Site

Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1057 du 5 novembre 2011/Page 2

Page 2

50ème Anniversaire de la CGTG. (Première partie)

         50ème Anniversaire de la CGTG.  (Première  partie)
Créée le 26 octobre 1961, la Confédération Générale du Travail de la Guadeloupe célèbre cette année son 50 anniversaire. Issue de l’Union Départementale CGT créée, elle, en 1936 en Guadeloupe, la CGTG existe donc depuis  un demi-siècle comme confédération indépendante de la CGT française, avec laquelle elle entretient cependant un rapport de coopération et d’entraide. C’est aussi à partir de 1961 que la CGTG a adhéré à la FSM (fédération syndicale mondiale)
LES DÉBUTS
La CGTG est la plus ancienne centrale syndicale existant en Guadeloupe et celle qui, malgré bien des aléas, a conservé le plus les traditions de lutte de classe des travailleurs de l’île.
          Les premiers militants de l’UD-CGT ont eu à affronter un patronat réactionnaire  aux plus belles heures de l’oppression coloniale de la Guadeloupe. L’un des dirigeants de l’UD-CGT, qui devint par la suite secrétaire général de la CGT, Hermann Songeons fut emprisonné à plusieurs reprises
          C’était l’époque où les forces de l’ordre, à l’appel des patrons, n’hésitaient pas à ouvrir le feu contre les travailleurs et la population, comme à Moule le 14 février 1952. Ces tueries furent les dernières d’une longue liste de crimes coloniaux contre les travailleurs, bien avant la création de l’UD-CGT.  En 1910, à St- François, à Capesterre B-E, la soldatesque coloniale faisait plusieurs morts lors de la grève générale ; en 1924, plusieurs morts à Duval-Petit Canal.
          La classe ouvrière était à l’époque surtout composée des travailleurs de la canne et de ceux des usines à sucre. L’implantation de l’UD-CGT se concentra donc surtout dans ce milieu. Elle prit son essor d’abord avec l’aide de militants socialistes. Puis poursuivit son extension avec les militants du jeune parti communiste, surtout dans les années d’après la deuxième guerre mondiale. L’exemple le plus frappant des liens que nouèrent les militants communistes, les travailleurs et la CGT fut celui des luttes de la région de Capesterre-Belle-Eau au lendemain de la guerre de 39-45.
La CGTG en Tête des luttes d’après-guerre 
Des dirigeants syndicalistes et politiques, membres du Parti Communiste Guadeloupéen (PCG) comme Auguste Ste Luce, P. Lacavé, H. Songeons et d’autres ont mené des luttes violentes et victorieuses aux côtés des travailleurs de la canne. L’une des plus grandes grèves de cette période fut celle des ouvriers des usines à sucre dont ceux de Marquisat à Capesterre-Belle-Eau. C’est au cours de cette grève que les travailleurs séquestrèrent le patron Descamp et obtinrent une augmentation substantielle.
          Ces luttes et la confiance que les travailleurs plaçaient dans les militants du PCG, la plupart d’ailleurs membres de l’UD-CGT, auront alors permis à P. Lacavé d’être élu triomphalement à la mairie de Capesterre B-E.
