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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n°1046 du 9 avril 2011/Page 4

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Porto-Rico : Grève des travailleurs de l’Université.

Les travailleurs de l’Université de Porto-Rico, membres du syndicat Hermandad Empleos Exentos No Docentes, ou HEEND (la fraternité des employés non enseignants) ont décidé de se mettre en grève le jeudi 31 mars afin de maintenir la pression durant les négociations qui se déroulent entre le syndicat et la direction de l’administration de l’Université.
         Les réunions de médiations se poursuivent au sein du Département du Travail et des Ressources humaines. Face à un patronat qui ne cesse de violer la convention collective depuis deux ans, les travailleurs demandent son respect et l’ouverture des négociations sur l’augmentation des salaires et autres bénéfices économiques.
         De plus, ils réclament leur participation à la prise de décision surtout en ce qui concerne la mobilité des travailleurs. L’administration veut décider sans l’avis des professeurs et des travailleurs de leur déplacement sur d’autres sites universitaires. Ils souhaitent maintenir la solidarité syndicale avec tous les travailleurs de l’université, et aussi  avec les professeurs et les étudiants. Par
ailleurs, des étudiants se sont joints au mouvement et parmi eux l’Unión de Juventudes socialistas, (Union des jeunes socialistes). L’un de ses membres, Ian Camilo Cintrón Moya, a lancé un appel de solidarité entre les étudiants et les travailleurs car la direction de l’université affiche la même arrogance  envers les étudiants en les obligeant, tout comme les travailleurs et les professeurs, à aller travailler quand ils sont en grève. Le Gouvernement a ainsi quadrillé les entrées de la faculté de policiers, afin de poursuivre sa politique d’intimidation contre les grèves.  
         Mais la détermination et la solidarité de toute la communauté universitaire, travailleurs, enseignants et étudiants, pourront mettre en échec cette politique anti-ouvrière et répressive.

Haïti : Michel MARTELLY futur président, les bourgeois sont tranquilles.

Lundi 4 avril, le Conseil électoral provisoire a annoncé l’élection de  M. Martelly à la présidence d’Haïti avec 67,57% des voix contre 31,74% à  Mirlande  Manigat, selon les résultats préliminaires du second tour du 20 mars.
Le chanteur se réclamant de la jeunesse et des paysans aura obtenu  plus de voix de la population que la sénatrice, épouse de l’ex-président Manigat. Ces résultats ont donné lieu à des explosions de joie à Port-au-Prince. Nombreux étaient ceux qui scandaient le nom de Martelly comme lors du premier tour après qu’il eut forcé à la démission le candidat soutenu par Préval. Il existe un courant de sympathie en faveur de « Sweet Micky ».
Malgré les 5.000 morts du choléra et les 800.000 rescapés vivants toujours dans les camps, une bonne fraction de la population pauvre s’est déplacée pour ce vote. Elle espère un changement dans sa vie quotidienne et a porté ses espoirs sur le populaire Sweet Micky. 
Il se présente sous les couleurs du parti “Repons Peyizan”. Lors des débats il avait développé son programme autour de la «rupture». “Je suis le changement et le changement est en train de gagner les élections”. “Je n’ai jamais été impliqué dans la politique. J’ai les mains propres”. En direction des paysans il promet une réforme agraire pour relancer la productivité.
Ce sont des promesses sans cesse répétées. Michel Martelly qui n’est pas connu pour avoir exprimé une quelconque opposition à la bourgeoisie, ou pour avoir demandé que les propriétaires terriens n’expulsent pas les habitants des camps, a déclaré d’une part qu’il est prêt à travailler avec Baby Doc et d’autre part qu’il prend exemple sur Aristide en utilisant des formules telles que “Ce ne sera pas facile mais avoir un leader qui est aimé, adulé, en qui le peuple a confiance, ça aidera déjà beaucoup”,
Derrière Martelly et Manigat se trouvent les gens de la même classe, des bourgeois. Ces derniers sont prêts à adopter une façade populiste avec un Martelly du moment que cela ne nuit pas à leurs intérêts. Le 23 mars dernier les importateurs de produits pétroliers ont fait monter les prix prétextant une hausse de prix du pétrole sur les marchés internationaux. Les patrons de l’import export se sont engouffrés dans la brèche en augmentant les prix du sac de riz et du sac de sucre, et le gouvernement de Préval n’a toujours  pas réagi.                                                     Martelly devra  attendre la proclamation des résultats définitifs, le 16 avril prochain, pour savoir s’il va effectivement succéder à René Préval. Un temps qui pourrait être  mis en œuvre par les pauvres, les travailleurs qui espèrent un changement dans leur situation pour avancer leurs revendications et faire pression pour qu’aboutissent entre autres :
- La réquisition des terres pour la construction d’habitation,
- Le respect dans les entreprises du salaire minimum ainsi que      -        - L’application des mesures d’hygiène préventive de lutte contre le choléra.
Ils doivent en outre exiger que soient décrétées la baisse des prix des produits de première nécessité et la mise en application d’un programme d’urgence minimum pour les pauvres.
Mais ce sont les travailleurs et les pauvres qui ont le plus de chance de l’imposer par leur propre lutte.

