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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1058 du 19 novembre 2011 /Page 1

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Editorial Participer à L’effort national ? on a déjà donné !

Le budget de  l’outre-mer pour 2012 a été voté il y a quelques jours à l’Assemblée nationale et comme il fallait s’y attendre il est en baisse. Celle-ci est de plus de 50 millions d’euros par rapport au budget 2011.
Le gouvernement  voulait baisser de 5 milliards les crédits alloués au SMA (service militaire adapté qui recrute et forme, un certain nombre de chômeurs).Après les protestations de plusieurs députés, Penchard a remballé ce projet. Il y a  la «prime Cospar» en vigueur à l’île de la Réunion (50 euros de part patronale et 100 euros de l’Etat) que le gouvernement veut supprimer à la fin de l’année C’est une alerte pour tout l’outre-mer !
Mais de toute façon, cet outre-mer n’échappe déjà pas au plan de rigueur général. Il connaît les suppressions de poste de fonctionnaires, les déremboursements de médicaments, la dégradation des hôpitaux et services de santé… Et maintenant ce ne seront plus trois jours de maladie mais quatre qui ne seront pas couverts par la sécu dans le secteur privé et une journée dans le public.  Tout cela sur un fond de situation coloniale persistante.
Les grandes spécificités  de l’outre mer sont en permanence : cherté  considérable de la vie,  chômage  endémique, pauvreté chronique d’une grande partie de la population. Le chômage oscille officiellement  entre 21 et 27% en Guadeloupe,  Martinique, Guyane, Réunion  mais autour de 35% en réalité.
Et sans  doute  sur les injonctions des banques, des  agences de notation, et aussi des Etats-Unis chef du capitalisme mondial, Fillon-et Sarkozy s’apprêtent-ils  à présenter un nouveau plan de rigueur ou d’autres mesures d’austérité qui toucheront aussi les «régions ultra périphériques » ( RUP).
Marie Luce Penchard, ministre de l’outre-mer a justifié la baisse du budget en parlant de  la nécessité  d’une« contribution de l’outre-mer à l’effort national ». L’effort national !, ça on connait en outre mer.  Car la France n’a pas été avare en recrutement de jeunes soldats pour aller se faire tuer au nom de « l’effort national » pendant toutes les guerres, jusqu’à celle d’Afghanistan encore aujourd’hui.  Oui, pour ça, pour les sacrifices et les efforts, l’outre- mer est française à part entière. Mais il ne l’est plus autant quand ça va mieux !
Marie Luce Penchard  joue pleinement le rôle qu’on lui a assigné, celui de mieux faire passer auprès de ses compatriotes d’outre mer la politique de rigueur imposée par le gouvernement. Il est vrai que c’est la ministre de «Total» comme on le disait dans les meetings en 2009. C’est aussi une des ministres aux ordres de la dictature des financiers et des banquiers, comme tout le gouvernement français.
Il fut un temps où « l’effort national » en outre -mer a été imposé à coup de trique, à coup de fusil à ces peuples pendant des années. (Mais non sans riposte ouvrière, cependant). L’exploitation éhontée dans les champs de canne a rapporté des milliards de profits aux Empain, Schneider, des millions aux riches békés, Hayot, Despointes et autres.
Oui  on a déjà donné ! peuvent dire les travailleurs d’outre mer. Ce sont les banquiers, les financiers les milliardaires, qui ont une dette historique envers eux. Mais Elle ne sera  remboursée que lorsque ces travailleurs d’outre mer avec les travailleurs français iront se payer eux-mêmes dans les coffres fort des banques et des riches, iront s’emparer des entreprises et des terres afin de les gérer pour leur propre compte.

Martinique : A l’ESAT de Bellefontaine les travailleurs passent à l’action !

