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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n°1046 du 9 avril 2011/Page 1

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Editorial : Côte d’Ivoire la guerre avec le sang des pauvres !

Au moment où nous écrivons, les forces de Ouattara tentent de capturer Laurent Gbagbo dans sa résidence  d’Abidjan après l échec des négociations de sa reddition entre lui et le gouvernement français
L’arm         ée française est donc intervenue militairement et directement en Côte d’ivoire. Elle a bombardé les positions de Laurent Gbagbo pour permettre aux troupes d’Alassane Ouattara de réussir l’assaut final. Rappelons que c’est ce dernier qui  a été reconnu par la France et la communauté internationale comme le vainqueur des dernières élections présidentielles ivoiriennes. Mais il y a quelques années  c’est Gbagbo qui était soutenu par la France. En réalité, ce que soutient l’impérialisme français en Côte d’ivoire ce sont les intérêts des gros capitalistes français : Bolloré, Bouygues, Total, Orange Sagem et autres BNP-Paribas. C’est pour le pillage des ressources naturelles et humaines du pays, en se garantissant les ressources du marché  ivoirien que la France agit. C’est pour cela qu’elle a mis en place tous les dictateurs « élus » : Houphouët-Boigny, Bédié, Gbagbo, puis Ouattara
Que ces bombardements opérés par les hélicoptères français aient causé des centaines de morts  supplémentaires, civils et militaires, ce n’est pas le souci du gouvernement français.
  Que les affrontements qui opposent les forces armées pro-Ouattara à  celles de Gbagbo  fassent des centaines de morts,  peu importe, pourvu que les profits capitalistes soient assurés !
La guerre est  à l’intérieur des quartiers populaires. Avec des victimes par centaines. Ces victimes sont  d’abord les pauvres car les bandes armées de kalachnikov et de mortiers tirent et bombardent les quartiers ouvriers, faisant de nombreux morts surtout dans  les agglomérations autour  d’Abidjan la capitale.
Ces familles pauvres vivent  difficilement, car cette nouvelle souffrance s’ajoutent à la misère créée par le chômage, les bas salaires et la cherté de la vie.  
         S’ajoute encore  l’insécurité dans les quartiers, causée par les voyous et des bandits de toutes sortes.
         Aujourd’hui, certains sont déjà pris par ce piège mortel de la xénophobie et de l’ethnisme. Combien de morts atroces, à la machette ou brûlés vifs, compte-t-on à Abidjan ou à Duekué à ce jour, victimes soit des forces de Gbagbo soit de celles de Ouattara. ? 
Quant aux forces Onusiennes et françaises présentes en Côte d’Ivoire, il y a encore des naïfs parmi les pauvres qui pensent qu’elles sont là pour les défendre. Ont-ils une seule fois vu ces forces intervenir pour protéger les pauvres ? Même quand on tue devant leurs yeux, Elles restent impassibles !  
         En attendant, les bandes armées se multiplient, les pillages des habitations se généralisent. L’on promet une issue démocratique aux travailleurs ivoiriens, mais quelle démocratie ? Le clan  de Ouattara  comme hier celui de Gbagbo, s'arrogera le droit de puiser dans les caisses de l’Etat et de contrôler l’argent du racket ; il aura le droit d’occuper les postes lucratifs dans les entreprises d’Etat et les cabinets ministériels. C’est tout cela qui constitue le principal objet de la lutte qui  oppose les deux clans depuis des années.
         En tout cas, les vrais perdants, eux, sont connus d’avance : ce sont les pauvres !
En plus des souffrances causées par la guerre, auxquelles s’ajouteront la vengeance des vainqueurs sur les vaincus, ils n’auront que le droit de crever dans la misère !

EDF, une revendication qui vient de loin !

La revendication des grévistes de l’EDF a été réanimée en Martinique à partir de septembre 2009, lors des négociations pour l’application de l’article 6 de «l’accord régional interprofessionnel sur les rémunérations des salaries du secteur privé de la Martinique », signé après le mouvement de grève de février 2009 et étendu en juillet 2009. Cet accord prévoit une prime de vie chère pour les salaires inférieurs à 1.6% fois le SMIC, nombreux parmi les salariés d’EDF.
La direction d’EDF a refusé l’application de cet accord, répondant aux syndicats que les salariés ne relevaient pas du secteur privé mais du secteur public.
L’occasion était donnée aux syndicats de rappeler qu’il y avait bel et bien depuis février 1972, au moment de la transformation de la SPEDEM en EDF  société nationalisée, un accord stipulant que l’article 14 paragraphe 6 du statut national des Industries électriques et gazières (IEG)  bénéficieraient de l’intégralité des indemnités coloniales applicables aux fonctionnaires de l’Etat dans les mêmes territoires ».
La direction a démenti et a décrété que cette revendication était «irrecevable».Elle prévoit de continuer à donner «un complément de rémunération de 25% du salaire national», comme ce qui se pratique dans les régions de France.
Mais les salariés n’entendent pas en rester là.
Aujourd’hui, les salariés de nombreux secteurs se trouvent obligés de lutter contre des plans sociaux ou autres licenciements, plus ou moins déguisés en plans de restructuration, contre les diminutions de postes, pour le maintien de leurs salaires et des indemnités qu’ils ont du arracher. Il est doncencourageant pour les luttes futures que certains s’engagent dans une lutte revendicative  pour arracher ce à quoi ils ont droit. Il est important qu’ils puissent se donner les moyens d’arracher satisfaction et ainsi servir d’exemple à l’ensemble des salariés.

Guadeloupe : La grève dans le secteur de l’énergie

On se souvient qu’à l’appel de la Fédération CGTG de l’Energie, les salariés de la Centrale Thermique du Moule (CTM) et de Diesel Export ont entamé un mouvement de grève le 25 mars dernier. Cette grève faisait suite à une campagne d’information menée par la fédération depuis le mois d’octobre 2010. Ils ont rencontré leurs directions à plusieurs reprises à Paris et ces dernières ont saisi le conseil d’état pour faire traîner les choses car la question posée au conseil d’état ne correspond pas à la revendication des salariés. Leur revendication porte sur l’application d’un accord signé en 1972 et accordant la prime de 40 % aux salariés de ce secteur comme pour les fonctionnaires.  Les 24 et 25 février une grève d’avertissement avait eu lieu en Guadeloupe, Réunion et Martinique.
Ceux d’EDF-Guadeloupe se sont mis en grève le lundi 4 avril. Pour l’instant le mouvement a été lancé par un seul syndicat, la CGTG. La grève n’a pas encore provoqué de perturbations dans la distribution du courant électrique. A Diesel Export et CTM le mouvement est suivi par la majorité du personnel. Et comme réponse aux revendications des agents de l’énergie, le préfet a ordonné des réquisitions pour le personnel de CTM. Ce qui fait que pour l’instant il n’y a pas eu de délestage. Les salariés sont en train d’étudier la validité de ces réquisitions sur le plan juridique en vue de les contester. 
Le mouvement est fortement suivi à la Réunion et en Martinique. La Guyane n’a pas souhaité s’associer à la grève sans être contre la revendication. Pour l’instant les syndiqués CGTG sont les seuls à être en grève, les autres syndicats n’ont pas pris position. 
La direction d’EDF estime que ce conflit ne pourra pas se régler sur le plan local. Mais les salariés sont très déterminés car ils savent que leur revendication porte sur l’application purement et simplement d’un accord signé par l’Etat.