          Dans les années qui suivirent, les travailleurs continuèrent à voter en faveur des militants du PCG. Ils en placèrent plusieurs à la tête de certaines municipalités et au Conseil Général.
          Il faut dire que toute la politique du PCG et de ses militants syndicaux était axée sur «l’égalité des droits» avec les travailleurs français. C’est ainsi que des militants communistes comme Ducadosse, Félix Edinval, Songeons, se sont battus pour l’implantation de la Sécurité Sociale en Guadeloupe. La grève victorieuse de 1953 pour l’extension de la prime de 40% aux fonctionnaires locaux fut très populaire. Ces luttes et ces victoires sociales évidemment renforcèrent la confiance des travailleurs envers le PCG et ses militants.
          La  période d’affaiblissement
Mais petit à petit les préoccupations du PCG furent plus centrées sur la gestion municipale et l’électoralisme que sur le terrain des luttes. Et cela pénalisa aussi la CGTG qui connut une période d’affaiblissement, grosso-modo des années 65-66 jusqu’à la fin des années 70. 
          Cette politique du PCG fut d’autant plus dommageable que la répression coloniale avait affaibli le mouvement ouvrier dans son ensemble, notamment, la tuerie de 1967 lors de la grève des ouvriers du bâtiment. Face à ces évènements le PCG n’eut aucune réponse positive et laissa les travailleurs politiquement désarmés.
          La scission de 1966 survenue au sein du PCG et le départ ou l’exclusion de dirigeants eurent des répercussions sur la CGTG. C’est ainsi que certains de ses dirigeants en rupture avec le PCG quittèrent la CGTG. Ils créèrent ou se rallièrent de leur de leur côté à d’autres centrales syndicales (Fraternité Ouvrière puis MASU, CGTU, UTA, UGTG).
          Cet affaiblissement de la CGTG permit d’autant plus rapidement dans les années 70 l’émergence de syndicats nationalistes comme l’UTA (Union des travailleurs agricoles), l’UPG (Union des Paysans Pauvres) et ensuite l’UGTG (Union Générale des Travailleurs Guadeloupéens).
          Une autre cause de  l’affaiblissement de la CGTG fut la disparition de la quasi-totalité des usines à sucre (leur nombre était passé de 21 à 2 en trente ans à peu près)  où l’implantation de la CGTG était forte. Avec la concentration de l’industrie sucrière, la diminution des surfaces plantées en cannes et la mécanisation, on assista à une mutation de la classe ouvrière. Moins nombreuses dans la canne, elle se retrouve à partir de la fin des années 70, surtout dans de nombreuses petites entreprises, dans le bâtiment et les BTP, les grandes surfaces et sur la zone de Jarry, ou dans les champs de banane
          Peu à peu, on assista à une nouvelle syndicalisation et la CGTG mit plusieurs années à opérer son redressement.
Nous publierons la deuxième partie de l’article dans le prochain numéro
 
