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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1055 du 8 octobre 2011/Page 4

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MOYEN-ORIENT : LES GRANDES PUISSANCES ET ISRAËL ALLIÉS CONTRE LES DROITS DES PALESTINIENS.

          Le Conseil de Sécurité de l’ONU est en train de débattre sur la demande   d’admission aux Nations Unis d’un Etat palestinien, déposée par Mahmoud Abbas. Cette demande si elle aboutissait, ne changerait rien au sort des Palestiniens, parqués qu’ils sont dans les prisons à ciel ouvert que sont Gaza et la Cisjordanie. Elle aurait été pour les Palestiniens une victoire morale et une source de fierté.  
Inacceptable pour les diplomates occidentaux qui ne veulent pas tolérer l’existence d’un Etat palestinien avec des frontières de 1967. Ils ont déclaré qu’ils feront tout pour que ce projet d’Etat palestinien ne voie pas le jour.  B.Obama, lui, menace d’utiliser son droit de véto au Conseil de Sécurité contre cette demande. Quant à N.Sarkozy, il juge cette demande inopportune. En contrepartie, il propose aux Palestiniens un statut d’Etat «observateur» non membre de l’ONU, statut dont bénéficie aujourd’hui Le Vatican. C’est une insulte pour le peuple palestinien.
          Les protecteurs d’Israël que sont les pays européens et les USA, proposent la formation d’un Quartet (USA, Europe, Russie et  ONU) qui se donnera pour but la relance des négociations entre Palestiniens et Israéliens afin d’aboutir à un accord à la fin de 2012. Donc de nouvelles négociations, après des dizaines précédentes, qui n’ont aucune chance d’aboutir. Car cela fait plus de 60 ans que les Palestiniens sont lanternés de négociations en  accords sans que rien ne change. Le dernier accord en date est celui d’Oslo qui remonte à 18 ans. Israël pendant ce temps, poursuit ses constructions en territoire palestinien occupé, surtout à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Les Palestiniens eux sont expulsés de leur territoire et ce qui leur reste se réduit comme peau de chagrin. Israël bien sûr s’est empressé d’accepter, sans conditions préalables, l’idée de l’organisation de ce Quartet. Dans le même temps Tel-Aviv a annoncé la construction de 1 100 logements à Jérusalem-Est en plein territoire palestinien. C’est une nouvelle provocation aux yeux du peuple palestinien.
          Si Israël s’autorise de tels actes, s’est qu’il sait que ses protecteurs européens et américains se contenteront de quelques gesticulations  sans plus. Dans le même temps le congrès américain bloquait un don de 200 millions de dollars d’aide  aux Palestiniens en réaction à leur demande d’adhésion à l’ONU.
          Le peuple palestinien ne doit rien attendre des grandes puissances. Seule leur mobilisation avait il y a quelques années, obligé ces dernières et Israël à envisager une solution à leur revendication. Aujourd’hui le calme étant plus ou moins revenu à Gaza et en Cisjordanie occupée, on le lanterne à nouveau.   
Pour gagner leur liberté, les Palestiniens doivent pouvoir compter sur le soutien des travailleurs : ceux d’Israël victimes collatérales de la politique de leurs dirigeants et ceux des pays impérialistes qui utilisent Israël comme leur gendarme au Moyen-Orient.
 

