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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n°1045 du 26 mars 2011/Page 3

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Guadeloupe : extraits de L’ECHO DES TELECOM

Toujours en droit de retrait à ÉbouÉ
            Le personnel du centre Eboué de France Télécom exerce toujours son droit de retrait et ce depuis le 28 février 2011. Tous les collègues  viennent donc tous les jours devant le centre aux heures de travail. Mais nous restons à l’extérieur jusqu’à ce que la direction accepte de mettre de nouveaux locaux à notre disposition.
 
ON N’EN POUVAIT PLUS !
            Si nous en sommes arrivés là c’est que nous avons de bonnes raisons. Le manque d’hygiène, de sécurité, le bruit, les odeurs sont devenus insupportables. Le CHSCT l’atteste. Des faits simples aussi : ce bâtiment est vieux de plus de 43 ans ! Mais la direction fait la sourde oreille. Elle retrouvera certainement l’ouïe d’ici peu, car nous ne cèderons pas. 
 
La direction retrouve t-elle un début de raison ?
            Nous avons déjà obtenu de la direction  le déménagement du service «réclamation» et celui "d’activ plus". C’est là que des travaux de renouvellement d’air sont encore à réaliser Mais il faudrait que la direction débouche ses oreilles plus largement car nous avons d’autres revendications, en particulier qu’un plan de déménagement complet d’Eboué soit présenté avant fin mai 2011
 
Le personnel n’est pas responsable des pannes
            Il y a des pannes de téléphone en côte sous le vent. Et dans les raisons invoquées la direction de FT a notamment parlé de «conflits sociaux». Nous serions donc responsables de ces pannes nous, employés. Mais ces pannes existaient bien avant notre mouvement de retrait. Si la direction embauchait, si elle mettait d’autres moyens techniques et humains au service de la clientèle  et des travailleurs de FT, le service, dit «public» serait bien meilleur. Mais voilà, ces capitalistes veulent réaliser le maximum de  profits avec un service public «minimum».

Martinique : Les chauffeurs salariés de transport d’hydrocarbures sifflent la fin de la partie.

         En 2007, les chauffeurs organisés au sein de la CGTM Produits Pétroliersont entamé des négociations avec les entreprises de transport d’hydrocarbures afin de mettre en place une convention collective, convention qui n’a pu être signée qu’en fin juillet 2010, après une mobilisation déterminante des chauffeurs. Dans le cadre de ces négociations, et suite à l’intervention du préfet Dassonville qui avait réquisitionné certains chauffeurs et menacé de les trainer devant les tribunaux, un accord sur les salaires avait été signé, sous la contrainte, en avril 2007 pour une durée de trois ans jusqu’en avril 2010.                                                                         Depuis la signature de la convention en juillet 2010, les négociations salariales n’ont pas pu aboutir, alors que les salaires auraient dus être revalorisés depuis mai 2010. A la demande des chauffeurs, qui réclamaient 2 euros de revalorisation du taux horaire, mais qui sont redescendus à un euro, les employeurs ont renvoyé à une autre date les négociations, tout en répondant toujours que cette demande n’est pas « raisonnable ». Ainsi, sollicités par la CGTM PP en décembre 2010, ils ont répondu: « Du fait de la période de fin d’année, et des congés pris par les uns et les autres,les employeurs ne pourront pas se réunir avant la semaine n°2 de l’année 2011. Nous vous recontacterons à ce moment là pour fixer une nouvelle date de réunion afin de poursuivre la négociation ».                                                            Constatant qu’ils ne s’étaient pas manifestés comme ils s’y étaient engagés, la CGTM PP les a relancés fin février 2011. Là, ils ont prétexté l’arrêté des comptes et la gestion d’un pipe-line défectueux, pour encore repousser à une autre date la clôture des négociations sur les salaires. Ils ont proposés de … « laisser passer les festivités carnavalesques », pour proposer un rendez-vous le mercredi 16 mars 2011.                                                                                                                                             Lors de cette rencontre du 16 mars, non seulement, ils ont continué à dire que la demande de 1 euro « n’est pasraisonnable», mais ils ont persisté en ne proposant que … 35 centimesau motif qu’ils n’avaient prévu qu’une augmentation de 2,5% des salaires et que les compagnies pétrolières n’accepteraient pas de revoir leurs contrats. Et pressés de bénéficier du soutien des pouvoirs publics, ils ont même saisi la préfecture pour dire que les chauffeurs allaient se mettre en grève! Comprendre : si les chauffeurs devaient se mettre en grève, il faudra casser la mobilisation en les réquisitionnant!                                                                                          Les chauffeurs se sont réunis à plusieurs reprises, et quoi qu’en disent les patrons, ils ont été patients et « raisonnables »: pas de mouvement en novembre 2010 (rupture du pipe-line), ni en décembre 2010 (fêtes de fin d’année), ni durant le carnaval 2011.

PAWOL A TRAVAYÈ BANNANN

  LA  PWOFITATION COULEUR  LOCALE                                                                                                                                 40€ pourune journée de travail, samedi après midi et dimanche compris, et tout cela très certainement au noir, c'est-à-dire non déclaré à la Sécurité sociale. Et bien évidemment pas question de congés payés et de journées fériées payées.   C’est la situation que subissent certains travailleurs de la banane…mais des camarades immigrés sans papier.                                                                                                  Ce n’est certainement pas par amour pour ces camarades que certains patrons les embauchent en priorité mais surtout parce qu’ils peuvent « pwofiter » au maximum de leur situation de détresse et d’incertitude.
 
