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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n°1047 du 23 avril 2011/Page 4

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CÔTE-D'IVOIRE: La guerre n'est pas terminée... pour les pauvres

Ça y est ! Le dictateur ivoirien Laurent Gbagbo est parti. Il s'accrochait comme une tique au pouvoir qu'il détenait depuis 10 ans, refusant de laisser la place à «l'élu des urnes» que les grandes puissances, dont la France, avaient choisi, Alexandre Ouattara.
L'armée française est intervenue, prétend-on à Paris, pour jouer les arbitres entre les deux clans qui se disputaient le pouvoir. En fait son intervention a permis de déloger un serviteur devenu récalcitrant pour le remplacer par un autre plus docile en jurant, la main sur le cœur, que son intervention est purement humanitaire !
En fait cette intervention de la France en Côte d'Ivoire est dans la droite ligne de la politique de l'impérialisme français en Afrique , dans ses ex-colonies : défendre les intérêts du grand capital français, celui des Bolloré, Bouygues ou Total au détriment de la grande majorité de la population réduite à l'état de grande pauvreté dans un pays que la nature a fait riche, mais dont les richesses vont remplir les coffres-forts des grandes entreprises, surtout françaises, cela grâce au soutien de la France à tous ces régimes dictatoriaux, serviteurs fidèles du capital français. Bien sûr, des miettes seront laissées au clan mis en place pour maintenir les pauvres en respect : d'abord celui de Houphouët-Boigny, hier celui de Gbagbo et désormais celui de Ouattara. Gbagbo n'a certainement pas à être pleuré, pas plus qu'il n'y a à se réjouir de la victoire de Ouattara. Ces deux hommes ont du sang sur leurs mains, le sang des pauvres de leurs pays, victimes des bandes armées des deux bords, dressées les unes contres les autres dans une guerre qui n'est en rien celle des classes exploitées. Une marionnette peut être substituée à une autre, mais ceux qui tirent les ficelles et qui coulent des jours tranquilles à Paris, continuent à encaisser des dividendes du pillage de la Côte d'Ivoire. Ce sont eux que protège l'armée française dans ce pays !
Avec le départ de Gbagbo, les commentateurs et les plumitifs de service se félicitent de «l'avancée de la démocratie». Mais les classes pauvres de Côte d'Ivoire n'ont cependant pas de quoi se réjouir du changement de personnage qui occupe le palais présidentiel. La prise d'Abidjan par l'armée considérée naguère comme rebelle, baptisée aujourd'hui «force républicaine» ne signifie pas la fin du conflit. Des actes de vengeance, de représailles entres bandes armées continuent, sans parler des bandes de voyous armées qui rackettent et pillent la population. Les 3 mois de conflit armé constitue déjà un drame : plus d'un millier de morts, des centaines de milliers de réfugiés, chassés de la capitale par la guerre et la faim. Une économie ruinée, des entreprises fermées, le retour de maladies endémiques, voilà ce qu'offre « la démocratie » à la population.
Et même si les troupes déposent les armes, la guerre sociale contre les travailleurs et toute la population pauvre ne fera que s'aggraver et ce n'est pas sur l'œuvre « humanitaire » des troupes françaises qu'il faudra compter pour la combattre, ni même sur le nouveau président « démocratique ». L'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes, cette phrase de Marx est plus que jamais d'actualité en Côte d'Ivoire.

HAÏTI : La population pauvre a élu Martelly, mais ce sont toujours les riches qui dirigent

Après avoir repoussé la publication des résultats de la présidentielle au 16 avril, puis au 20 avril, Michel Martelly sera finalement reconnu vainqueur des élections et président d'Haïti. Préval, le président sortant l'a reçu le 15 avril pour mettre en route la transition et la passation de pouvoir.
Préval a assuré que son parti, «INITE» collaborera avec le nouveau président Martelly même si les députés INITE sont les plus nombreux au parlement. De même, les parlementaires de la plateforme Alternative, opposants à Préval, assurent le nouveau président de leurs bonnes intentions.
Préval a déclaré : «j'aimerais aider, je suis totalement ouvert, je suis à sa disposition pour l'aider à réussir. Nous n'avons plus besoin de divisions, nous voulons que le pays réussisse, ce n'est pas seulement Michel Martelly ou René Préval, nous devons tous nous rassembler, pour que le pays avance ».
Dans leur éditorial du 6 avril, les camarades de l'OTR (Organisation des travailleurs révolutionnaires) mettent en garde la population laborieuse, qui croit en Martelly comme en un champion de la cause des pauvres et des exploités. L'OTR explique que dès le lendemain des résultats, même si bien des pauvres étaient contents, les possédants aussi fêtaient la victoire en compagnie de Martelly. Ils ne se sentent pas menacés car le programme de Martelly ne remet en cause aucun des rouages du système qui maintient l'oppression des travailleurs. Ci dessous, un extrait de leur article.
 