C’est désormais un piquet de grève qui s’est installé aux portes de l’ESAT (Etablissements et Services d'Aide par le Travail dispensant une formation aux jeunes handicapés) depuis le jeudi 9 novembre 2011.                         Que réclament les grévistes ? Entre autres : «Plus de chantage aux licenciements, arrêts des sanctions, deux jours de repos par semaine, respect des travailleurs handicapés, respect des contrats de travail ».               Pour se «défiler» et ne pas répondre aux salariés, la Présidente madame Ramin a pris prétexte d’un voyage en France. Les travailleurs ont alors décidé  d’occuper l’établissement. Ils en ont par-dessus la tête de madame Ramin qui, rappelons le, fut pendant longtemps, de triste mémoire, la directrice du CHU de la Meynard. Plus que jamais les salariés sont déterminés à mettre un terme à ces atermoiements qui méprisent leurs droits. Ils entendent stopper définitivement les agissements de cette dame qui à ce jour fait la sourde oreille quant aux différentes observations, d’où qu’elles viennent.
 

Guadeloupe : Violences et insécurité : les fausses solutions du congrès des élus

Début novembre, le Congrès des élus guadeloupéens s’est réuni pendant toute la journée, à l’initiative de Victorin Lurel. Leurs dix heures de discussions ont été abondamment relayées par les médias locaux.
Le thème de ce congrès : violences et insécurité en Guadeloupe. Notre «département» est l’un des plus touchés par les phénomènes de violence, et plusieurs meurtres ont malheureusement rappelé récemment cette triste réalité. Un sondage réalisé fin octobre montre que l’insécurité inquiète 37% des Guadeloupéens, ce qui en fait la deuxième préoccupation de la population, après le chômage.
Face à ce problème, qu’ont proposé Lurel (député du parti socialiste, président du Conseil Régional) et Gillot(sénateur du parti socialiste, président du Conseil Général) ? Au total, 33 propositions ont été adoptées le 7 novembre. Elles coûteront à la région 1,5 millions d’euros. Certaines mesures vont dans le bon sens, comme le recrutement d’éducateurs de rues.
Mais d’autres ne relèvent que de calculs politiciens, comme par exemple l’achat de 4 véhicules de police. Lurel sait très bien que ce n’est pas au Conseil Régional de le faire, mais au gouvernement. En marchant sur les plates-bandes de Sarkozy, il espère le mettre en difficulté à quelques mois des élections présidentielles. Utiliser ainsi les drames qui émaillent l’actualité de la Guadeloupe, c’est vraiment faire preuve de cynisme !
Certaines propositions du Congrès paraissent dérisoires, comme la création d’un point d’information sur l’école de la 2 chance à la prison de Baie-Mahault, pour les jeunes de 18 à 30 ans. Ce qui manque aux jeunes, dont certains deviennent délinquants, c’est un travail pérenne, pas des informations sur une structure qui n’a formé que 466 jeunes guadeloupéens en 2010.
Parmi les propositions des élus, on trouve aussi la création d’un poste d’officier de liaison basé à la Dominique. On comprend mal comment cela pourra faire baisser la violence et l’insécurité en Guadeloupe. Sauf à tomber dans la xénophobie, et à faire l’amalgame entre délinquance et immigration. Les élus «socialistes» de Guadeloupe jouent avec le feu en donnant de cette manière du crédit aux thèses de l’extrême-droite. Transformer les immigrés en boucs émissaires, cela ne vise qu’à masquer la réalité.
80% des violences ont lieu au sein des familles. Et il ne faut pas chercher bien loin pour comprendre leur origine. C’est le chômage et la grande pauvreté qui poussent à bout certaines personnes et les conduisent à des gestes irréparables. Si on appliquait les critères utilisés en France, la moitié des Guadeloupéens seraient considérés comme vivant en-dessous du seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 954€ par mois.
Les solutions pour lutter contre la violence et l’insécurité existent, et elles sont loin des préconisations du Congrès des élus. Il faut que chacun, et en particulier les jeunes, puisse vivre décemment, avec un emploi stable  et des revenus suffisants. Mais pour cela, il faudrait prendre l’argent dans les poches des banques et des grands patrons, et Lurel et Gillot ne veulent surtout pas de cette solution-là !