Martinique : A propos du Communiqué de la FSM : « il faudra un jour nettoyer la cave »

Les agents d’EDF, dont une antenne est implantée à Trinité, n’ont pas eu la chance de bénéficier du soutien de L-J. Manscour dans la lutte qu’ils mènent contre leur direction. Loin de là.
         Dans un communiqué daté du 30 mars, Manscour, après avoir «rappelél’attachement de la FSM (Fédération Socialiste de la Martinique) à la défense du droit syndical, conquête sociale majeure, qui ne saurait être remise en cause », a enchaîné, en montrant son vrai visage. Il a «invitéles agents de l’EDF à revoir leur stratégie au regard des préjudices graves, dommageables et irréversibles que leur revendication fait subir à l’ensemble des populations, aggravant une situation économique et sociale particulièrement dégradée». Il a dénoncé «une logique catégorielle qui prend tous les martiniquais en otage», et  conclu en demandant «aux autorités de l’Etat (préfet) d’assumer pleinement leurs responsabilités pour rétablir la sérénité et la paix sur notre territoire». Demande entendue, puisque les gendarmes mobiles et les policiers ont été envoyés sur les sites de Pointe-des-Carrières et de Bellefontaine.
         Pas un mot sur le bien-fondé de la demande des agents de l’EDF ! Pas un mot pour appeler la direction à respecter les accords signés.
         Pas un mot pour demander aux autres travailleurs de se mobiliser pour soutenir les EDF et prendre exemple sur leur lutte !
         Après les prises de position du PCM donnant des leçons aux dockers en grève sur l’art de la négociation, voilà une voix supplémentaire, qui se présente comme un responsable politique d’un parti qui se dit de «gauche», supposé donc défendre «la classe ouvrière, les travailleurs et ses revendications», qui, non seulement ne soutient pas ces derniers dans leur combat, mais pire, joint aujourd’hui sa voix à celles des patrons et autres réactionnaires de tout poil pour dénoncer et condamner ceux qui luttent, ceux qui osent encore défendre leurs droits face à cette clique d’exploiteurs et de voleurs.
         Comme l’a écrit Jack London : « Il faudra un jour nettoyer la cave pour construire une nouvelle habitation pour l’humanité, où l'air qu'on y respire sera propre». C’est plus que nécessaire ici, car la cave est vraiment sale !

