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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n°1047 du 23 avril 2011/Page 1

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EDITORIAL: Il faut une augmentation de tous les salaires et l'échelle mobile des salaires

Les travailleurs de l'énergie sont toujours en lutte en Martinique, Guadeloupe et sur l'île de la Réunion. Ils se battent pour exiger l'application d'un texte de 1972 qui leur donne droit aux 40% de vie chère. Comme ils perçoivent déjà 25%, ils réclament les 15% restants. En Guadeloupe, mardi 19 avril à l'aube, les gendarmes sont intervenus brutalement contre le piquet de grève devant l'usine de Jarry-Nord.
En Martinique, après les grosses coupures d'électricité, provenant d'ailleurs souvent des manœuvres de la direction, le milieu patronal a déclenché une bataille d'opinion contre les grévistes. Mais ces derniers tiennent bon. Le principal responsable de cette grève est la direction qui n'hésite pas elle-même à violer la légalité en refusant d'appliquer un texte. Mais de plus, cette grève est un exemple pour l'ensemble des travailleurs. Car elle devrait inciter d'autres secteurs à mener la lutte pour des augmentations de salaire.
Depuis le début de l'année, les travailleurs de différents secteurs : employés municipaux, métallurgie, bâtiment, dockers, La Poste, chauffeurs de produits pétroliers, Weldom en Martinique et/ou en Guadeloupe se battent. Ils le font pour faire respecter leurs droits mais aussi pour améliorer leur pouvoir d'achat.
Ils ont d'autant plus raison que l'augmentation des prix sur les produits de première nécessité (les loyers, les assurances diverses, le gaz, l'électricité, les produits alimentaires de base) rogne leur salaire semaine en semaine
Les salariés des supermarchés Carrefour en France ont aussi montré la voie en débrayant, nombreux, samedi 9 avril. Il s'agit pourtant d'une entreprise où il n'est pas simple de se mettre en grève ; comme ceux du groupe de construction Eiffage qui sont en grève sur de gros chantiers ; comme les travailleurs de l'usine Toyota, à Onnaing dans le Nord de la France qui ont mené 12 jours de grève, il faut que les travailleurs réclament leur dû. À savoir une augmentation substantielle des salaires, largement justifiée au regard de l'augmentation du coût de la vie, au regard aussi des profits emmagasinés par les grandes sociétés, y compris depuis que la crise s'est installée.
Contrairement à ce qu'on voudrait nous faire croire, les salariés de l'énergie ne sont pas des privilégies. Nombreux sont les salaires qui tournent autour de 1,6 fois le smic, autour de 1800 euros, après des années de travail.
Ce n'est donc pas, à eux, d'arrêter leur grève mais au contraire à nous autres dans les autres secteurs à nous mettre en lutte pour des augmentations de salaire. D'autant que les 35 à 40% de chômage endémique aux Antilles-Guyane et encore plus sur l'île de La Réunion pèsent lourdement sur le pouvoir d'achat des travailleurs. Comme pèse aussi la précarité de, l'emploi qui n'est que du chômage déguisé. Alors qui prend' qui' en otage ? Les travailleurs qui se battent pour le droit de vivre plus dignement ou l'Etat et le patronat responsable d'une situation sociale particulièrement dégradée ?
Oui, il faut imposer à l'Etat et au patronat des augmentations de salaire. Et mieux encore, il faut leur imposer des augmentations régulières en fonction de  l'augmentation du coût de la vie, il faut imposer l'échelle mobile des salaires et des pensions !

