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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n°1046 du 9 avril 2011/Page 2

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Guadeloupe : Election à la présidence du Conseil Général : le même élu pour la même politique.

Sans surprise, Jacques Gillot a été réélu président du Conseil Général. Il a obtenu 39 voix sur 40. Il était le seul candidat, et a bénéficié du soutien de l’ensemble des conseillers de gauche et de droite (c’est à se demander s’il y a vraiment quelque chose qui oppose ces « deux camps »). Ses déclarations après l’élection ont été des promesses comme au cours de la campagne, des promesses dont ne sont pas dupes ceux, travailleurs et autres qui se sont abstenus comme au premier tour. Tous ces élus sont la plupart des notables éloignés des véritables problèmes de la population. Certains sont présents dans les deux assemblés ou occupent un poste de maire.  
Les campagnes électorales sont presqu’uniquement  le champ clos des attaques personnelles et l’occasion de compromis de toute sortes n’ayant rien à voir des convictions politiques. Les élus de gauche qui se font élire au nom de cette étiquette n’ont rien de gauche. Même lorsqu’ils contestent certaines décisions du gouvernement  actuellement en place, ces contestations demeurent le plus souvent stériles car elles ne vont pas plus loin que les hémicycles et les assemblées. Quand les travailleurs se mobilisent et manifestent leur mécontentement dans les rues ils les désapprouvent et ont peur d’être contestés. Ce qu’ils craignent  tous sans exception, c’est le pouvoir de la rue qui peut à tout instant renverser le pouvoir politique en place comme on l’a vu dans les pays arabes.
Après la forte mobilisation de 2009, les travailleurs et la population ont bien compris qu’ils n’obtiendront pas satisfaction s’ils attendent sur les élus. Seule la lutte paye !
 

Marie-Galante : Rien n’est réglé concernant l’avenir de l’usine de Grande-Anse.

Plus d’un mois après la date prévue pour le démarrage de la récolte sucrière, et suite aux barrages mis en place pendant quelques jours  particulièrement autour de Grand-Bourg et aux alentours de l’usine, par certains planteurs et salariés de l’usine, une première table ronde qui s’est tenue le 24 mars dernier s’est terminée par un premier accord. Cinq des six points de la réunion ont été réglés, dont la prolongation de la subvention régionale : 850 000€ pour cette année. Le sixième, concernant l’avenir de l’usine et l’implantation d’une centrale thermique a été l’objet d’une nouvelle table ronde le 4 avril.
Rappelons que certains socioprofessionnels de la filière et une très forte majorité des Marie-Galantais se prononcent contre le projet de centrale bagasse-charbon. D’ailleurs des experts se sont prononcés, qualifiant le projet de coûteux, 68 à 80 millions d’euros, et trop polluant, préférant et proposant d’autres alternatives moins coûteuses et plus propres pour l’île. 
Un autre le projet, celui d’une centrale biomasse, fonctionnant avec des cannes fibreuses et d’un coût estimé entre 40 et 44 millions d’euros a vu le jour. Le problème qu’il pose c’est qu’il nécessite la plantation de cannes fibreuses qui pour l’heure n’existent pas sur l’île. 
Concernant la pérennisation et donc la modernisation de l’unité sucrière, l’actionnaire principal déclare la souhaiter, mais, et c’est le gros problème, dit ne pas avoir les moyens financiers pour la mettre en œuvre… et tend la main vers les pouvoirs publics.
Finalement la réunion du 4 avril n’a pris aucune décision concernant le choix entre les deux types de centrales proposées. Une nouvelle table ronde pour discuter de cette question est fixée dans un mois. Mais concernant le démarrage de la récolte sucrière, une réunion tenue le 5 avril a prévu de le fixer au jeudi 7 avril, l’usine quant à elle commencera le broyage des cannes le samedi 9.
En fait la question qui préoccupe certains planteurs, des salariés de l’usine  et leurs proches, c’est celle du maintien ou pas de l’activité de l’usine et donc de leur gagne pain. On les comprend. Et pour les autres, actionnaire principal de Grande-Anse surtout, et tous les autres affairistes c’est comment faire pour, obtenir que des aides et subventions tombent.  Comment faire pour continuer à faire du profit ?
Qui avancera les sous ? Etat, Région, Département ? Pour le moment aucun ? Et c’est là le problème. 

