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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1057 du 5 novembre 2011/Page 4

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Haïti : Plus d’un demi-million de personnes dans les camps

          Après le séisme de janvier 2010, la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) a été créée en avril avec pour mandat de planifier et coordonner les projets de reconstruction financés par l’aide internationale. Ce mandat a pris fin le 21 octobre et le bilan de l’action du CIRH montre que son intérêt principal n’a pas été le relogement des sinistrés. Son inefficacité, dix-huit mois après sa création, est tellement apparente que même les parlementaires haïtiens demandent de ne pas renouveler son mandat.
          Onze milliards et demi de dollars avaient été promis par la communauté internationale à Haïti pour sa reconstruction. Au cours de la dernière session de la Commission, le rapport d'évaluation présenté avait révélé que 87 projets d'une enveloppe de 3,2 milliards de dollars ont été approuvés, et quelque 1,7 milliard a été déjà alloué. Donc, seulement quatre milliards de dollars ont été effectivement versés sur les 11 milliards promis.
          Les pays qui avaient promis des dons n’ont pas tenu leurs promesses et les promoteurs industriels des pays qui ont misé demandent maintenant un retour sur leur investissement sous la forme de contrats préférentiels.  
          Pendant que les bourgeois des pays donateurs et ceux d’Haïti magouillent tous autour de cette mangeoire, les déplacés, comme on les nomme, sont toujours dans les camps. Sur le 1,5 million de personnes qui se sont retrouvées sans abri, plus de 600 000 sont toujours  sans logement. Elles sont réparties sur plus de 1 000 camps dans la zone métropolitaine et autour de Léogane. D’un autre côté, des milliers de personnes vivant dans la pauvreté et dont le logement ne s’est pas complètement effondré suite au tremblement de terre, continuent à vivre dans des logements et des quartiers précaires de la capitale, sans accès aux services de base, et leurs conditions de vie s’aggravent à chaque épisode de fortes pluies. 
          Le sort des travailleurs et de tout le petit peuple d’Haïti, est le cadet des soucis des hommes politiques Haïtiens. Martély le nouveau président, sa clique et tous les soi-disant opposants, ne sont préoccupés que par une chose, c’est comment, tout en défendant les richesses des bourgeois et autres profiteurs de tout acabit, se faire une petite place pour accéder à la mangeoire.
 

Turquie : Séisme dévastateur

          Le 23 octobre un nouveau tremblement de terre, un de plus, a frappé la Turquie. Bilan provisoire: plus de 600 morts et des milliers de blessés, car plus d’une semaine après le cataclysme, on est sans nouvelles de plusieurs villages reculés.
          Ce n’est pas le premier séisme à avoir secoué ce pays, et ce ne sera pas le dernier, car la Turquie est traversée d’Est en Ouest par une faille, la faille Nord-Anatolienne. Cette faille longue de 1200 Km est très active. Régulièrement un de ses segments se casse, et c’est un tremblement de terre de magnitude  7 qui en résulte. Celui du 23 octobre qui a touché l’Est du pays, la province de Van, était de 7,2.
          En 1999, deux séismes avaient touché les villes d’Izmit et de Düzce. Ils ont fait 30 000 victimes. Les autorités, les scientifiques savent depuis très longtemps que cette région est instable. Mais les  gouvernements successifs n’ont rien fait pour protéger la population. Elle n’est pas  éduquée sur le comportement à avoir pendant ce cataclysme. Les maisons ne sont pas aux normes parasismiques. Ce n’est donc pas étonnant que le nombre de victimes soit toujours aussi élevé, contrairement au Japon. La fatalité n’est pas responsable du malheur des Turcs. La pauvreté et l’incurie des autorités sont les seuls responsables. Et l’avenir qui se profile est des plus sombres dans ce domaine. Cette faille, à son extrémité Ouest, est à 25 Km au Sud d’Istanbul. De plus dans cette région la faille est sous la mer de Marmara. Istanbul, capitale économique de la Turquie est peuplée de plus de 10 millions d’habitants. Dans ce segment la faille n’a pas bougé depuis 1766. En 1999 les scientifiques avaient affirmé que le risque pour qu’un séisme majeur ait lieu dans les 30 ans à Istanbul était de 70%.  Et il sera de magnitude supérieure à 7 et durera 1mn30, alors que les précédents n’ont duré qu’une trentaine de seconde. De plus l’épicentre sera  immergé dans cette zone, donc le séisme sera accompagné d’un tsunami. Face à cette catastrophe annoncée le gouvernement turc ne fait rien de sérieux. Il a par contre concentré des troupes autour de la ville. Deux avantages à cette mesure : en période normale, les troupes pourront intervenir contre les travailleurs au cas où l’envie les prendrait de se révolter contre l’exploitation qu’ils subissent ; et au cas où ce séisme, qui sera dévastateur selon les prévisions des scientifiques, survient, les soldats survivants ramasseront les morts.          L’attitude de ceux qui gouvernent la Turquie nous donne une idée du mépris qu’ont  les  dirigeants pour la population. Cette population et en particulier les pauvres, ne sont pour eux bons qu’à être exploités. Son bien être, sa sécurité sont sans importance.
 