Haïti : Affaire Martelly-Belizaire : querelle de famille

Dès son élection comme président, Martelly a affirmé son intention de remettre la population à l’ordre en réhabilitant l’armée d’Haïti. Devant les réticences de l’ONU et du gouvernement américain, il a décidé de prendre une voie détournée passant d’abord par la réorganisation de la police et en augmentant ses effectifs. A partir de ce socle  il recruterait pour l’armée d’Haïti.
Ce projet est soutenu par la bourgeoisie haïtienne qui est représentée dans son gouvernement. Martelly est connu  pour sa proximité avec les Duvalier, le fils de J.C Duvalier est membre de son cabinet privé, et a montré son intention d’être un président utilisant la force face au Parlement, comme face à la population, en faisant arrêter fin octobre le député Bélizaire. Moyen de signifier que pour lui il n’y a pas d’immunité.
Nous publions ci-dessous un article des camarades de la «Voix des Travailleurs» sur cette question, article paru dans leur journal de novembre :
 
Le bras de fer Martelly-Bélizaire a défrayé la chronique pendant plus de deux semaines, particulièrement le 28 octobre dernier, le jour du retour du député en mission en France. Le suspens était de savoir s’il allait être arrêté, comme l’avait souhaité le chef de l’Etat. Les badauds étaient venus aux abords de l’aéroport. Les dirigeants ont réussi à détourner  l’attention de la population, dont une bonne partie s’est rangée du côté de l’Exécutif. Tous les projecteurs étaient braqués sur l’aéroport. Le sort était jeté : le député a été arrêté et détenu une nuit. Martelly a gagné la manche. C’est la fin d’un épisode mais pas du feuilleton, l’immunité parlementaire ayant été violée.
La diplomatie internationale n’a pas soutenu Martelly dans cette action, elle a même protesté via le quai d’Orsay et a administré une bonne douche au chef de l’Etat en voyage aux Etats-Unis la veille de l’arrestation du député. Lors de son point de presse à son retour, Martelly a gardé le profil bas, visiblement ramené à l’ordre par ses patrons américains. Malgré le tapage médiatique provoqué par ses jappements autour de l’affaire Bélizaire, le chef de l’Etat a nié avoir intimé l’ordre d’arrêter le député. Il s’est lavé les mains jurant de n’avoir pas été au courant de ce qui s’est passé. Il s’est comporté en Ponce Pilate. Les partisans de Martelly ont découvert une autre facette de ce dernier : lâche, gwo van ti lapli, malgré ses déclarations tonitruantes dans la presse.
Les autorités politiques et judiciaires impliquées dans l’affaire ont tout naturellement emboité le pas à Martelly, chacun en se disculpant, en brandissant son innocence. Le ministre de l’Intérieur, le plus zélé et le plus impliqué dans l’arrestation, au cours de sa convocation devant le Sénat, a justifié sa présence à l’aéroport ce jour là par le voyage de son épouse. Même scénario pour le ministre de la Justice qui a taxé rétroactivement l’arrestation d’arbitraire et d’illégale, tandis que le chef de la police M. Mario Andrésol a confirmé lors de son audition au Sénat, que c’est bien le Garde des Sceaux qui avait passé l’ordre de conduire le député au Pénitencier et non au parquet. Volte-face spectaculaire de dirigeants à l’échine souple et incapables d’assumer leur position ! Ces bonimenteurs qui nous dirigent.
Ce conflit n’a pas laissé indifférents les travailleurs de la zone industrielle et les habitants des quartiers populaires de Port-au-Prince. Deux camps se sont dessinés : une majorité qui a pris fait et cause pour Martelly depuis le début de la bagarre au Palais National après les échanges d’insultes entre les députés et Martelly et une minorité dans le camp du député accusé d’être un évadé de prison, un repris de justice. Personne ne peut nier que le Parlement sert depuis longtemps  de couverture, de remparts à des bandits, à des dealers de drogue à la recherche d’immunité contre des poursuites judiciaires et surtout pour continuer des trafics de toute sorte en toute impunité. Mais l’Exécutif, en l’occurrence le chef de l’Etat, n’est pas non plus pur et sans tâche, ce n’est un secret pour personne.
Malgré le bras de fer qui les oppose, les deux politiciens appartiennent au même camp : celui de la classe possédante et des riches en général. Ils sont tous les deux des rebuts de l’armée d’Haïti qui a perpétré nombre de massacres dans les classes pauvres. La différence, si tant est qu’elle existe, est que Sweet Micky fut à un moment donné aux côtés de Michel François et de Cédras, auteurs du coup d’Etat de 91 qui a fait des milliers de morts et que le député fut garde du corps au service de Fanmi Lavalas, plus particulièrement Aristide, apprenti dictateur qui avait mis en place sa milice, les chimères, qui n’avait rien à envier aux macoutes en fait de crimes et d’exaction de toutes sortes contre la population. Les actions de ces deux hommes se valent, ils ont choisi d’être des hommes de main au service de la bourgeoisie.
Les classes pauvres n’ont intérêt à soutenir ni l’un ni l’autre dans cette bagarre politicienne. Même s’ils sont élus, ces sont des faux-amis, des ennemis de la population pauvre, pas seulement en tant qu’anciens militaires, ex membre d’un corps de répression, mais en tant que valets des riches au Parlement et au gouvernement.
 