Martinique : Un Conseil Général pas vraiment nouveau

Le deuxième tour des cantonales, le 27 mars, a été sans surprise. Si la participation (37,97%) est légèrement plus élevée qu’au premier tour, elle reste bien en dessous de celle du scrutin du deuxième tour de 2004 (54,5%). Pour le reste, aucun coup de théâtre, et même aucune tendance nette, si ce n'est la confirmation  attendue du laminage de la droite qui ne peut enregistrer que le maintien du siège de S. Saithsoothane (Forces Martiniquaises de Progrès) à Rivière-Salée.
         Pour l'élection de son président le 31 mars, le nouveau Conseil Général de 45 membres était partagé : 20 pour le groupe «Ensemble pour une Martinique Nouvelle» autour du Parti Progressiste Martiniquais et 20 pour le groupe autour du Rassemblement Démocratique Martiniquais de Claude Lise. Les cinq représentants de la droite ou sans-étiquette ont dû être l'objet d'intenses tractations et enchères ! Résultats : premier tour 22 contre 22, un vote blanc. Deuxième tour, idem. Pour le 3ème tour, C. Lise, craignant d'être éliminé en cas d'égalité par la règle de l'élection du plus âgé, se désiste en faveur du vétéran de l’Assemblée G. A. Sinosa, alors que le Rassemblement maintient la candidature de Josette Manin (Bâtir le pays Martinique) plus jeune que C. Lise ! Et celle-ci est finalement élue par 23 voix contre 22.
         L'élection qui avait été présentée, tant par les médias que les groupes en présence, comme étant un moment capital pour l’avenir de la Martinique, fut donc en réalité du mauvais comique.
         La campagne pour l'élection à l'Assemblée Unique est désormais ouverte, alors que sa date exacte (vraisemblablement courant 2012) n'a pas été encore officiellement décidée par Sarkozy, celui-ci restant le grand ordonnateur du prétendu changement institutionnel.
         Pour cette campagne S. Letchimy et le PPM peuvent estimer comme favorable le fait de pouvoir compter sur les deux présidences, celle de l'Assemblée Régionale et celle du Conseil Général. Mais les travailleurs, et les couches pauvres de la population en général n'ont rien à en attendre.
         Un journaliste de France-Antilles a remarqué ironiquement qu'en fait de changement, il suffira de s'habituer à entendre «Madame la Présidente...». Les travailleurs ne pourront constater que le remplacement de faux-amis de la gauche tendance Lise par d'autres faux-amis tendance Letchimy.  

Martinique : Suppressions de postes ; le recteur, bien que désavoué, persiste

Le lundi 28 mars 2011, le Comité Technique Paritaire Académique (CTPA) s’est réuni au rectorat pour statuer sur les 239 suppressions de postes programmées par le gouvernement dans l’académie de la Martinique. Cette réunion faisait suite à celle du lundi 21 mars 2011 qui avait été boycottée par les trois syndicats y siégeant.
Sur les mesures proposées, les syndicats ont tous voté contre, sauf pour une mesure concernant les Conseillers Principaux d’Education qui a vu un des syndicats donner son accord après modification opérée par le recteur.
A l’issue du vote, les représentants de la CGTM ont lu une déclaration rappelant que le CTPA n’était que consultatif. Ils ont rappelé que l’Etat a su trouver de l’argent lorsqu’il s’agissait de trouver des milliards pour les banques, comme en 2008 pour les sauver, pour aider le multimilliardaire Dassault avec les 800 millions pour son avion Rafale, ou encore pour les riches avec le bouclier fiscal dont le manque à gagner est estimé à 15 milliards d'euros par an. Ou encore l’augmentation du nombre de sénateurs qui est passé de 321 en 2004 à 348 en septembre 2011, alors que les «caisses sont déjà vides».
Ils ont également rappelé que le gouvernement, en annonçant la création de 210 emplois précaires supplémentaires pour 239 postes budgétaires supprimés est aux ordres du MEDEF qui, par la voix de sa cheffe Laurence Parisot, a déclaré en août 2005 que «La vie, la santé, l’amour sont précaires. Pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?». 
Ils ont conclu leur déclaration en disant que, seuls, les personnels mobilisés pouvaient mettre en échec un tel plan social. Et que pour cela, les personnels de l’Education nationale devaient se joindre aux autres travailleurs, qu’ils soient du Public ou du Privé pour imposer au gouvernement d’autres orientations.
 

