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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1057 du 5 novembre 2011/Page 1

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Editorial :Ce ne sont pas les peuples qui sont responsables de la crise mais les banquiers et les capitalistes ; à eux de payer !

        Après les décisions du sommet de Bruxelles pour soi-disant «sauver l’Euro» et même «sauver l’Europe», ce sont en fait, encore une fois les banques qui ont été sauvées.
Et cela quand bien même 50% de la dette grecque ont été effacés. Les banques auraient accepté en somme par bonté d’âme d’abandonner 50% de ce que la Grèce leur doit ? Mais non, en réalité encore une fois elles ont bénéficié de sommes d’argent considérables.100 milliards de recapitalisation leur ont été alloués. 1000 milliards seront ajoutés au fonds de stabilité. Et ces banques pourront toujours faire appel à ce fonds si besoin est. En fait, ce sont les banquiers qui sont encore gagnants dans l’affaire.
Par contre, le sommet a encore augmenté les contraintes pour le peuple grec de manière à ce qu’il accepte les coupes budgétaires draconiennes. Dans son niveau de vie, son pouvoir d’achat, ses services publics, le peuple grec va payer plein pot. Mais ce sont aussi tous les peuples à qui l’on demande de faire des sacrifices. Partout, en  Espagne, au Portugal, en Italie, en France et même en Allemagne, les gouvernements multiplient les dispositifs des plans d’austérité : suppression de postes de fonctionnaires, augmentations d’impôt, réduction des dépenses de santé, déremboursements de médicaments. Et ce n’est pas fini, car tous les gouvernements sont en train de mettre en place de nouvelles mesures pour faire payer aux peuples leur déficit. Ce déficit qui est dû en très grande partie aux cadeaux faits aux banquiers et à la grande bourgeoisie sous forme de prêts par milliards, de gel des taxes fiscales et sociales, depuis des années. En France, le gouvernement a déjà annoncé l’augmentation de la TVA entre les produits taxés à 5,5% et ceux qui le sont à 19,6%. Il faudra s’attendre à une augmentation qui nous imposera une TVA à 7 ou 8% sur une série de produits. Voilà qui ne manquera pas d’augmenter le coût de la vie.
        Les décisions de Bruxelles, le renflouement des banques et les mesures contraignantes à l’égard du peuple grec et de tous les peuples ont eu pour conséquence la semaine dernière de faire monter en flèche les actions des banques, Jusqu’à 20 et 22% pour la Société Générale et le Crédit Agricole. Et puis, mardi 1 novembre ce fut la dégringolade à la bourse après l’annonce par le premier ministre grec d’un référendum dans son pays sur les décisions du sommet de Bruxelles.   
Les banques et les spéculateurs craignent un vote négatif de la population grecque qui remettrait en cause les décisions du sommet de Bruxelles. Ils craignent surtout de ne pas être remboursés du tout, même des 50%  leur restant dus par la Grèce et malgré les milliards que le sommet de Bruxelles a mis à leur disposition.
        Mais ce n’est pas la seule Grèce qui est malade - soit dit en passant sa dette est de 6 à 7 fois inférieure à la dette française ou allemande - c’est l’ensemble du monde capitaliste qui est malade et en crise profonde.    
Car l’économie est aujourd’hui largement tributaire du monde de la finance, des banques des spéculateurs qui trafiquent en bourse sur des sommes colossales en toute impunité et de manière totalement incontrôlée  et incontrôlable. Ce ne sont pas les peuples qui sont responsables de l’endettement des Etats, ce sont ces Etats eux-mêmes qui ont dépensé sans compter pour arroser banquiers, et capitalistes. Face à une telle situation, il n’y a pas d’autres solutions que de se préparer à se battre pour refuser les plans d’austérité. En ce sens, le peuple grec a raison. Oui, se battre et manifester pour exiger l’échelle mobile des salaires, la répartition du travail entre tous, l’abolition du secret bancaire, la création d’une seule banque sous le contrôle de la population. Ce serait là le début d’un mouvement qui mènerait en cas de succès à un changement  profond de société. Car il faut enlever à ces aventuriers qui nous préparent des catastrophes, le droit de gérer dans la plus grande anarchie l’économie et la société.