Martinique : A propos du grand CHU : les propos provocateurs de l’ARS

Les réactions aux propos tenus par Christian Ursulet le directeur de l’ARS lors de la séance du Conseil Municipal de la ville de Fort de France du 27 octobre dernier, ont suscité une levée de bouclier des représentants des organisations syndicales de la Santé, mais aussi émotion et colère d’une bonne partie des agents hospitaliers.    
 En effet, présentant aux élus de la ville son plan du «grand CHU» par fusion du CHU de Fort de France, du CH Lamentin-Mangot Vulcin, et du CH de Trinité, le directeur de l’ARS a parlé de la nécessaire amélioration de l’offre de soins, mais aussi des déficits chroniques des établissements hospitaliers. Et devant des élus soucieux et quelque peu interloqués, il dressait pratiquement un réquisitoire contre les sources récurrentes de ces déficits.  
  Mais pour faire sa démonstration, M.Ursulet ne s’en est pas pris aux difficultés budgétaires venant de la baisse de près de 10 millions d’euros des budgets alloués aux hôpitaux de Martinique en 2011, ni au refus du gouvernement de majorer les dépenses d’un coefficient géographique correspondant au surcoût venant de l’éloignement, dès 2011. Il n’a pas parlé non plus des difficultés venant du manque de moyens financiers pour diminuer l’emploi précaire dans les hôpitaux. Il n’a pas parlé non plus du «trou» causé dans le budget des hôpitaux par les exonérations des charges accordées aux patrons par le gouvernement (298 millions d’euros d’après le rapport d’activité 2010 de la Sécurité sociale en Martinique), ni des 114 millions de dettes patronales vis-à-vis de cette même caisse. Il n’a pas dit que ces sommes si elles rentraient dans les caisses de la Sécurité sociale permettraient largement de résorber la dette des hôpitaux qui s’élève actuellement à plus de 257 millions d’euros.      
    Non ! Il s’en est pris avec insistance aux salariés, cherchant à jeter le discrédit sur eux. Avançant chiffres, ratios ou moyennes masquant le plus souvent des réalités très différentes ou même des projections qu’il serait bien compliqué de vérifier, Ursulet a été jusqu’à déclarer : «Avec nos effectifs, nous avons la capacité de prendre en charge une population de 2.5 millions d’habitants ». Puis, enfonçant le clou, il rajoute : à Trinité, nous avons 750 agents pour 180 lits…soit  beaucoup plus que «la norme nationale»… et  encore 24 sages-femmes ont assuré 597 accouchements en 2009 alors que «la norme» serait de 6 sages-femmes pour 1000 accouchements etc. et pour finir, qu’en laissant perdurer une telle situation : «Nous sommes tous des irresponsables» !  
   Les agents hospitaliers, tant ceux des services techniques, administratifs, et services de soins savent à quel prix, avec quel stress permanent, bon nombre d’entre eux assurent depuis de nombreuses années leurs fonctions. Absences non remplacées, impossibilités de prendre les congés comme ils en ont besoin, faisant souvent la double-vacation, «contre-poste», etc., palliant bien souvent au pied levé les conséquences d’une désorganisation venant du manque chronique de moyens et de la politique de favoritisme qu’une telle situation favorise.      
 Ils attendaient peut être plus de respect d’un directeur d’Agence Régionale de Santé, ancien syndicaliste en Martinique de surcroît.   
 Mais l’homme a en charge de faire rentrer la Santé en Martinique dans le nouveau costume étroit taillé par le gouvernement Sarkozy-Fillon -Bertrand, dans le cadre de la loi HPST (Hôpital, Patients, Santé, Territoires). Et pour cela, il le dit lui-même, il est prêt à «accepter toutes les injures, tous les crachats».   
Mais à force de tenir des propos blessants voire insultants à l’encontre des personnels, sans reconnaître que ces gouvernants demandent aux personnels de nouveaux efforts au nom de la crise capitaliste, Ursulet pourrait bien trouver en face de lui des salariés en crise, exigeant respect mais aussi des conditions de travail correctes et de l’emploi pour tous. Loin de donner de l’importance à de tels propos provocateurs, les agents auraient tout intérêt à se préparer pour ne pas continuer à être mangés tous crus… à la sauce tartare.
 