Martinique : EDF grève pour le respect de l’accord sur les 40% de vie chère

Depuis le 25 mars, les salariés d’EDF sont en grève dans le cadre d’un mouvement inter-DOM. Les grévistes réclament de la direction  l’application d’un accord datant de 1972 sur l’attribution d’une prime de vie chère, au même titre que les fonctionnaires dans les DOM. En Martinique, au lieu des 40%, les agents perçoivent actuellement une prime de 25%.
Après un premier coup de semonce les 24 et 25 février, ils ont déclenché une grève illimitée à compter du 25 mars. La première semaine, la grève était suivie respectivement par 60 et 80% des agents des centres de production de Pointe des Carrières et Bellefontaine. Dans les quatre agences de Trinité, Rivière Salée, Schœlcher et Fort de France, il y eut un peu moins de grévistes. Et au siège social de Pointe des Carrières où se trouve une bonne partie de l’encadrement, la grève ne fut suivie que par une minorité. Les lundi 28 et mardi 29 mars, les grévistes n’assurant pas leurs interventions et les moteurs fonctionnant déjà à flux tendus, les coupures de courant ont été nombreuses et ont touché 20.000 à 40 000 abonnés par tranches tournantes.
Tout en disant que la réponse aux revendications des grévistes devait venir de Paris, la direction elle, s’est montrée belliqueuse au nom de la soi-disant nécessité du maintien du service public. Dès le mardi, elle assignait des grévistes devant le tribunal de Grande Instance. En début d’après midi, elle faisait intervenir des gardes mobiles devant l’usine de Bellefontaine pour que les équipes d’astreintes assurent la maintenance des moteurs. Mercredi et jeudi, elle annonçait comme un trophée de guerre, «la remise en marche de 2, 3 ou 4 moteurs», sans dire qu’en fait ce n’était pas les grévistes qui décidaient de priver les usagers d’électricité, mais bien son comportement imbécile et irresponsable. Dans le même temps, elle se lançait dans une campagne de dénigrement contre les grévistes et particulièrement les responsables syndicaux, en incitant à mettre en ligne leurs photos pour éventuellement les livrer à la vindicte populaire.
Face aux désagréments occasionnés, une partie des usagers, reprenant la sempiternelle prétendue «prise en otage» venant du milieu patronal face aux grèves, s’est manifestée, surtout sur les radios. Après les interventions tonitruantes de la direction, un «collectif s’est constitué sur Face Book» et une cinquantaine de personnes se sont retrouvées le samedi 2 avril devant l’usine de Bellefontaine, pour manifester contre les coupures de courants à EDF. Il est à noter que la plupart des personnes présentes dans cette manifestation et montrées par la télévision ne ressemblaient guère à celles qui se retrouvent habituellement à manifester contre la vie chère, pour des augmentations de salaires ou autres problèmes concernant la vie des masses laborieuses.                   Les grévistes venus à leur rencontre, leur ont donné quelques explications bien senties.
En tout cas, en dépit des levées de bouclier orchestrées, les grévistes ont annoncé qu’ils maintenaient leurs revendicationsCependant ils ont décidé d’assouplir  la grève,«pour soulager la population ».
         Cela dit, si cette grève perdure sur les trois « DOM », c’est essentiellement de la faute de la direction de EDF et du secteur de l’énergie.

Guadeloupe : ECHO DE L’AEROPORT

SORI : LA DIRECTION VEUT NOUS IMPOSER LES DATES DE CONGÉS…
La direction cherche à nous imposer des changements dans les prévisions de congés. Elle nous propose également de faire des heures supplémentaires.
        Toutes ces manœuvres n’ont qu’un seul but : ne pas faire appel aux travailleurs intérimaires qu’elle embauchait régulièrement les années précédentes, surtout pendant la haute saison.
 
…ET NE REMPLACE PAS LES DÉPARTS À LA RETRAITE
         On se souvient que la direction a mis en place un « plan social » lors de la perte du marché d’Air Caraïbes. Nous étions soi-disant trop nombreux.
        Aujourd’hui, un certain nombre d’employés sont partis à la retraite. Ils ne travaillaient pas pour Air Caraïbes. Ils ne sont pourtant pas remplacés, et pour faire face à la charge de travail la direction doit faire appel, de façon quasi-permanente, à des intérimaires.
        Ces derniers devraient être intégrés, puisque nécessaires à la bonne marche de l’entreprise. On constate que la direction cherche au contraire à diminuer leur nombre.
 
ERIC KOURY NE MANQUE PAS D’AIR (MAIS ON LE SAVAIT DÉJÀ)
       Le renouvellement des délégués du personnel aura bientôt lieu à EHM (Express Handling et Maintenance). Cette filiale d’Air Antilles Express (aujourd’hui CAIRE) est à nouveau dirigée officiellement par Éric Koury.
       Fait étrange, tous les documents transmis au personnel et aux syndicats portent désormais le nom d’Éric Kourry, orthographié avec deux « r ».
       On connaît la duplicité du personnage, qui a souvent « l’air d’en avoir deux ».
       Plaisanterie mise à part, on se demande si c’est vraiment le fait du hasard, ou si ce changement d’orthographe permet d’occuper des fonctions qu’un lourd passé pourrait l’empêcher d’exercer ?
 

CAMARADES, SYMPATHISANTS, AMIS,

Préparez vous dès maintenant à venir
         au Dîner dansant de  Combat Ouvrier
                           le samedi 21 mai
A la salle des fêtes du Lamentin – Guadeloupe !
Des précisions (menu, programme etc.) seront données ultérieurement