PAWÔL TRAVAYÈ
 
Popilasyon pòv la mete Miki prezidan. Kilès ki towo a ?
Se yon viktwa pou popilasyon pòv la. Paske Preval, Konsèy elektoral pwovizwa a ak diplomat etranje te mare konplo pou pose vòt pèp la anba pye. Non premye tou eleksyon yo, yo te vie fe nou vale Jid Selesten. Nou vomi I. Nou sonje : plizyè gran vil non peyi a te bloke tankou Pòtoprens, Okay, elatriye.
Non dezyèm tou a, yo kenbe gòjèt nou pou yo fe nou bwè Madan Maniga, yon lòt remèd anmè. Nou fout boy Ii pa anba. Yo entèdi manifestas yon apre eleksyon men presyon lari a, presyon radyodjòl te tèlman fo, zòt te blije foure ke li anba vont li, antere tout magouy pou rekonèt vòt pèp la epi f s pèp sa a. Dife a te tèlman cho non dengonn yo, yo te oblije ranvwaye rezilta yo non yon premye tan. Konplo popilasyon pòv la pi f ! Se popilasyon pòv la ki towo a.
Men no aprann an pi! patwon ak lòt boujwa parèy yo te debake kay Miki tousuit apre rezilta a pou al fete viktwa a. Aiòske nou konnen pif patwon yo te dèyè Bekè ak Madan Maniga. Se yon bann aganman kap chanje koulè. Kòmkwadire nou al vote epi yo menm, yo pare yo pou achte prezidan an lajan kontan epi foure tout lòt kandida ki pose yo non pòch yo. Se sa yo te fè ak Preval. Se sa yo te fè ak depite, senatè ki te refize vote 200 goud la.
Ouvriye-ouvriyèz, kou sa a pap pose ! Se pou nou mete tèt nou ansanm pou nou kostwi yon gwo fòs.  Yon fòs ki ka penmèt nou jwenn satisfaksyon nan revandikasyon nou yo pandan 5 lane Miki a. Bouch an bouch, youn di lòt !
(OTR-UCI)     Oganizasyon Travayè Revolisyonè-lnyon Kominis Entènasyonalis
Mèkredi 6 avril 2011

Brèves de «Lutte Ouvrière : Nouvelle offensive contre les salariés de la fonction publique

Le gouvernement poursuit ses attaques contre la fonction publique et les fonctionnaires 30 000 suppressions de postes sont prévues pour 2012 et, malgré l'inflation, les salaires seront gelés. C'est déjà annoncé.
Cela signifie une dégradation des conditions de vie des travailleurs de la Fonction publique, mais également une dégradation considérable des services publics, utiles, voire
nécessaires à tous. Ces mesures impliquent des charges de travail alourdies et parfois irréalisables, qui entraîneront, des oublis ou des ratés avec parfois des conséquences dramatiques dans les hôpitaux ou les transports publics. Ou encore, dans certains établissements scolaires, des enfants sans enseignant pendant des semaines voire des mois.
Ces mesures sont un des épisodes de la guerre que le gouvernement mène aux classes populaires. Et, travailleur du public ou du privé, chômeur ou retraité, nous sommes tous concernés.
 
EN PRIME, ILS SE PAIENT NOTRE TÊTE
Déjà sur le pied de guerre de la campagne électorale de 2012, le gouvernement veut faire croire qu'il se soucie du sort des travailleurs. À grand renfort de tambours et trompettes, il a annoncé l'idée d'une prime de 1000 euros pour les salariés des entreprises versant des dividendes à leurs actionnaires.
Une prime de 1000 euros pour chaque salarié, ce ne serait pas du luxe et cela ne coûterait pas grand-chose au patronat : 1000 euros aux 26 millions de travailleurs et chômeurs, cela représenterait 26 milliards c'est- à-dire moins du tiers des bénéfices des entreprises du CAC 40 de cette année.
En réalité, « il y a loin de la coupe aux lèvres », comme on dit. Et les promesses du gouvernement, sur lesquelles il est d'ailleurs en train de revenir, et qui, même si elles s'appliquaient ne concerneraient qu'une petite partie des salariés, n'engagent que ceux qui y croient. Pour obtenir ces 1000 euros de prime pour tous, et même plus, car on est loin du compte, il faudra les arracher au patronat par la lutte sans plus croire à ce gouvernement, qu'on ne croit au Père Noël.