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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n°1047 du 23 avril 2011/Page 2

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Guadeloupe: Le bureau d'études ouvrières, une revendication du LKP.

 
Dans sa plateforme de revendications, défendue au cours du mouvement de 2009, le LKP avait revendiqué un bureau d'études ouvrières chargé de contrôler les prix. L'Etat et les assemblées locales avaient donné leurs accords et s'étaient engagés à financer cette structure. Mais pour l'heure seuls le Conseil Général et le Conseil Régional ont versé leur part de ce financement soient 80 000 euros. L'Etat qui s'était engagé pour 100 000 euros ne les a pas versés jusqu'ici.
Le Bureau d'études ouvrières est essentiellement composé de représentants des syndicats ouvriers et d'associations de consommateurs membres du LKP. Il a annoncé officiellement ses objectifs et son programme lors d'une conférence de presse et organisé une rencontre avec le public le 16 avril au palais de la Mutualité. Les responsables ont appelé à la création de brigades dont le rôle est de contrôler les prix dans les supermarchés. Ces brigades seront identifiées par un badge.
Pour que le bureau d'études ouvrières ne soit pas uniquement un bureau de recherches traitant de tâches administratives comme d'autres structures qui existent déjà dans ce domaine, les brigades devront jouer un rôle de mobilisation et appeler la population à participer à ces contrôles.

Martinique : De bons petits serviteurs du pouvoir colonial

Après le communiqué du soi-disant socialiste Manscour, c'est au tour d'un avocat, par ailleurs secrétaire départemental de l'UMP, Fred-Michel Tirault, de condamner les mouvements actuels, et singulièrement celui des agents de EDF. Pire ! Il ordonne au préfet de sévir, déplorant que certains «se lavent les mains ou restent muets ».
Cet      avocat évite
soigneusement de s'en prendre à EDF et réserve ses attaques aux travailleurs en lutte pour faire respecter un accord.
Curieusement, en France, Sarkozy et des membres de son gouvernement déclarent vouloir verser une miette des dividendes des entreprises aussi aux travailleurs. Evidemment, d'une part, ils craignent que les mobilisations pour réclamer des salaires corrects prennent de plus en plus d'ampleur. D'autre part, à un an des élections présidentielles, ils tentent de grappiller quelques voix ouvrières. Aussi face aux nombreuses grèves pour les salaires qui se déroulent actuellement en France, ils font plutôt le dos rond et se gardent de toute déclaration intempestive pour le moment
Ce n'est évidemment pas le cas des politiciens des colonies lointaines. Là, on peut se permettre de dire n'importe quoi et de relayer le langage du colonialisme le plus éculé contre les travailleurs. Ce ne sont même plus les préfets ou l'Etat eux-mêmes qui agissent. A quoi bon, puisqu'ils trouvent des supplétifs «indigènes» bien zélés, de droite et de gauche, comme toujours pour faire le sale boulot contre les travailleurs en lutte.

Guadeloupe : Fermetures de classes en primaire : les parents réagissent !

