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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1058 du 19 novembre 2011 /Page 3

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Guadeloupe : Grève à la CGSP : les travailleurs obtiennent la réintégration de leur camarade !

Les travailleurs de la CGSP (Compagnie Guadeloupéenne des Services Publics) filiale du groupe SAUR en grève depuis le 17 octobre dernier, ont signé un protocole d’accord le 10 novembre. Ils refusaient le licenciement jugé abusif d’un cadre. Il se trouve que celui-ci est le seul cadre guadeloupéen qui est affecté à la Comptabilité. En réalité la direction voulait tout simplement supprimer  la comptabilité en Guadeloupe et la faire passer sous contrôle d’une filiale de la SAUR en Martinique. Le cadre n’avait commis aucune faute mais la direction voulait le licencier pour des raisons bien à elle. 
C’était sans compter avec  la réaction des employés qui n’ont pas accepté la tentative de la direction de se débarrasser d’un salarié en le licenciant sans raison valable. Les agents affiliés à la CGTG se sont mobilisés et face à leur détermination la direction n’a eu qu’une seule solution : reconnaître que le licenciement n’était pas fondé et réintégrer le cadre.    
L’accord signé prévoit que la direction prendra à sa charge une partie des jours de grève dont 6 jours seront récupérés sur le repos compensateur. Pour signer l’accord un directeur des ressources humaines du groupe SAUR dans le Sud Ouest est venu en  Guadeloupe. Il faut dire que les effets de la grève commençaient à se faire sentir par des coupures d’eau, s’ajoutant à celles récurrentes dans la région à cause des  nombreuses pannes rencontrées sur l’usine de Desmarais à Bouillante.     
Les agents ont repris le travail la tête haute car ils ont fait reculer la direction qui a dû réintégrer leur collègue et c’est une belle victoire.  
 
 

 

Guadeloupe. LA CGTG 50e anniversaire : 2ème partie

La Confédération Générale  du Travail de la Guadeloupe (CGTG), créée le 26 octobre 1961,  fête cette année son 50 anniversaire. Un léwoz et deux journées de rassemblement sont prévus les 18,19 et 20 novembre sur la plage de Viard à Petit Bourg. La CGTG a succédé à l’union départementale CGT, créée elle en 1936. Dans le précédent numéro, nous avons  retracé l’historique de cette centrale syndicale depuis son origine jusqu’aux années 70.
          En 1975, Claude Morvan succéda à Herman Songeons en tant que secrétaire général  de la CGTG.
 Les raisons de l’affaiblissement  de la CGTG pendant toute une période
Au cours des années 80, la CGTG fut confrontée à des difficultés liées à la modification de la structure de l’emploi, évoquées dans le précédent numéro, mais aussi à l’augmentation du chômage. La crise économique était à ses débuts, la vie sociale et particulièrement l’emploi connurent une dégradation d’abord progressive puis de plus en plus brutale. La crainte du chômage et la perte de confiance dans les dirigeants des Partis politiques dits de gauche entrainèrent une démoralisation de nombreux travailleurs, et une baisse de la syndicalisation, en Guadeloupe comme ailleurs dans  le monde.
1)    La politique des partis de gauche au Pouvoir en France
           En France,  les gouvernements de gauche qui se succédèrent avec Mitterrand élu en 1981 président de  la république et des ministres du Parti Communiste français menèrent une politique d’austérité au service de la bourgeoisie. Leur politique  consistait à faire accepter les sacrifices aux travailleurs. Leurs relais syndicaux à la CGT, pour le Parti communiste français, et dans les autres centrales CFDT ou FO pour les   « socialistes » firent tout pour ne pas gêner leurs camarades du gouvernement, donc menèrent une politique particulièrement modérée. Et ce malgré les licenciements, le chômage montant. Les illusions des travailleurs qui croyaient qu’avec la gauche au pouvoir leur sort aurait changé ont laissé place au découragement et au dépit. Et ce fut le cas aussi en Guadeloupe. Le Parti communiste guadeloupéen, le PCG, dont plusieurs militants animaient la CGTG, ainsi que  le secrétaire général  avaient aussi semé bien des illusions dans  ces gouvernements.de gauche. Les partis  de gauche socialiste et communiste tant en France qu’en Guadeloupe ont désarmé les travailleurs.
2)    La politique du Parti Communiste guadeloupéen
Le  PCG,  après avoir impulsé bien des luttes après la deuxième guerre mondiale,  peu à peu avait, depuis de nombreuses années délaissé le terrain des luttes ouvrières et déserté son implantation dans les entreprises.
Tout cela au profit presqu’exclusif de l’électoralisme, de la gestion des municipalités dont beaucoup d’employés n’adhéraient au PCG  que  pour sauvegarder leurs emplois. Peu à peu, la politique du PCG inclina vers le nationalisme. Aujourd’hui, toute sa politique est orientée vers le changement de statut et la recherche d’alliances avec les partis et groupes indépendantistes en vue de la création  d’un « front anticolonialiste et patriotique guadeloupéen ». Les intérêts propres des travailleurs  sont totalement absents de son programme et de ses préoccupations. Aussi  seuls quelques militants du PCG ou liés à lui militent toujours sur le terrain ouvrier et à la CGTG. Cette situation a contribué à l’affaiblissement de la CGTG pendant plusieurs années.
La « Confédération générale du travail de la Guadeloupe » fut aussi confrontée à la concurrence du syndicat nationaliste UGTG, qui obtint   en 1997 la majorité aux élections prud’homales à Pointe à Pitre, alors que la CGTG restait majoritaire à Basse Terre.
Cependant, ce climat peu favorable n’empêcha pas la CGTG de continuer à mener et renforcer son action. Durant ces années, ses militants participèrent et animèrent de nombreuses grèves, seuls ou conjointement à d’autres syndicats. Ce sont les grandes grèves de la banane des années fin 70, puis 80 et 1999 qui contribuèrent au renforcement notable du syndicat avec notamment des militants de Combat ouvrier dont un jeune ouvrier agricole de la banane, Jean Marie Nomertin (l’actuel secrétaire général) et ses camarades de travail.
La troisième partie dans le prochain numéro