Haïti : Martelly projette un rétablissement de l’armée

          Le président haïtien Martelly projette de rétablir les Forces armées d’Haïti, (FAD’H) qui avaient été dissoutes en 1994 par le président d’alors Jean Bertrand Aristide, revenu de l’exil américain après le coup d’Etat militaire qui l’avait renversé en septembre 1991.
          Dans un document intitulé : «politique de sécurité et de défense nationale» présenté à l’ONU, daté d’août 2001, Martelly prévoit la formation  d’une armée avec un effectif initial de 3500 hommes sur 3 ans et demi. Cette période coïnciderait avec le départ progressif de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti, Minustah.
          Dans ce document, un arrêté annonce que : «les FAD’H sont et demeurent remobilisées à partir de cette date et que les membres des FAD’H, où qu’ils se trouvent, sont enjoints de se tenir à la disposition des nouvelles autorités compétentes».
          Le recrutement des premiers militaires devrait démarrer en octobre,  novembre, avec  la création d’un haut état major intérimaire et la construction de bases militaires à l’extérieur de la capitale. 95 millions de dollars seront nécessaires à l’établissement cette force armée. Autant de millions qui manqueront à la construction ou à l’éducation, mais Martelly vend son projet dans les médias.
          Le nouveau président avance les arguments habituels que les bourgeois, les nationalistes, utilisent pour expliquer la présence de l’armée : protéger le pays d’une menace  extérieure, surveiller les frontières et, bien sûr, offrir des opportunités d’emplois aux jeunes.
          Quant à Mme Manigat, l’autre candidate à la présidentielle, elle  explique clairement ce qu’elle attend de l’armée, qui a été seulement mise entre parenthèse : «La force armée dont nous avons besoin, c'est une force qui doit être spécialisée, pour la défense des institutions de l'État dans les cas où il y aurait des troubles et que la police ne serait pas en mesure de rétablir l’ordre».
          L’armée a déjà joué son rôle après la chute de Duvalier quand la bourgeoisie craignait une explosion de la colère de la population pauvre, puis pendant la période du coup d’Etat de 1991 où elle a terrorisé les habitants des quartiers populaires à la recherche de partisans d’Aristide.
          Martelly devant le retrait programmé des militaires des Nations Unies, prépare le terrain pour la bourgeoisie. L’armée en Haïti, comme dans tous les pays capitalistes, est l’instrument de répression de la classe possédante, et son rempart pour la défense de ses intérêts.

RSA : Les parasites et les assistés ne sont pas ceux qu’on veut nous faire croire … mais les patrons

               Le gouvernement veut imposer aux bénéficiaires du RSA des emplois sous peine de supprimer leurs allocations. Bien sûr ce sont des emplois précaires que devront proposer des Municipalités et des Régions. Ce projet pour l’instant sera mis à l’essai dans certaines Régions. Mais il ne règlera en rien le problème du chômage.
          Du travail ce n’est pas ce qui manque !  Pour ne citer que la fonction publique où avec des suppressions d’emplois un travailleur effectue la tâche de deux. Si l’Etat voulait réellement préserver l’emploi il aurait dû commencer par ne pas en supprimer. La mesure concernant les bénéficiaires du RSA est purement hypocrite. Elle consiste en fait à satisfaire une opinion qui considère les chômeurs comme des paresseux et des assistés. Or en 2008, soi-disant pour aider l’économie à redémarrer, à qui les pouvoir publics ont-ils versé des dizaines de milliards d’euros ? Est-ce aux chômeurs, aux Rmistes, aux retraités ?  N’est-ce pas la BNP, la Société Générale, le Crédit Agricole, PSA (Peugeot-Citroën) Renault, pour ne citer que les plus grosses. Ne parlait-on pas récemment de recapitaliser pour un montant de plusieurs  milliards les banques françaises ?
          Mais le gouvernement veut se faire bien voir par les électeurs réactionnaires à l’approche des élections présidentielles de 2012. N’est ce pas Sarkozy qui se plait à déclarer qu’il aime la France qui se lève tôt ! Mais les patrons ne se lèvent ni tôt ni tard. Les travailleurs se tuent à la tâche. Ce sont les capitalistes qui pourrissent l’économie car leur seul travail c’est de spéculer, leur seul effort c’est de gonfler leur  porte-monnaie quitte à plonger la société dans le cahot.