A l'école de Fontarabie, sur la commune de Petit-Bourg, les parents d'élèves ont bloqué l'entrée pendant près d'une semaine, avant les vacances de Pâques. Ils sont indignés de la décision du rectorat, qui compte supprimer une des dix classes de l'école, alors que le nombre d'élèves est en augmentation. Le rectorat propose de multiplier les classes à deux niveaux, une fausse solution qui ne permet pas à tous les enfants de réussir.
Fin mars déjà, des parents d'élèves s'étaient mobilisés pour protester contre les fermetures de classes, notamment à Marie-Galante et à Saint-Martin. En effet, dans les sections les plus isolées, on peut craindre que d'ici quelques années ce soient des écoles entières qui ferment.
La règle pour l'administration c'est de ne plus scolariser les enfants de deux ans ou deux ans et demi. Sur les 95 classes qui devraient fermer en septembre, les écoles maternelles sont donc les plus touchées. Les parents, et surtout les mamans qui travaillent, devraient donc se débrouiller avec les jeunes enfants, que l'école publique ne veut plus prendre en charge. Ceux qui ont les moyens les inscrivent dans des écoles privées, qui profitent de l'aubaine.
Face à cette situation, les parents s'organisent en coordinations pour contrer les plans du rectorat. Réunis en assemblée générale le 15 avril, ceux de l'école de Fontarabie ont déjà prévu de mener une action forte après les vacances. Des protestations pourraient aussi voir le jour à Capesterre-Belle-Eau et à Sainte-Rose, ainsi que dans bien d'autres communes, car c'est partout la même politique qui est mise en œuvre : fermer le maximum de classes possibles pour faire des économies sur les dépenses publiques et avec cet argent, subventionner les capitalistes. Et seule la mobilisation' massive des parents d'élèves pourra mettre un frein à ce scandale.

Sarkozy à la chasse aux voix jusque dans la crypte du Panthéon

Sarkozy, lors de l'hommage à Aimé Césaire au Panthéon, a prétendu exalter «le
combattant inlassable de la cause martiniquaise et de la négritude».
De cet exercice, Sarkozy attend combien de voix «ultra-marines» supplémentaires aux
prochaines élections présidentielles ?
A Dakar, en 2007, dans un autre discours, Sarkozy se révélait comme rien moins que méprisant : il déclarait : «Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès...»
Et c'est le même Sarkozy qui a salué en Césaire l'homme «qui n'a jamais cessé de pousser la France à faire son examen de conscience».
Aimé Césaire par ses prises de position et ses écrits, a souvent fustigé le colonialisme. Si cette France des Sarkozy et de ses prédécesseurs avait fait son examen de conscience en ce domaine, ça se saurait !

Martinique : Mobilisation de soutien aux emplois aidés

Vendredi 15 avril, le Collectif des 5300, soutenu par le K5F, appelait à une mobilisation pour dénoncer le non-renouvellement des contrats aidés par l'Etat. Il devait être reçu le lundi 18 à la Préfecture.
En effet après les mobilisations qui avaient eu lieu à la fin de l'année 2010, le ministre du travail Xavier Bertrand avait juré ses grands dieux que le nombre d'emplois aidés prévus pour la Martinique soit environ 5300 (d'où le nom Collectif des 5300) serait maintenu, voire augmenté en raison de l'importance du chômage.
Mais à la fin du mois de mars, les services de Pôle-Emploi ont refusé de renouveler les contrats qui arrivaient à échéance. Pôle-Emploi indiquait aux employeurs que le nombre de contrats utilisés dépassait le budget alloué par l'Etat. Signalons qu'un grand nombre de ces associations remplissent des missions d'utilité publique et sociale :aides ou accompagnement auprès de populations en difficulté. Mais, elles n'ont pas les moyens d'embaucher un salarié en CDI et même en CDD.
Les salariés pouvant bénéficier de ce type de contrats précaires sont toujours plus nombreux. Ce sont des chômeurs privés d'emplois, qui n'ont pour vivre que les minima sociaux : revenu de solidarité active (RSA), allocation temporaire d'attente (ATA), allocation de solidarité spécifique (ASS), allocation aux adultes handicapés (AAH). Pour limiter au mieux son budget d'aide à l'insertion, l'Etat le transmet par tranche de 6 mois à Pôle-Emploi, l'organisme prescripteur. Alors qu'ils pourraient bénéficier de ces contrats d'insertion pendant 24 mois, les salariés n'ont donc que des contrats de 6 mois et sont obligés de tenter de les faire renouveler, quand bien même ils remplissent une activité durable.
Aujourd'hui, la «sous-préfète» à la cohésion sociale et à la jeunesse se permet de répondre ce qui suit aux associations qui l'interpellent : «Le niveau de consommation des contrats est très important, c'est pour cela que nous ne saisissons pas de demandes pour l'instant. Le préfet fera prochainement un point d'étape ».
C'est tout simplement scandaleux et méprisant.
Il est inadmissible que ces salariés vivant dans le stress et bien souvent dans l'humiliation, fassent en plus l'objet des petits calculs de l'Etat. Et ce d'autant que le travail qu'ils effectuent dans les diverses associations est nécessaire à la population. Cet Etat ne soutient réellement que les gros possédants et se moque complètement des plus faibles. Jusqu'au jour où, comme les révoltés de Tunisie, ces derniers n'accepteront plus l'inacceptable !

