer d’une solide conscience politique de classe et qu’une génération de militants puisse se former aux idées communistes révolutionnaires, le programme communiste étant le seul  permettant d’avancer vers l’émancipation totale des travailleurs. Et ce n’est qu’un parti ouvrier révolutionnaire qui pourra la mener à bien.
 
Bien des militants de la CGTG n’ont pas cette orientation là venant d’horizons politiques, associatifs ou confessionnels divers, ce qui est normal dans un syndicat démocratique. Mais d’autres partagent ce point de vue. A eux donc de faire en sorte que plus de militants syndicaux s’orientent vers le point de vue exprimant la nécessité absolue de la création d’un parti politique révolutionnaire des travailleurs communistes.
 
   
 

Martinique : Propos prêtés au recteur. S’ils s’avèrent vrais, ils ne suivraient qu’une vieille tradition colonialiste

André Siganos, le recteur de l’académie de Martinique, est au centre d’une polémique depuis quelques semaines. Lors d’un colloque à Saint-Domingue, il se serait « lâché » et aurait tenu des propos, idiots et même méprisants, donnant une image plutôt négative de la Martinique du genre: " (...) Dans ce pays,( la Martinique) les gens n’ont pas encore acquis le sens du travail et, par exemple, la plupart du temps, les femmes se réveillent à neuf heures du matin sans trop savoir à quoi occuper leurs journées (...) Les Martiniquais sont des gens qui s’entêtent à parler le créole alors que cet idiome ne sert à rien et n’ouvre sur aucun débouché professionnel (...) La littérature martiniquaise est complètement fermée sur elle-même et ne traite que de sujets nombrilistes, qui tournent en rond. »
 André Siganos a contesté avec véhémence avoir tenu ces propos et adressé une lettre à certains de ses collaborateurs pour dénoncer une campagne qu’il qualifie de diffamatoire. Il a par ailleurs déclaré qu’il porterait plainte contre ceux qui ont fait circuler cette information. 
Il semble que le contenu du texte qui circule ne correspondrait pas à la déclaration exacte faite à Saint-Domingue, mais serait un résumé. Quoi qu’il en soit, et dans l’hypothèse où il les aurait prononcés, ce ne serait pas la première fois que certains hauts fonctionnaires français se laisseraient aller à dire tout haut, en public ou en petit comité, ce qui se dit dans certains cercles. Des expressions comme « des danseuses qui coûtent cher », des « assistés permanents » ou encore « fainéants » ont été prononcées, y compris par des ministres de la république, pour qualifier les habitants de ce pays.
 
 
                                                                                                                      

Europe : Encore un sommet pour rien !

Les 8 et 9 décembre, les dirigeants européens se sont encore réunis pour un énième sommet-de-la-dernière-chance-pour-lutter-contre-la-crise-de-la-dette, le seizième depuis la fin 2009.
Chaque semaine, c’est le même cinéma. Sarkozy et Merkel, devenus inséparables comme les Dupont et Dupond, organisent réunion sur réunion, et pourtant rien ne change. Le chômage augmente, la pauvreté aussi, pendant que les banques continuent à spéculer et que les gros actionnaires se remplissent les poches tant qu’ils le peuvent.
Cette fois-ci, il paraît que c’est bon, tout va s’arranger, grâce à un projet de pacte intergouvernemental qui devrait être ratifié au mois de mars. Les pays les plus endettés seront mis sous surveillance renforcée, dont les modalités juridiques restent à définir (sans blague !). La Banque Centrale Européenne (BCE) ne contribuera toujours pas directement au sauvetage des pays en faillite, mais participera au Mécanisme Européen de Stabilité, qui remplacera l’actuel Fond Européen de Stabilité Financière. Il faut quand même leur reconnaître un mérite, ces gens-là sont doués pour inventer des noms incompréhensibles, histoire de noyer le poisson !
Les dirigeants européens se sont quand même mis d’accord sur un point : ne plus obliger les banques privées à renflouer les États défaillants, comme ce fut le cas pour la Grèce. Ils répondent ainsi aux désirs de leurs amis banquiers, qui ne veulent assumer aucune responsabilité et préfèrent de loin la formule « prend l’oseille et tire-toi » !
Ce plan miracle ne garantit finalement rien du tout, et personne ne sait si d’ici le mois de mars la situation n’aura pas encore empiré. En réalité, toute l’agitation des chefs d’État européens ne sert qu’à masquer leur impuissance, et leur soumission face aux diktats des marchés financiers.
La bourse de Wall Street ne s’y est pas trompée. Le lendemain du sommet les valeurs bancaires ont bien progressé. Mais cela n’empêchait pas les actions des industries de base de continuer à plonger, signe que la crise économique est loin d’être réglée.
 

Martinique : Grève victorieuse des agents de sécurité du port

Les agents de sécurité du port affiliés à la CGTM et la CSTM ont observé un mouvement de grève pour obtenir l’application d’un accord sur les salaires, qu'ils avaient signé 8 jours plus tôt avec leur employeur. Celui-ci refusait d’appliquer l’augmentation de salaire prétextant qu’il s’était trompé sur le document signé.
Les travailleurs ont bloqué les accès du port pour faire entendre leur revendication.
Des négociations se sont entamées immédiatement  le 7 décembre et les travailleurs ont eu gain de cause dans la journée. Ils ont obtenu une augmentation du taux horaire  qui passe de 9,013€ à 12,09€, ce qu'il réclamait.
 Les accès du port ont été immédiatement libérés.