   
 

Crise financière : A nouveau aux classes populaires de payer la note

.         Les graves attaques du gouvernement contre les conditions d’existence des classes populaires, coïncident avec les attaques parallèles du grand patronat. Le trust Peugeot-Citroën par exemple vient  d’annoncer la suppression de 6 000 emplois en Europe et, dans l’immédiat, la mise à la porte de 800 intérimaires rien qu’en France. Si le cas Peugeot-Citroën est spectaculaire en raison de l’ampleur et des conséquences des suppressions d’emplois, toutes les grandes entreprises ont la même attitude. Et chacune a été précédée ou suivie par des mesures similaires chez leurs sous-traitants ou fournisseurs.
          Le chômage a de nouveau bondi et atteint désormais officiellement les 10 % en France. Les licenciements comme les hausses d’impôts contribuent à réduire encore la consommation des classes populaires et à aggraver la crise. C’est la majorité de la population, et plus particulièrement les salariés, qui est un peu plus écrasée pour alimenter la machine financière.
Les politiques ont «sauvé» l’Europe, comme ils ont «sauvé» la Grèce : en enfonçant leurs exploités dans la misère pour que les groupes industriels et financiers puisent continuer à réaliser des profits
 
                                                                                                                      

Martinique : Guéguerre entre anciens et nouveaux dirigeants du Conseil Régional

Il ne se passe pas un jour sans une déclaration d’autosatisfaction de l’équipe du PPM (Parti Progressiste Martiniquais de feu Césaire) et alliés dirigeant le Conseil Régional.
Il y a eu l’affaire de la passerelle piétonne à construire au dessus de la RN1 pour les habitants de Fonds Giraumon-Pelletier. Aux dires de S.Letchimy, président du Conseil Régional, elle n’avait pas été prévue par les anciens gestionnaires. La dernière pomme de discorde est la déclaration de l’équipe Letchimy affirmant avoir «généré» plus de 2000 emplois en un an dans le cadre de son «plan de relance».  
Après chaque déclaration de l’équipe PPM, suivent des communiqués de presse et des interviews de l’ancienne équipe dirigeante du MIM (Mouvement Indépendantiste Martiniquais) et autres nationalistes «patriotes».
Ces derniers dénoncent les tours de passe-passe en parlant d’escroquerie intellectuelle. Ils s’appuient pour cela sur des chiffres produits par des organismes «officiels». L’ancienne équipe dirigeante dénonce les manipulations dont serait victime la population à qui on tente de faire croire, que les affaires sont maitrisées et même qu’elles redémarrent. Et elle s’appuie sur une tribune intitulée «SOS Martinique en panne » et publiée par une officine de patrons. Cette grande page achetée dans France Antilles, tente de démontrer que l’optimisme de l’équipe Letchimy ne serait pas partagé par ces patrons et ne serait que poudre aux yeux. C’est d’ailleurs l’occasion pour ces patrons de demander quelques faveurs comme cela a été le cas pour la relance du tourisme.
Bref, ces deux camps débattent pour tenter de montrer qu’il existerait des différences entre eux. Or, on constate que leurs actions, passées pour certains, et actuelles pour d’autres, profitent en définitive aux mêmes bénéficiaires : les patrons.
Dans la guéguerre entre PPM d’un côté, MIM et «patriotes» de l’autre, il s’agit de savoir qui aura la préférence des possédants et nantis de ce pays.
 

Martinique : Le groupe Bernard Hayot aux portes de l’Université

                   Depuis la mise en place en 2009 de la Fondation partenariale UAG-GBH «Agir ensemble pour la formation et l’emploi», le groupe Bernard Hayot et ses compères se montrent très présents à l’université des Antilles Guyane.
          Le 29 octobre dernier, le GBH organisait sur le Campus de Schoelcher, un forum des métiers, présenté comme un lieu permettant aux étudiants, enseignants de l’UAG et cadres d’entreprises de se retrouver. Sur son site il se félicite d’avoir réuni lors de précédentes éditions près de 1500 jeunes sur les Antilles-Guyane, dont 560 pour la seule Martinique. Et GBH d’expliquer, que cette démarche est utile pour les patrons car elle suscite par ce biais, des réflexions chez les enseignants sur l'adaptation des formations aux besoins des entreprises.
          Ces démarches du patronat pour se «rapprocher» de l’école ne sont pas nouvelles et encore moins anodines.
          La loi  Pécresse-Sarkozy sur l’autonomie de l’Université votée en 2007 a permis un désengagement de l’État. Elle a permis aussi en contre partie l’entrée du patronat à l’Université de façon plus visible et plus directe qu’auparavant, sous prétexte de «nouvelle gouvernance des  universités ». Désormais, leurs Conseils d’Administration peuvent s’ouvrir au mécénat des fonds privés. Il n’est donc pas étonnant qu’au fur et à mesure, ce patronat investisse ce terrain et cherche par ce biais à influencer les formations et la recherche en fonction de ses besoins.
          Aux Antilles aussi, sous l’impulsion de l’actuel président de l’Université Pascal Saffache et du groupe Bernard Hayot, l’idéologie patronale au profit de la minorité des possédants et des riches, pénètre à l’université.
          La réalité du monde des étudiants, est pourtant tout autre !  La quasi-totalité de ceux des étudiants ayant réussi leurs études et qui souhaitent effectivement trouver un emploi, ont toujours été contraints de s’expatrier à cause des pratiques des employeurs locaux, mais aussi à cause du manque d’emplois créé par un système capitaliste pourrissant et en crise. Système qui privilégie la recherche de profits maximum pour quelques possédants et au mieux utilisent quelques jeunes en jetant sur les routes les centaines d’autres qui sortent des Universités.