 

Guadeloupe : Errol Nuissier, «psy», ou auxiliaire patronal ! ?

               «  Il nous semble que le mouvement social du premier trimestre de 2009 (mouvement LKP) de part son jusqu’au-boutisme, ses slogans et surtout son incapacité à participer à la vie publique pour faire des propositions et participer à l’évolution des choses, a exacerbé d’une part la souffrance des relations interpersonnelles déjà présente dans le pays, a augmenté les incertitudes et les angoisses des populations les plus fragiles, a accru le mépris de nous-mêmes, a exacerbé le racisme et la xénophobie et au-delà de tout cela, a légitimé la libération sans contrainte, ni culpabilité, de la pulsion de destruction présente chez tout être humain normalement constitué. En effet, il nous a appris à nous haïr nous-mêmes, à cracher sur nos élus, sur nos chefs d’entreprise, sur les gens qui sont représentatifs de ce pays et à défier tout ce qui venait de la France.  »
Telle est une partie de  la contribution, d’Errol Nuissier, psychologue, expert auprès de la Cour d’Appel de Basse-Terre au 10ème Congrès des élus, axé sur la violence et l’insécurité  et tenu le 7 novembre 2011. Elle fut validée par les Conseils Général et Régional.    
Faudrait-il croire qu’avant LKP tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes ? 
On comprend pourquoi les radios et télés officielles, et le journal patronal France-Antilles ouvrent toutes grandes leurs portes à ce genre de  personnes.
Car derrière une soi-disant analyse psycho-sociale, ce monsieur fustige tout simplement les mouvements sociaux, les grèves et les luttes des travailleurs. Et partant, il méprise les dizaines de milliers de travailleurs et de membres de la population laborieuse qui ont participé au mouvement de 2009. Ce n’est pas LKP qui  a produit la masse des manifestants et des grévistes. Ce sont ces derniers qui ont fait de LKP ce qu’il a été à l’époque.  
Ces genres «d’analyses»  sont en réalité des prises de position politiques contre la grève générale de 2009 et tendent à faire porter devant la population, sur LKP,  la responsabilité des maux sociaux qui existent aux Antilles depuis des  dizaines d’années. Il  ne s’agit ni plus ni moins que de la poursuite d’une campagne anti LKP, anti grèves, anti ouvrière. Nuissier n’est donc pas neutre. En disant et répétant ces contre vérités et ce tissu d’inepties, il fait en réalité un choix politique et social clair : celui de la défense des intérêts patronaux, et de ceux des politiciens qui tel Lurel et d’autres ont pris position contre LKP et la grève générale.    
Cela dit, en étant près d e trois ans après le début de la grève générale aussi critiques et virulents contre LKP, Nuissier et ses complices idéologiques n’en cachent pas moins leur peur, la peur d’une réédition de janvier et février 2009.
Derrière LKP c’est le mépris envers les travailleurs et la population combative pour améliorer son niveau de vie qui s’affiche. Derrière  LKP, c'est  la peur des masses pauvres. C’est donc une position de classe.     
Car Nuissier, comme l’autre «psy», Spéronel, négociateur  des  patrons lors de conflits sociaux, ne sont que de petits supplétifs au service du patronat béké , des exploiteurs et de leurs commis politiques de droite et de gauche. Et ils ont raison d’avoir peur !