Site

Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1059 du 17 décembre 2011/Page 1

Page 1

Editorial Aux élections présidentielles, Combat Ouvrier fera campagne et appellera à voter pour Nathalie Arthaud !

Nathalie Artaud, est la candidate de Lutte ouvrière à l’élection présidentielle prochaine. Elle sera aussi la nôtre. Lutte Ouvrière est membre de l’UCI (Union Communiste Internationaliste), dont fait aussi partie Combat Ouvrier à l’échelle internationale.
 Dans cette campagne, il s’agit de la seule candidate révolutionnaire militant sur le terrain de la classe ouvrière. Des raisons de voter pour elle le 22 avril prochain sont contenues dans sa déclaration faite devant la presse à l’issue du dernier congrès de Lutte Ouvrière le 5 décembre dernier. Elles rejoignent entièrement aussi les intérêts des travailleurs des Antilles sous domination française. Et nous aurons l’occasion de publier bien d’autres raisons de voter pour elle. Mais d’ores et déjà nous publions des extraits de sa conférence de presse.
Nous citons : « La société capitaliste est une maison de fous où les crises sont déclenchées parce qu’il y a trop d’argent à un pôle de la société, parce qu’il y a trop de production comparé à ce que la population peut acheter ! Ce trop-plein de richesses va dans la finance, dans la spéculation et finit par étouffer toute l’économie ! …Oui, il est nécessaire de changer toute l’organisation sociale, de la réorganiser de fond en comble sans les lois du marché et du profit, sur des bases communistes…
…Alors, nous n’aurons de cesse de dénoncer les plans de rigueur du gouvernement qui racle les fonds de tiroir des familles populaires, des travailleurs, des malades, des retraités pour leur faire payer la note à la place de la bourgeoisie
Et puis je dirai aux travailleurs que...même si un gouvernement de gauche succède au gouvernement de droite, les travailleurs resteront seuls confrontés à leurs problèmes, au chômage, aux licenciements….
…Pour se protéger les travailleurs ne peuvent compter sur personne. Ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes, que sur leurs luttes. Voilà pourquoi je ne présente pas un programme électoral mais un programme de lutte, un programme pour les luttes à venir des travailleurs. Nous sommes convaincus que ces luttes viendront.  
...Les travailleurs doivent se battre pour ce qu’ils ont d’essentiel : l’emploi et leur salaire…. 
Dans le programme de lutte que je défendrai le premier objectif est d’imposer l’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous les bras disponibles sans diminution de salaire. Si les commandes et l’activité diminuent du fait de la crise, il faut forcer le patronat à répartir le travail entre les travailleurs, qu’il baisse les cadences, diminue les horaires, mais qu’il garde tous les travailleurs, tous les intérimaires, tous les CDD. Il faut lui imposer qu’il prenne sur ses profits pour assurer à tous un salaire. Et puis il faut imposer à l’État patron de répartir le travail qu’il y a dans les hôpitaux, dans les écoles, dans les bureaux de poste.
Et nous continuerons de défendre un  objectif plus général – qui est la condition même de tous les autres – qui est d’imposer le contrôle des travailleurs et de la population sur les comptes des entreprises et des banques….
Il faut supprimer le secret des affaires et permettre aux travailleurs de dire ce qu’ils savent de ce qui se passe dans l’entreprise.
 …Je veux insister sur le fait que, par ma candidature, nous tenons à assurer la présence dans cette élection d’un courant communiste révolutionnaire… . il est représenté par notre parti et par ces temps de crise de l’économie capitaliste, il représente pour les travailleurs et pour la société dans son ensemble la seule perspective positive. » (Fin de citation)
.

Martinique :Des politiciens impuissants ou complices face au lobby béké

Durant plus d’une semaine, les gros planteurs de la banane ont tenu le devant de la scène. Il s’agissait pour eux d’obtenir cette fameuse dérogation pour continuer à pratiquer leurs épandages sur les plantations de banane. Finalement, cette dérogation leur a été accordée et finalement signée le 8 décembre 2011 par le préfet Laurent Prévost pour une période de 6 mois.
De quoi s’agit-il exactement ? Le traitement des plantations de banane contre les parasites est fait par épandage aérien par hélicoptère. Le produit utilisé, composé d’une huile paraffinique agricole (Banole) à laquelle on rajoute des fongicides (Sico et Tilt), est destiné à lutter contre un champignon provoquant la Cercosporiose noire. Ce champignon s’attaque à tous les bananiers et freine leur croissance, entraînant ainsi la maturation avancée des fruits, puis leur mort.
Mais les effets des produits utilisés selon l’Assaupamar (Association de Sauvegarde du Patrimoine Martiniquais) restent inconnus concernant la santé humaine et sont reconnus dangereux pour l’environnement ». Ils sont répandus sur des centaines d’hectares et dégagent une phase gazeuse que les ouvriers agricoles respirent, mais aussi les habitants des maisons avoisinantes les zones traitées car les produits sont emportés par le vent.
Rappelons que durant des dizaines d’années, les capitalistes de la banane ont utilisé la Chlordécone, pour traiter leurs bananes en contact direct avec les ouvriers agricoles. Et bien qu’ils savaient que ce produit était dangereux pour l’homme, pour l’environnement et de plus interdit ces « empoisonneurs publics » ont gardé le silence. Résultat : des centaines d’hectares de sol ont été empoisonnés et pour plusieurs centaines d’années, les rivières aussi et les écrevisses, les eaux des rivières polluées contaminent même les crustacés des eaux marines.
Quant aux dégâts sur la santé  des hommes, selon les études des scientifiques, ceux qui ont utilisé ce produit ont des risques accrus d’être atteints du cancer de la prostate après plusieurs années.
Au cours d’une séance plénière qui s’est tenue le 18 novembre 2011, les élus du Conseil Général avaient émis « un avis défavorable au projet de dérogation à l’interdiction de l’épandage par voie aérienne de produits phytosanitaires sur les plantations bananières ». Aussitôt le capitaliste béké Eric de Lucy, président de l’Union des groupements de producteurs de bananes a menacé dans le quotidien local du 29 novembre « ni plus ni moins de mettre fin à la production bananière ». Ajoutant que « les planteurs réfutent d’ores et déjà une dérogation relative à l’épandage aérien sans obtenir l’adhésion des élus ». Très rapidement, les élus du Conseil Général sont rentrés dans leur coquille.
Louis Daniel Bertome, président de la Chambre d’agriculture est aussitôt venu au secours des capitalistes pour que les élus se prononcent clairement pour cette dérogation. Pour lui « tous les producteurs de banane sont inquiets pour leur avenir, c’est leur gagne-pain, leur vie ». La santé de la population ce n’est pas son problème.
Quant au Conseil Régional, en présence des groupements et syndicats des planteurs dans l’hémicycle, le président de Région, Serge Letchimy du PPM (Parti Progressiste Martiniquais) et la majorité des élus, ont voté le 2 décembre une motion acceptant l’épandage aérien pour une durée de 6 mois, ….dans l’attente de trouver une alternative crédible. Et tout cela, bien que la grande majorité de la population se soit prononcée contre la continuation de l’épandage aérien.
 Les élus indépendantistes des deux assemblées,  ont donné un avis défavorable à la dérogation sur l’épandage aérien, mais sans plus  de résultat, les capitalistes békés de la banane ont montré que ce sont eux qui décident et non les soi- disant responsables politiques locaux.
          Finalement tous ces élus se sont montrés impuissants pour les uns. Plus soucieux des intérêts des capitalistes de la banane que ceux de la population, pour les autres.