Guadeloupe : la grève du 28 mars dans les écoles, collèges et lycées

La mobilisation appelée par l’ensemble des syndicats du secteur a été un succès. Selon l’administration elle-même, qui tend en général à sous-estimer les chiffres, le taux de grévistes a été de 40%. Beaucoup d’écoles primaires ont fermé, certains collèges aussi, et 500 enseignants se sont rassemblés devant le rectorat pour manifester leur mécontentement.
         Deux jours après, le 30 mars, ce sont les parents d’élèves de la FAPEG qui ont invité les collégiens et lycéens à un débrayage d’une heure pour « arrêter le démantèlement de l’école publique ».
         Globalement, pour la rentrée prochaine, l’administration prévoit de supprimer 85 postes de professeurs des écoles, 70 postes d’enseignants en collèges et lycées, et 5 postes d’administratifs. Sans oublier le non-renouvellement d’une partie des contrats aidés.
         Le Recteur de Guadeloupe met en œuvre la politique imposée par le gouvernement, qui a décidé de supprimer au total 16 000 postes dans l’éducation pour la prochaine rentrée. Cette politique d’économies dans les services publics est appliquée sans états d’âme. Par exemple, l’administration ne tient pas compte du fait que les élèves seront plus nombreux dans les collèges et lycées de Guadeloupe, selon ses propres prévisions.
         La situation est déjà difficile, et de nombreux élèves subissent l’échec scolaire. Ces suppressions de postes risquent d’encore aggraver les choses. Pour l’instant, aucune date n’est fixée pour une nouvelle action d’ensemble. Mais il n’est pas impossible que dans les semaines à venir les parents d’élèves et enseignants bloquent certaines écoles, pour obliger le recteur à revoir sa copie.

Martinique : Prix des carburants et du gaz : Le racket continue avec la bénédiction de certains.

Pour la énième fois, les prix des carburants ont augmenté en Martinique : plus 7 centimes sur le gaz oil et le sans-plomb, plus 32 centimes sur le gaz depuis le 1 avril 2011. La faute aux conflits dans les pays arabes disent les pouvoirs publics, gouvernement en tête.
Un observatoire des prix a été mis en place en Martinique, à grand renfort de publicité, pour soi-disant rendre plus transparents les mécanismes de la formation des prix. Mais force est de constater qu’il ne s’agit que d’une simple chambre d’enregistrement, un gadget, les décisions étant prises par les compagnies pétrolières.
En fait, les pouvoirs publics accompagnent les compagnies pétrolières, TOTAL en tête, qui profitent de l’aubaine pour faire les poches des consommateurs. Rappelons que TOTAL a déclaré avoir réalisé un bénéfice de 10,30 milliards en 2010, soit une augmentation de 32% par rapport à celui de 2009, et qu’elle compte distribuer 5 milliards de dividendes sur ces bénéfices.
Lors de l’annonce de cette énième augmentation, mis à part celles de certains syndicats, pas une voix pour dénoncer le racket dont sont victimes les usagers. Ce silence ne traduisait qu’une chose en fait : l’accord tacite ou l’indifférence de certains qui ne trouvent rien à redire lorsque les capitalistes préservent ou augmentent leurs profits, mais qui fustigent les travailleurs en lutte pour préserver leur pouvoir d’achat