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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1054 du 24 septembre 2011/Page 2

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Martinique : Manœuvres du Rectorat dans l’affaire des lauréats des concours affectés hors de Martinique.

Début septembre, la mobilisation syndicale pour le maintien de tous les lauréats de concours en Martinique a continué, bien que certains syndicats aient décidé d’accepter le départ de Martinique avec les mesures d’accompagnement proposées par le Rectorat pour quatre d’entre eux. C’est ainsi que le 30 août, UNSA Education/CGTM Education appelaient dans un communiqué commun, personnels, associations de parents et élus à se mobiliser pour exiger l’affectation en Martinique de TOUS les lauréats.
La CSTM Education, la CGTM Education, le SNETAA-FO et l’UGTM Education choisirent d’adresser une lettre ouverte à des élus dits de premier plan (sénateur, députés, etc.) de bords politiques différents, tous agents de l’Education nationale, en activité ou à la retraite. Ces mêmes syndicats, suite à une conférence de presse le samedi 10 septembre, appelèrent à un rassemblement devant le Lycée Professionnel Place d’Armes le lundi 12 septembre 2011 à partir de 7 heures pour exiger l’affectation d’une lauréate du concours 2011 (PLP Maths Sciences Physiques) sur un poste de stagiaire réservé à cet effet depuis le 10 juin 2011. Cette stagiaire répondait au profil requis pour occuper ce poste. Elle était la dernière à ne pas avoir regagné le poste attribué par le Rectorat à Bordeaux. Une quinzaine de personnels se sont mobilisés. Pas sûre d’elle, l’administration rectorale se dépêcha d’expédier un enseignant contractuel sur le poste … et maintint l’affectation de la stagiaire à Bordeaux.
L’action du 12 septembre n’a donc pas permis de faire céder l’administration cette fois. Elle a par contre montré que d’autres voies étaient possibles que celle de l’acceptation des manœuvres et diktats de l’administration rectorale sur fond de restrictions budgétaires. Elle a permis à certaines organisations syndicales, bien que concurrentes mais concernées elles aussi par les élections professionnelles d’octobre, de donner la priorité à une victoire collective qui serait profitable à l’ensemble des personnels. D’autres syndicats pourtant bien implantés en milieu enseignant (UNSA Education et FSU) n’ont pas fait ce choix.
Les raisons qui ont conduit à cette mobilisation ne manqueront pas de se renouveler : suppressions massives de postes, affectation hors de Martinique de lauréats de concours. Les personnels de l’Education nationale auront alors à nouveau l’occasion de se retrouver pour lutter contre les mesures gouvernementales aboutissant en fin de compte à obliger les personnels à exercer dans des conditions plus difficiles.
 
Déjà, le mardi 27 septembre 2011, des syndicats de l'éducation, dans le public comme dans le privé, ainsi que la FCPE appellent à une journée de grève. Certes, cette seule journée ne permettra pas de faire reculer le gouvernement. Mais si enseignants et parents d’élèves se mobilisent en mase, cette journée peut constituer un départ pour de nouvelles actions, beaucoup plus efficaces que les instances consultatives dont chacun a pu vérifier l’inefficacité quand il s’est agi de bloquer les mesures de l’administration rectorale.
 

Guadeloupe (Jarry) : Les employés de la CDE exercent leur droit de retrait

A la Centrale Diésel export, les conditions de travail dangereuses ont amené les travailleurs à exercer leur droit de retrait à partir du 29 août.
Lors des fortes pluies du 16 août dernier, des salles équipées d’installations électriques au sol ont été inondées, entrainant un risque d’électrocution pour ceux qui y travaillent. Ce phénomène d’inondation est récurrent et rien n’a été fait pour y remédier. Par ailleurs, le contrôleur du travail a aussi constaté la présence de flaques d’hydrocarbures à divers endroits de la centrale, générant des risques de chutes et de pollution environnementale. Une demande de réunion du CHSCT pour le 16 septembre, émise par les représentants syndicaux, n’a pas eu d’effet. Par ailleurs, les élus au CHSCT déplorent que la direction n’ait transmis aucun rapport annuel concernant les conditions d’hygiène et de sécurité, de 2008 à 2010. La présentation d’évaluation des risques de 2008 et 2009 n’a pas non plus été transmise.
Les représentants du personnel déplorent donc « l’absence totale d’observation des dispositions du code du travail relatives à la sécurité des biens et des personnes ». Ceux qui travaillent au quotidien dans les salles inondables sont en danger, surtout en cette période de fortes pluies qui ont justifié à plusieurs reprises des alertes jaune ou orange.
La direction,  bien à l’abri dans ses bureaux de France ou de Guadeloupe semble estimer que les travailleurs peuvent risquer leur vie pour garantir les profits. Ceux-ci jugent de leur côté qu’il est urgent que des mesures soient prises et continuent à exercer leur droit de retrait.
                                                                                                                      