PAWOL A TAVAYÈ BANNANN

   LES  « BONNES CHOSES » ONT  TOUJOURS  UNE  FIN
            Employer des camarades immigrés, en particulier Haïtiens, permet à certains, et surtout des petits et moyens planteurs, de se remplir plus facilement et plus rapidement les poches. Mais cela ne durera pas éternellement, car ses camarades commencent à comprendre et à relever la tête, au grand dam de certains planteurs arrogants et méprisants.  
            Mêmes salaires et mêmes conditions de travail pour tous les travailleurs, sans distinction

Guadeloupe : Les jeunes des lycées ont raison de protester

Depuis le 15 septembre, la Guadeloupe a connu une série de mouvements dans la jeunesse, du lycée du Lamentin en passant par ceux de Baimbridge, Petit-Bourg, le Moule, et plus récemment – le 13 octobre – à Ste Anne. À cette occasion, les médias se sont répandus en calomnies sur  «la violence des jeunes» et sur le journal Rebelle qui les soutenait.
          Mais tout travailleur qui a participé à une grève et qui a vu comment la presse parlait de son mouvement le sait bien : les «grands titres», au service de l’État et du patronat, ne doivent pas toujours être crus au pied de la lettre ! La vraie raison de ces mouvements n’est pas le droit de porter telle coiffure ou tel pantalon. Il s’agit d’une révolte contre les abus de pouvoir, les mauvaises conditions d’études et d’hygiène.
          Au Lamentin, la grogne s’est produite parce que le proviseur à promis l’exclusion définitive à tous les garçons qui ne coupaient pas leurs cheveux : 52 lycéens renvoyés sans conseil de discipline (ce qui est parfaitement illégal) pour une directive qui ne figure même pas dans le règlement du lycée ! Et finalement, le proviseur, devant la colère de certains parents et la grogne des lycéens ne parle plus de l’obligation de couper les cheveux. À Ste Anne, la principale revendication ne portait pas sur les tenues – contrairement à ce qu’a dit France-Antilles – mais sur les horaires : les grilles du lycée sont fermées à 6h55 et les élèves qui arrivent par le bus de 7h restent dehors. Oui, nos jeunes doivent faire le mur… pour aller en cours !
          Les médias prétendent que « les parents sont d’accord ». Vouloir une éducation ferme, c’est une chose, mais… Les parents sont-ils d’accord pour que leurs enfants se baladent dans la rue, sous prétexte qu’un proviseur a, par caprice, avancé l’heure de fermeture ? Récemment, une jeune fille qui s’était vue refuser l’entrée à Providence (alors que selon les témoignages des enseignants, sa tenue était correcte) a été agressée à l’extérieur du lycée. Loin d’être «d’accord», les parents ont porté plainte contre l’administration.
          Ces comportements de «garde chiourme» n’ont rien à voir avec l’éducation, que par ailleurs ces mêmes proviseurs saccagent à coups de suppressions de postes ! Ils touchent même des primes pour cela. Ils ont un autre but : habituer nos jeunes à obéir au doigt et à l’œil, les habituer à croire qu’ils n’ont pas de droits, ou que réclamer leur application conduit à une sanction de plus… Il suffit de voir le comportement du patronat dans les entreprises, il suffit de passer une matinée au tribunal des Prud’hommes pour se rendre compte en quoi l’arbitraire dans les écoles « prépare les jeunes au monde du travail », comme ils disent…      
À l’heure où la crise mondiale s’aggrave et où les licenciements abusifs, la destruction systématique des services publics et les mesures autoritaires pleuvent sur les travailleurs, nous devrions être fiers des jeunes qui apprennent dès maintenant à résister.