Martinique : L’Echo des Hôpitaux (extraits

PAIE EN RETARD, QUE CE SOIT LA DERNIERE FOIS !
Le retard de la paie a provoqué un coup de colère parmi nous. La direction a du s'expliquer devant plus d'une centaine d'entre nous.
D'après elle, à son niveau, tout aurait été fait dans les règles, et à temps. Quant au reste elle ne serait pas responsable, IRRESPONSABLE, en quelque sorte !
La paye qui doit être payée tous les mois, c'est peut-être pas aussi ancien que la rotation de la Terre, mais c'est aussi régulier. Alors nous dire que quelqu'un n'a pas pu, ou était parti... La ficelle est un peu grosse !
 
LETTRE MORTE... PROBABLEMENT
Suite à la mobilisation du personnel, la direction a envoyé une lettre aux banques pour les agios éventuels consécutifs au retard de la paie. Toujours est-il que, lettre ou pas lettre, aucun agio ne sera supprimé sans que le salarié n'ait à le demander, et le directeur d'agence restera maître de sa décision.
Pour éviter les agios, c'est pas une lettre aux banques qu'il faut, mais une paie en temps et en heure !
 
DES ÉLUS ÉBERLUÉS !
Le réquisitoire de l’ARS semble avoir raisonné dans l’enceinte du conseil municipal de Fort de France. Les élus qui s’étaient prononcés il y a quelques mois pour «la défense de l’hôpital public» sont restés éberlués et pas très à l’aise devant ce  réquisitoire mettant à mal les agents. Certains se seraient même interrogés sur l’absence de syndicats représentants les agents lors de la présentation du projet de l’ARS.
 
 
                                                                                                           

Martinique : CHANTIERS EN LUTTE

LA DIRECTION VEUT NOUS PRENDRE POUR DES IGNORANTS….
A Armat à la Pointe des grives en Martinique nous les ouvriers de production avons été surpris de trouver ces derniers jours, devant nos machines une «fiche technique» que la direction nous demande de remplir. Sur cette fameuse «fiche technique», elle nous demande d’indiquer toutes les heures, minutes et pourquoi pas seconde ce que nous produisons et faisons durant nos heures de travail.
Ne sachant pas de qui une telle plaisanterie venait, nous avons préféré ne pas la remplir.
 
                                                                                                                            
…et avons nos idÉes  
Nous sommes d’accord pour dire : «Avant la baisse des activités nous produisions près de 20 tonnes de tôles par équipe. A aucun moment, la direction n’a eu à l’idée de telles fiches techniques ».
En ce moment, nous réalisons 10 tonnes de tôles par jour. Elle fait donc moins de profits.
Mais, nous ne sommes pas responsables de cette baisse des activités. Alors, pour nous, si la direction a l’intention de diminuer notre temps de travail, c’est son problème.
Qu’elle répartisse le travail entre tous, à condition de ne pas toucher à nos salaires.
 
 
 

Le Centre Hospitalier de Marie Galante est-il menacé de fermeture ?

La population de Marie-Galante ainsi que les élus interpellent l’Etat sur la situation de l’hôpital qui s’est retrouvé sans chirurgien suite à la fin du contrat de celui qui était en place. Rien n’a été fait pour avoir un remplaçant car en réalité l’ARS (Agence Régionale de la Santé) veut profiter de ce problème pour fermer la maternité et la chirurgie. L’Etat qui veut faire des économies au nom de la crise économique estime que dans un hôpital, un service qui fait moins de 1500 actes n’est pas viable. L’hôpital Sainte Marie de Marie-Galante ne peut satisfaire à cette obligation puisque la population est de 12000 habitants et ne pourra pas répondre aux normes administratives imposées par le ministère de la Santé.     
 Les représentants syndicaux CGTG et UTS-UGTG ont dénoncé la situation de cet hôpital et mettent en avant la situation archipélagique de la Guadeloupe et la nécessité d’avoir un hôpital de plein exercice. Le projet de l’ARS serait de fermer les services de chirurgie et de maternité car selon la logique comptable ils ne sont pas rentables. Il n’y a pas assez d’actes effectués. Depuis la mise en place de la T2A (tarification à l’activité) l’Etat veut faire des économies dans le domaine de la santé et le déficit des hôpitaux se creuse de plus en plus.   La solution retenue est de faire les évacuations sanitaires par hélicoptère. Le problème  c’est qu’il n’y a qu’un seul hélicoptère pour la Guadeloupe ce qui est insuffisant s’il y a un accident avec plusieurs blessés.                                                Pour l’instant le Conseil de Surveillance du CHSM n’a pas encore pris de décision sur le devenir de l’hôpital. Il est question de faire un rapprochement entre le Centre Hospitalier de Marie-Galante et le CHU de Pointe-à-Pitre mais l’ARS doit donner son accord sur ce projet et rien n’est décidé. Les élus et la population se mobilisent et veulent une solution pérenne car à juste titre ils estiment que la fermeture de la chirurgie et de la maternité de l’hôpital de Marie-Galante augmentera encore plus le chômage et constitue un risque pour la santé de la population. 
La population n’a pas à supporter les conséquences de la crise et l’Etat doit prendre ses responsabilités pour que Marie- Galante dispose d’un hôpital de plein exercice.