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Archives de CO/CO de l'année 2012/CO n° 1069 du 22 mai 2012/Quatrième page

Quatrième page

Brève de Lutte Ouvrière.

  VICTOIRE DES TRAVAILLEURS DE LA CAF ET DE LA SÉCURITÉ SOCIALE DE MAYOTTE
Après plus d’un mois de grève, les travailleurs de la CAF et de la Sécurité sociale de Mayotte (la CSSM) viennent d’obtenir gain de cause. À partir du mois de juillet, la CAF et la CSSM seront intégrées au sein de la convention collective nationale. De plus, les salariés des deux caisses ont arraché la majoration de salaires de 40 % appliquée dans les autres DOM.       Celle-ci se fera de façon progressive, mais 5 % seront accordés à partir du mois de juillet. Leur lutte a fini par payer. 
  VICTOIRE DES TRAVAILLEURS DE LA CAF ET DE LA SÉCURITÉ SOCIALE DE MAYOTTE
Après plus d’un mois de grève, les travailleurs de la CAF et de la Sécurité sociale de Mayotte (la CSSM) viennent d’obtenir gain de cause. À partir du mois de juillet, la CAF et la CSSM seront intégrées au sein de la convention collective nationale. De plus, les salariés des deux caisses ont arraché la majoration de salaires de 40 % appliquée dans les autres DOM.       Celle-ci se fera de façon progressive, mais 5 % seront accordés à partir du mois de juillet. Leur lutte a fini par payer. 

Martinique : Mai 1902, l’éruption de la montagne Pelée (deuxième partie)

(ci-dessous la suite de l'article de la révolutionnaire allemande Rosa Luxembourg, consacré à l'éruption de la Montagne Pelée en mai 1902, dont le début est paru dans le précédent numéro de Combat Ouvrier)
 
La France pleure sur les 40.000 cadavres de l'île minuscule, et le monde entier s'empresse de sécher les larmes de la République. Mais comment était-ce quand, il y a quelques siècles, la France a versé le sang à torrents pour prendre les Petites et les Grandes Antilles ?
En mer, au large des côtes de l'Afrique de l'Est, existe l'île volcanique de Madagascar. Il y a 15 ans, nous vîmes comment la République aujourd'hui inconsolable et qui pleure la perte de ses enfants, a alors soumis les indigènes obstinés à son joug par les chaînes et l'épée. Nul volcan n'y a ouvert son cratère, ce sont les bouches des canons français qui ont semé la mort et de la désolation. Les tirs de l'artillerie française ont balayé des milliers de vies humaines de la surface de la terre jusqu'à ce que ce peuple libre se prosterne face contre terre et que la reine des "sauvages" soit traînée, comme trophée, dans la "Cité des Lumières".
Sur la côte asiatique, lavée par les vagues de l'océan, se trouvent les souriantes Philippines. Il y a six ans, nous y avons vu les Yankees bienveillants, le Sénat de Washington au travail. Il n'y a pas là-bas de montagne crachant le feu et pourtant le fusil américain y a fauché des vies humaines en masse ; le cartel du sucre du Sénat qui envoie aujourd'hui des dollars-or par milliers à la Martinique pour sauver des vies, avait auparavant envoyé des canons et des canons, des vaisseaux de guerre et des vaisseaux de guerre ; des millions et des millions de dollars-or sur Cuba pour semer la mort et la dévastation.
Hier et aujourd'hui, très loin dans le sud de l'Afrique, où il y a quelques années encore, un petit peuple tranquille vivait de son travail et en paix, nous avons vu comment les Anglais ont tout ravagé. Ces mêmes Anglais qui sauvent la mère et l'enfant en Martinique, nous les avons vus piétiner brutalement des corps humains et même ceux d'enfants avec leurs bottes de soldats, se vautrant dans des mares de sang et semant la mort et la dévastation.
Ah, et les Russes, le Tsar de toutes les Russies, aidant et pleurant - une vieille connaissance ! Nous vous avons vus sur les remparts de Prague, où le sang polonais encore chaud coulait à flots faisant virer le ciel au rouge de ses vapeurs. Mais c'était autrefois ? Non ! Maintenant, il y a seulement quelques semaines, nous avons vu les Russes bienveillants sur les routes poussiéreuses, dans des villages russes ruinés, confronter une foule de loqueteux en révolte et tirer sur des moujiks haletants, nous avons vu le sang rouge des paysans se mélanger à la poussière du chemin. Ils doivent mourir, ils doivent tomber parce que leurs corps sont tordus par la faim, parce qu'ils réclament du pain et encore du pain !
Et nous vous avons vus, vous aussi, oh République, en larmes ! C'était le 23 mai 1871, quand le soleil glorieux du printemps brillait sur Paris, des milliers d'êtres humains pâles dans des vêtements de travail étaient enchaînés ensemble dans les rues, dans les cours de prison, corps contre corps et tête contre tête ; les mitrailleuses faisaient crépiter par les meurtrières leurs museaux sanguinaires. Aucun volcan n'avait éclaté, aucun jet de lave n'avait été versé. Vos canons, République, ont tiré sur la foule compacte, poussant des cris de douleur - plus de 20.000 cadavres ont recouvert les trottoirs de Paris !
Et vous tous - Français et Anglais, Russes et Allemands, Italiens et Américains - nous vous avons vus tous ensemble pour une première fois dans une entente fraternelle, unie dans une grande ligue des nations, aidant et vous entraidant les uns les autres : c'était en Chine. Là, vous aviez oublié toutes les querelles entre vous, là aussi vous aviez fait la paix des peuples - pour le meurtre et l'incendie. Ah ! Combien d'individus sont tombées sous vos balles, comme un champ de blé mûr haché par la grêle ! Ah ! Combien de femmes jetées à l'eau, pleurant leurs morts dans leurs bras froids et fuyant les tortures mêlées à vos embrassades ardentes !
Et maintenant, ils se tournent tous vers la Martinique d'un même mouvement et le cœur sur la main, ces meurtriers bienveillants aident, sauvent, sèchent les larmes et maudissent les ravages du volcan. Montagne Pelée, géante au grand cœur, tu peux en rire ; tu peux les mépriser, ces carnivores pleurants, ces bêtes en habits de Samaritains. Mais un jour viendra où un autre volcan fera entendre sa voix de tonnerre, un volcan qui grondera et bouillonnera et, que vous le vouliez ou non, balayera tout ce monde dégoulinant de sang de la surface de la terre. Et c'est seulement sur ses ruines que les nations se réuniront en une véritable humanité qui n'aura plus qu'un seul ennemi mortel : la nature aveugle.