UNE  MENACE  CONTRE  TOUS             
            Finalement, si nous n’y prenons garde et ne mettons pas tout en œuvre pour exiger les mêmes salaires et les mêmes conditions de travail pour tous, camarades immigrés compris, les patrons de la banane vont finir par imposer à tous une aggravation de nos conditions de travail.                                                  Et ce n’est pas l’envie qui leur manque, car tous les patrons de Guadeloupe, petits ou grands,  n’arrêtent pas de se plaindre du montant trop élevé des charges sociales. Et charges sociales signifie pour eux, tout ce qu’ils doivent débourser pour les travailleurs…mais jamais leur profit…   
 

Martinique : extraits de CHANTIERS EN LUTTE

Ces voleurs
Certains patrons du bâtiment refusent d’appliquer la convention collective du bâtiment. D’autres n’appliquent que ce qui les arrangent, même lorsqu’ils spécifient sur les fiches de paie de leurs salariés la convention collective en question.
Bien souvent ils ne leur paient ni la prime de transport ni la prime de panier. Cela représente pour chaque salarié qui se trouve dans cette situation un manque à gagner s’élevant à 343,50 € brut par mois.
Résultat, cette somme reste dans les poches de ces patrons-là.
 
… qui s’en mettent plein les poches
Ce n’est pas tout, ces exploiteurs ne s’arrêtent pas là. Pour gagner encore plus de profits, ils font certains de leurs salariés exercer la fonction de chef de chantier ou de chef d’équipe mais les paient au taux horaire de l’OQ2.
Dans ces conditions, ces salariés se retrouvent dupés et volés par leur patron. Ils perdent beaucoup d’argent sur leur salaire, somme qui peut atteindre 400 € brut par mois.
On voit bien où sont les pwofitê vôlê.
 
Et ce sont aussi des magouilleurs
D’autres méthodes courantes sont utilisées depuis des années par le patronat du bâtiment ou de la métallurgie. Il dépose leur bilan pour ensuite entamer des licenciements économiques.
Ils se remplissent d’abord les poches. Puis, souvent avec l’aide de leur avocat, ils préparent  à l’avance leur mauvais coup contre les travailleurs. Alors, ils leur déclarent que l’entreprise rencontre des difficultés financières sans avancer aucune preuve, ni  ouvrir leurs livres de compte.
Cette pratique inadmissible finira tôt ou tard par leur exploser au visage avec  la colère de la classe ouvrière.
 

ECHO DE POLE EMPLOI

PRIME DE PERFORMANCE : DEUX POIDS DEUX MESURES ! 
La DG annonce le paiement de la prime de performance sur le salaire de mars, pour les salariés de droit public. Cette prime est à l’image de Pôle Emploi : la survivance d’une des nombreuses disparités entre agents publics et agents privés.
Pourtant, s’il y a performance, ce sont tous les agents qui sont à l’origine de celle-ci.
 
A QUAND LE MEILLEUR DES DEUX ?
Au mois de mai, les collègues du privé percevront une prime de vacance équivalente à un mois de salaire.
Pour la direction, l’un dans l’autre ces différentes primes s’équilibrent. En réalité, elles ne reposent pas sur les mêmes bases et tout un chacun le sait bien à Pôle Emploi.
Dans la même entreprise rien n’empêche la direction d’aligner tous les salaires vers le haut. Mais la préoccupation de ceux qui nous dirigent est toujours la même : diviser pour mieux régner !
 

Martinique : Des employées de crèches non payées depuis plusieurs mois.

Depuis plusieurs jours, des employées de quatre crèches sont mobilisées pour percevoir leur salaire. Certaines employées n’ont rien perçu depuis décembre 2010. D’autres ont reçu un chèque qui est revenu impayé après le versement, qui bien entendu a provoqué d’autres difficultés (découvert, frais bancaires, interdiction d’émettre des chèques). Au total, ce sont plus de 50 salariées qui sont concernées.
Le président du syndicat des gérants de crèches privées est lui-même à la tête de 3 des 4 établissements en cause. Dans un autre établissement situé à Saint Joseph, la gérante est aux abonnés absents. Ces employeurs, pour tenter de dégager leur responsabilité, mettent en cause la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) qui n’aurait pas effectué le versement de ressources dues à ces établissements. Interrogé, le responsable de la CAF en charge de ce secteur a démenti et expliqué que les employeurs étaient les seuls responsables de cette situation. En attendant, ces crèches sont fermées, soit parce la gérante l’a décidé de manière unilatérale, sans en avertir le personnel comme c’est le cas à Saint-Joseph, soit parce que le personnel s’est mis en grève.
Le nombre de crèches est en nombre insuffisant. Mais malgré ce constat, malgré la demande des parents qui est très forte, les pouvoirs publics (Etat, municipalités), ne cherchent pas développer plus des structures publiques. Au contraire, ils encouragent la création d’entreprises privées dans ce secteur à qui ils préfèrent verser un fraction de l’argent nécessaire pour les faire fonctionner, les parents apportant l’autre partie. Mais comme il s’agit avant tout d’entreprises privées, donc exerçant à leurs risques et périls sur un marché, il y a toujours des aléas, soit à cause de dossier non transmis à temps à la CAF, soit à cause de la baisse de la participation des collectivités (Conseil général, etc.), soit à cause d’une gestion particulière de certains dirigeants. C’est ainsi que depuis quelques semaines un couple à la tête de deux structures dans le sud de la Martinique est en détention provisoire à la prison de Ducos car la justice aurait des choses à leur reprocher.
Les salariées victimes de cette situation, avec le soutien de deux syndicats dont la CGTM, ont entrepris de tout mettre en œuvre pour sauvegarder leurs droits, y compris en demandant à la justice de vérifier de près la manière dont ces crèches sont gérées. Car elles n’ont nullement l’intention de supporter les conséquences d’une éventuelle gestion hasardeuse de ces établissements.