Martinique : Ce n'est pas la loi qui va éradiquer sans délai l'habitat insalubre

          A l'initiative du député S. Letchimy, la loi «sur l'habitat informel et insalubre» a été promulguée le 23 juin dernier. Si l'on en croit le nom donné à cette loi, on pourrait penser que cette promulgation est une étape vers la disparition de conditions de logement indignes que l'on rencontre trop souvent en Martinique et dans les autres DOM. Mais une interview d'Alex Foucade, directeur de l'ADIL (Agence départementale d'information sur le logement), parue dans France-Antilles le 31 août 2011, relativise bien les choses.

M. Foucade y révèle qu'autant sinon plus que l'insalubrité, c'est le caractère informel de ces habitats qui représente une gêne pour l'administration. L'habitat «informel» étant constitué par des édifices «édifiés sans droit ni titre sur le terrain d'autrui» le propriétaire reste souvent introuvable malgré les recherches. Les opérations d'aménagement sont ainsi souvent retardées. Et «aménagement» ne signifie pas éradication de l'habitat insalubre. L'interview cite, comme exemple d'aménagement qui pourrait être accéléré par la nouvelle loi, le TCSP (Transport en commun en site propre), les propriétaires n'ayant plus à être recherchés. Ainsi ce volet de la nouvelle loi, d'application immédiate, pourrait profiter à de grosses entreprises de construction ou de travaux publics, en facilitant la passation des marchés.

Quant à l'habitat indigne c'est, dans les prévisions, et indépendamment du financement nécessaire, petite vitesse et grande lenteur. Le recensement doit débuter en juin 2012, et ses modalités doivent être définies et déclinées dans chaque commune par un «pôle départementale de l'habitat indigne» lui-même mis en œuvre par un futur  «observatoire de l'habitat indigne».

Si l'on ne compte que sur les effets d'annonce parlementaires et sur le «zèle» de l'administration, insalubrité et indignité de l'habitat pour certaines familles pauvres ont encore de beaux jours devant eux !


Martinique : Des élus vent debout contre la disparition des contrats aidés

Alors que depuis décembre 2010, syndicats et associations se mobilisent pour dire toutes les difficultés que poserait le non renouvellement des contrats aidés, des élus avaient à peine osé intervenir pour soutenir ces initiatives. Peut-être espéraient-ils que l’engagement de ces organisations aboutirait positivement plus tôt et que cela leur épargnerait de devoir s’impliquer pour demander à l’Etat de leur donner les moyens de fonctionner. Car les municipalités surtout sont de grandes consommatrices de salariés « à bas coût », en l’occurrence les fameux contrats aidés qui assurent le fonctionnement de très nombreux services publics.
 
Toutefois, l’arrivée à échéance des contrats de nombreux employés a forcé certains élus à monter au créneau. On a pu ainsi entendre les maires de Grand-Rivière et de Saint-Pierre, ainsi que le Directeur Général des Services de la ville de Schœlcher étaler la liste des difficultés que ces municipalités doivent affronter : fonctionnement de la cantine, garderie d’enfants, etc. On peut facilement imaginer que c’est la même situation  que vivent toutes les communes de Martinique. Malheureusement, le ton est resté dans le registre des lamentations et des supplications. Et aucun ne s’en est pris fermement à l’Etat pour exiger des moyens, financiers ou humains, pour offrir à la population un service correct. Aucun non plus n’en a appelé à la population, aux pères et mères de familles, eux aussi victimes de ces mesures scélérates pour faire valoir collectivement leurs exigences.
 
Leur soi-disant intervention publique ne montre qu’une chose : la limite de leur pouvoir face à l’Etat. Et en définitive, ce sera à la population qui subit cette politique d’intervenir pour rappeler à tous ceux qui ont une parcelle de « pouvoir » à leur « devoir » et obtenir les moyens nécessaires.

Guadeloupe : La polyvalence des agents, source d’économie pour la Région ?

            La date de la rentrée est connue longtemps à l’avance et pourtant, la Région Guadeloupe n’a pas encore signé les contrats pour réembaucher les agents de sécurité qui accueillent les élèves dans les lycées. Certains établissements, comme Jardin d’Essai aux Abymes, ont trouvé une solution originale : demander aux agents d’entretien, en majorité des femmes, de se transformer en vigiles !
 
Du coup ce sera toujours ça de pris comme « économie » par la Région sur le dos des agents. 
 
Sous prétexte de polyvalence, leurs tâches se sont multipliées au fil des années : entretien des salles, reprographie, jardinage, et maintenant sécurité. Si ça continue, on va bientôt leur demander d’enseigner et de faire passer le bac.