Grèce : Une preuve que le bulletin de vote ne suffit pas pour changer les choses…

Les élections législatives qui ont eu lieu dimanche 6 mai en Grèce illustrent le refus des travailleurs et de toutes les classes laborieuses en général et des retraités de payer la crise capitaliste. Ils ont fait valser les deux partis de droite et de gauche qui, au gouvernement, ont fait peser tout le poids de cette crise sur les travailleurs.
 Ầ gauche, le parti socialiste, dégringolant de 44% à 13% des voix, a été devancé par une formation, la Coalition de la gauche radicale, dont la progression, de 5% à 16% des suffrages, a été l’expression électorale de l’opposition aux plans d’austérité.  Malheureusement, le discrédit des partis gouvernementaux a également permis l’émergence d’une organisation néo-nazie «l’aube dorée» qui dépasse les 5% et obtient des sièges à l’assemblée après une campagne furieusement anti-immigrés. Depuis ces élections, la Bourse est «fébrile». Pourtant les banques se sont déjà amplement remboursés leurs prêts grâce aux intérêts déjà prélevés. Alors qu’elles empruntent à 1% et voire moins à la BCE, la Grèce emprunte maintenant à 5% pour payer ces mêmes banquiers. Et les classes laborieuses de ce pays paye le prix fort pour cette saignée : 19% de chômage, un droit de travail taillé en pièce, des coupes claires dans les budgets de l’éducation et de la santé. La TVA, l’impôt sur le revenu et les taxes sur l’essence, le gaz et l’électricité sont augmentés, tout comme le tarif des transports et des hôpitaux. Les lois votées par le parlement s’attaquent aux retraites, à la recherche, aux salaires des dirigeants des collectivités locales, à la santé. 
Le pouvoir d’achat s’effondre, et comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement et le patronat, avant les élections s’étaient attaqué aux quelques protections dont disposaient encore les salariés avec comme conséquence des baisses de salaire pouvant aller jusqu’à 40% !  Au nom de la crise, un chantage éhonté est orchestré sur ceux qui travaillent  pour permettre aux patrons d’assurer leurs profits malgré la crise. C’est tout cela que les travailleurs et les petites gens du pays ont voulu refuser en désavouant les partis au pouvoir. Mais voter ne suffit pas !
Depuis le vote, les chefs des quatre partis arrivés en tête qui ont essayé tour à tour de constituer un gouvernement ont échoué car ne disposant pas de la majorité nécessaire. On s’achemine donc vers de nouvelles élections.
De plan d’austérité en plan d’austérité, la Grèce s’enfonce de plus en plus dans la récession, alors que ces sacrifices imposés à la population étaient sensés faire repartir la croissance.  
Malgré l’opposition de la population à coup de manifestations hier et de votes extrémistes aujourd’hui, la volonté des puissances financières restent toujours la même : pressurer encore plus cette population au nom du profit.
 Ne pas se laisser faire devient une question vitale pour les classes populaires grecques. Elles ont fait l’expérience que voter ne suffit pas, reste à espérer qu’elles sauront engager des luttes déterminées, conscientes pour faire reculer les banquiers et autres spéculateurs.

 
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Martinique : Cherchez l'argent où il y en a

Les agents non-titulaires des mairies et les agents de la fonction publique territoriale touchant moins de 1,4 Smic ont obtenu une prime de 200€ en mars 2009. Les maires veulent supprimer cet acquis, à l'exception de ceux de Fort-de-France, Basse Pointe et du Robert. Pour réclamer le maintien de cette prime ces agents étaient en mouvement vendredi 4 mai.
Des maires (y compris ceux de gauche), prétendent devoir faire des économies sur le dos des salariés. Ceux-ci ont raison de refuser. Si les maires se tournaient, pour les faire payer, vers les plus riches et non vers ceux qui ont le moins ; là, ils auraient l'appui des salariés !