Antilles – Guyane : Grève des salariés de La Banque Française Commerciale

Les salariés du groupe BFC Antilles-Guyane ont entamé un mouvement de grève reconductible à compter du lundi 18 avril. Ils s'opposent à un projet de la direction qui prévoit un soi-disant plan de développement qui en réalité est une façon déguisée de supprimer des emplois. Pire, la direction a tenté un passage en force pour imposer son projet sans avoir recueilli l'avis pourtant obligatoire du Comité Central d'Entreprise.
La direction a préféré convoquer l'ensemble du personnel pour lui parler du projet mais n'a pas saisi les instances représentatives du personnel des 4 établissements de Guadeloupe, Martinique, Guyane et Iles du Nord et elle na pas consulté les comités d'entreprise de ces établissements ni les CHSCT (Comités d'hygiène, de Sécurité, Conditions de Travail). La BFC-AG fait partie du groupe LCL (Le Crédit Lyonnais) et un des axes de la politique de la nouvelle direction est de chercher à limiter l'influence de la CGTG jugée trop présente au sein du groupe. Plusieurs affaires sont d'ailleurs pendantes au tribunal suite aux dernières élections des représentants du personnel.
Dans le projet, il est prévu entre autres, l'automatisation totale de certaines agences et bien sûr dans le but de supprimer des emplois. Un nouveau poste de travail est créé pour rendre les salariés plus mobiles afin d'effectuer des remplacements dans les différentes agences.
La grève est lancée par les syndicats CGTG, CFTC, SMBEF. Au premier jour de grève le mouvement a été très bien suivi et la plupart des agences étaient fermées. Le mouvement est reconduit.
La nouvelle direction ignore totalement les arguments des représentants du personnel et essaie par tous les moyens de se passer de leur avis. Mais le personnel est très mobilisé et n'est pas prêt à accepter une régression de ses conditions de travail.

Martinique : Quand l'ARS promotionne son «grand chu»

A l'occasion du 1er anniversaire de l'ARS (Agence Régionale de Santé), son directeur, C. Ursulet a fait un véritable «one man show». Presse écrite, radio et télévision, tout était bon pour présenter l'application locale de la loi HPST (Hôpital-Patients-Santé-Territoire) et son fleuron, le nouveau « grand CHU » fusionnant le CHU de la Meynard, le CH du Lamentin et le CH de Trinité. Le montage, prévu pour début 2012, a été promotionné comme étant la solution pour « adapter les institutions à la réalité » et pour que «la vérité des hôpitaux soit dite».
De quelle vérité s'agit-il ? Est-ce la vérité sur les déficits actuels des hôpitaux et sur comment les combler pour un meilleur fonctionnement de la Santé et de meilleures conditions de travail pour les agents ? Vous n'y êtes pas !
La réalité est plutôt celle... de budgets de la Santé toujours en diminution, au nom de la crise.., et des cadeaux faits sur l'argent public aux banquiers et aux marchands d'armes... La réalité, c'est aussi que contrairement à ce qu'il prétend, ce directeur cherche à faire « passer en force », son plan, sans réelle concertation avec les professionnels de santé et surtout sans tenir compte de leurs propositions. Quant aux syndicats, il dit carrément que « certains défendent des positions corporatistes ». Cela en dit long !