Guadeloupe: Grève de l'énergie mauvais calcul de la direction d'EDF

Rappelons que le 25 mars dernier à l'appel de la Fédération CGTG de l'énergie, les employés de la Centrale Thermique du Moule et ceux de Diésel Export ont entamé un mouvement de grève ainsi que les agents syndiqués CGTM d'EDF Martinique. Quant à ceux d'EDF Guadeloupe, toujours à l'appel de la fédération CGTG de l'énergie ils sont entrés dans le mouvement le 4 avril. La grève est également suivie par les salariés EDF et CTM à la Réunion.
Les grévistes réclament de la direction d'EDF l'application d'un accord datant de 1972 sur l'attribution d'une prime de vie chère, au même titre que les fonctionnaires dans les DOM. En Guadeloupe et en Martinique, au lieu des 40%, les agents perçoivent actuellement une prime de 25%.
Comme réponse à la revendication des grévistes, le préfet de la Guadeloupe avait ordonné des réquisitions pour le personnel de la CTM qui fournit également la vapeur nécessaire au fonctionnement de l'usine Gardel. En fait, avec des hauts et des bas dans la production du courant électrique, surtout après l'entrée dans la grève des agents d'EDF Guadeloupe, la direction procède à des délestages tournants. Et à cette occasion, on a pu entendre S. Prudent, journaliste à Guadeloupe Première, «se lâcher» contre les grévistes de l'EDF, leur reprochant de ne pas être les plus à plaindre, eux qui touchent déjà une prime de 25% de vie chère (lui en tant que journaliste ne perçoit-il pas un peu plus de 30% ?). Et cet individu d'ajouter, pour justifier son attaque contre les grévistes, que le syndicat FO d'EDF avait pris position contre la grève et qualifié des responsables de la CGTG énergie de marchands de rêves, de mythomanes et leur revendication de chimère. Pour terminer S. Prudent va ajouter qu'il ne faudrait pas s'étonner, si les grévistes obtiennent les 15% qu'ils réclament, qu'il y ait une augmentation des tarifs de l'électricité. Et les hausses précédentes alors, c'était de la faute de qui ?
Dans ce conflit, il apparaît clairement que la direction nationale de l'EDF joue la montre et compte sur le pourrissement du conflit. Finalement le mardi 19 à 5h30, le directeur d'EDF Guadeloupe faisait intervenir les gendarmes mobiles sur le piquet de grève de Jarry. Un des grévistes a été tabassé et a dû être dirigé vers le CHU. Mais le directeur avait mal calculé son coup. Car cette intervention des gardes mobiles, loin de décourager les grévistes a entraîné un mouvement de solidarité de la part de certains syndicats n'ayant pas appelé à la grève. A l'appel de la CGTG, près d'une centaine de travailleurs se sont rassemblés devant la centrale de Jarry. Et de 10h jusqu'à 11 h, ils ont manifesté dans Jarry, profitant pour s'adresser aux travailleurs d'entreprises comme la CGM, et la SIGL. En fait la circulation sur la voie principale de Jarry a été perturbée jusqu'à 14h. Le directeur de l'EDF n'était très certainement pas fier de lui après cette action, compte tenu des explications fumeuses qu'il a avancées pour la justifier.
La grève continue donc à l'heure où nous écrivons.

Martinique: Les grévistes d'EDF n'ont pas baissé les bras

Depuis plusieurs semaines, les grévistes d'EDF des DOM, affiliés aux syndicats CGTG et CGTM, exigent de la direction nationale l'application d'un accord signé en 1972 portant sur une majoration des salaires identique à celle des fonctionnaires. En Martinique, les agents d'EDF touchent jusqu'à présent une majoration de 25% au lieu des 40%. A partir du 25 mars dernier, les agents EDF affiliés à la CGTM se sont mis en grève illimitée.
Au début de la semaine dernière, le nombre des grévistes était moins important, mais ceux qui sont en lutte sont toujours déterminés. Ils ont choisi de se regrouper à l'entrée de l'agence Les Cascades à Fort de France. Avec banderoles et sono, ils se sont adressés à leurs collègues non grévistes, mais aussi ils rendaient les accès des bornes de paiement des factures inaccessibles. Puis, ils se sont rendus au centre technique de Sainte Thérèse et au siège social de Pointe des Carrières.
Parallèlement, ils ont continué d'interpeller leur direction mais aussi les pouvoirs publics et les élus pour expliquer leur revendication. Ils ont dénoncé le fait que l'Etat ne respectait pas l'accord signé. Ils ont exigé, dans leurs interviews que la direction nationale organise une table ronde pour négocier l'application des 40%.
La direction locale, après s'être montrée très distante, a fini par accepter de transmettre la demande des grévistes à la direction parisienne. Et le vendredi 15 avril, tard dans la journée, la direction nationale annonçait qu'elle était prête -à organiser une table ronde avec tous les syndicats sur les problèmes liés à la cherté de la vie...
Au moment où nous écrivons, les grévistes d'EDF Martinique n'ont pas fait connaitre la position qu'ils allaient prendre. En tout cas, ils n'ont pas l'intention de baisser les bras.
Ils ont annoncé d'ores et déjà qu'ils avaient le soutien de plusieurs syndicats de la CGTM tels celui des camionneurs des produits pétroliers ou celui des ouvriers dockers ou celui de la Santé.