Mayotte Le mouvement contre la vie chère continue

            Le mouvement de grève et les manifestations contre la vie chère à Mayotte continuent. Rappelons que la population réclame entre autres la baisse des prix des produits comme les ailes de poulet, le beurre, les sardines, le gaz, l’essence et bien d’autres produits de consommation courante alors que le coût de la vie a augmenté de 60% en quatre ans contre 5% en France et 15% à la Réunion, département tout proche.    
L’accord signé le 16 octobre entre les représentants des patrons de la distribution et le syndicat FO ne répondant pas aux revendications de la population mahoraise, les autres syndicats et associations ont appelé à poursuivre le mouvement. Et le mercredi 19, un manifestant est décédé après une échauffourée entre protestataires et policiers en plein centre ville de Mamoudzou, préfecture de Mayotte. Il aurait été victime d’une crise cardiaque se sont empressées de déclarer les autorités locales, mais sur les lieux même de l’accident, la police avait empêché une infirmière de porter secours  à la victime.         
La seule réponse que le gouvernement et les patrons coloniaux français ont trouvée aux revendications des mahorais qui mènent un mouvement pacifique, c’est le fusil. Pour lever les barricades le gouvernement colonialiste français  a expédié à Mayotte des dizaines de policiers et gendarmes de France et de la Réunion.  
Le médiateur nommé par M.L Penchard, Stanislas Martin, lors d’une conférence de presse (le mardi 24 octobre), disait qu’il n’y avait pas d’arnaque sur le prix de la viande. Il «prend son temps» pour soi-disant étudier la situation. D’ailleurs, les syndicats ont quitté très rapidement la réunion qu’il a tenue avec eux, en présence de notables qui entendent jouer la montre pour décourager les manifestants.    
Quant à M.L Penchard qui protège le profit des patrons de la grande distribution, elle ne procède pas autrement, avec le mépris en plus. N’a-t-elle pas proposé des bons de réduction de 5 euros sur les produits de première nécessité pour les 16 500 familles les plus pauvres ?        A Mayotte  devenu le 101  département français depuis le 31 mars dernier, la France de M.L Penchard applique un régime spécial en matière de droits sociaux. Le SMIC mahorais est 15% inférieur au SMIC français, le chômage frappe plus de 30% de la population en âge de travailler, et un jeune sur deux est privé de formation. Les prestations sociales n’y sont pas appliquées dans leur intégralité. La France leur propose un rattrapage sur 25 années. Les Mahorais ont raison de se révolter et nous sommes solidaires à leur mouvement.
 
 

Guadeloupe : Unimarket-Super U : La destruction des emplois continue, mais les employés n’ont pas dit leur dernier mot…

          Le groupe propriétaire des ex-magasins Match et Cora a presque réussi à se débarrasser des salariés en déboursant le moins possible. Il a bénéficié de la complicité de la SED (Société d’Exploitation et de Distribution) créée par certains cadres locaux des ex-magasins Match et présidée par H. Honoré.    
Mais les employés continuent à se battre pour s’opposer aux «saloperies» des patrons, Guadeloupéens et autres. C’est ainsi que le 20 octobre au matin, certains d’entre eux ont bloqué le pont du Pérou à Capesterre-B-E, puis sont montés en caravane jusqu’au Tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre qui devait ce jour annoncer son délibéré sur cette affaire : liquidation de l’Unik Discount de Pointe-à-Pitre et des Super U de Capesterre-B-E et Baillif  donc la perte de leur gagne pain pour 110 employés ayant au moins 30 ans d’ancienneté. Le Super U de St François est racheté par le groupe Nouy et l’Unik Market de Grand-Camp aux Abymes par B. Hayot. Le Super U du Gosier a lui été racheté le 25 octobre par le Groupe Parfait. A noter que ce grand de la distribution installé en Martinique, a obtenu, en catimini et bien évidemment par les «menaces» de perte de leur emploi, que les employés renoncent à certains de leurs acquis comme les primes de démarque et de fin d’année et le passage à 35h au lieu de 32. Pour le Super U de Bouillante, la décision doit intervenir le 15 décembre prochain.    On peut dire que c’est volontairement que les Hayot, Parfait, Nouy et autres ont fait trainer les choses. Ces gens là savaient, très probablement dès le début, qu’ils se porteraient acquéreurs et que le temps jouait en leur faveur. Cela leur a permis s’augmenter la pression sur les employés, de les diviser entre ceux dont les magasins avaient été repris et ceux qui attendaient encore une décision et d’obtenir qu’ils renoncent à bien des acquis.        
Mais il n’est pas dit que les ex-employés Match-Cora ne vont pas retrouver, et très rapidement le chemin de la lutte.


Etats-Unis : Lynchage à l'ancienne au Mississipi.

             James Craig Anderson un ouvrier de l'automobile au Mississipi, âgé de 49 ans, a été la victime d'un crime raciste, enregistré sur une vidéo de surveillance.
 Un groupe de 7 ados de race blanche décidèrent de tuer un noir comme si c'était juste une farce d'ados. Quittant une soirée à Brandon, Mississipi, ils montèrent dans deux véhicules et se dirigèrent à 15 miles de là vers un quartier noir de Jackson, Mississipi, où ils trouvèrent Anderson, seul.
          Les 7 se jetèrent sur lui, le rossant presque jusqu'à ce qu'il perde conscience, en hurlant des insultes et des slogans du "white power". Comme Anderson luttait pour se sauver, un des voyous racistes lui roula dessus avec sa camionnette, le tuant net. Puis comme si l'équipe avait gagné un match de foot, ils allèrent fêter leur victoire dans un macdo proche et le chauffeur du pick up de se vanter d'avoir écrasé un nègre.
          Les jeunes voyous racistes ne sont pas devenus des lyncheurs d'un seul coup. Les attitudes racistes, diminuées quelque peu par la mobilisation de la population noire dans les années 60-70 ont toujours été tenues en échec et renforcées par les réactionnaires d'extrême droite dans tout le pays, pas seulement dans le sud ; et avec la classe ouvrière dans le collimateur, le racisme augmente car on a donné aux démagogues d'extrême droite un podium d'ou ils prêchent le racisme et la violence.      
La population noire et toute la classe ouvrière sont en face de problèmes de division et de violence qu'ils doivent prendre en charge de façon militante et avec la force qui est le seul langage jamais compris par les racistes.