17 octobre 1961 : plusieurs centaines d’algériens massacrés à Paris

Le 17 octobre 1961, quelque 40 000 Algériens, dont des femmes et des enfants, manifestèrent à Paris à l’appel du FLN (Front de Libération Nationale de l’Algérie). La répression sanglante des forces de police, sur ordre du Préfet de police Maurice Papon, fit au moins 200 morts.
          La guerre d’Algérie durait alors depuis près de sept ans. Le 6 octobre 1961, Maurice Papon ordonna un couvre feu touchant la population algérienne en France, qui devait rester confinée chez elle de 20h30 à 5h30 du matin. Les regroupements étaient interdits et les Algériens devaient circuler isolément. Les débits de boisson accueillant ordinairement des Algériens devaient fermer à 19h. Ces mesures racistes et vexatoires étant soi-disant destinées à prévenir des attentats du FLN.
          C’est en particulier contre ce couvre-feu et pour l’égalité et le droit à l’indépendance que plusieurs dizaines de milliers de personnes, à l’appel du FLN, convergèrent de toute la région parisienne vers le centre de Paris ce 17 octobre, bravant ainsi les interdits de Papon.  
          L’ordre de réprimer vint de la préfecture. Plus de 10 000 personnes furent arrêtées, conduites dans des centres de détention, dont des stades (Palais des sports, stade Coubertin) et bien souvent furent tabassées.  De nombreux manifestants furent tués et pendant des jours, des cadavres furent repêchés dans la Seine. Il y eut vraisemblablement plus de 200 morts ce jour là parmi les manifestants, mais les porte parole de la police parlèrent dans un premier temps de deux morts, puis estimèrent de 30 à 50 le nombre de tués. Cependant 150 cadavres furent repêchés dans le fleuve, et il y eut au moins 50 assassinats directement dans la cour de la Préfecture de police. Ces chiffres restent sans doute bien en dessous de la réalité puisque de nombreux morts ont pu être enterrés en secret par crainte de la police.
          Ce carnage ne s’arrêta pas au 17 octobre : du 18 au 21, il y eut d’autres arrestations, d’autres assassinats. Et quelques mois plus tard, en février 1962, une manifestation en faveur de l’indépendance de l’Algérie à laquelle avait appelé le Parti Communiste, se solda par plusieurs morts, abattus ou écrasés dans leur tentative de fuite à la station du métro Charonne.
          Le colonialisme et ses sbires ne font preuve d’aucun état d’âme et sont prêts à réprimer sauvagement toute tentative d’un peuple à redresser la tête et à revendiquer son droit à l’indépendance ou tout simplement son droit à une vie décente. En Guadeloupe et en Martinique, des manifestations et des grèves ouvrières furent réprimées dans le sang (1952, 1967...). Les sept ans de guerre d’Algérie ont fait plusieurs centaines de milliers de morts. Et encore aujourd’hui, l’armée française intervient tous azimuts pour défendre les intérêts des capitalistes nationaux. Pour mettre fin à ces guerres, à cette répression, il faudra renverser le capitalisme car seuls ses intérêts sont défendus à travers toute cette barbarie.

SERVIER OU COMMENT SOIGNER SES RELATIONS

L’enquête menée au sujet de l’affaire du Médiator donne un petit éclairage sur les liens occultes qui unissent groupes pharmaceutiques et hommes politiques.
     Les enquêteurs ont, en effet, mis la main sur un ensemble de lettres et de cartes d’invitation de Jacques Servier, le patron des laboratoires du même nom, concernant en particulier les ministres de la Santé, comme Douste–Blazy, Roselyne Bachelot, Bernard Kouchner, ou encore Eric Woerth, qu’il rencontrait à l’occasion de réceptions mondaines. Servier ne négligeait aucun de ces petits cadeaux susceptibles d’entretenir l’« amitié » : financement d’universités de la santé, généreuses donations, envoi de caisses de champagne…
Ceux qui y verront un rapport avec les facilités multiples et prolongées dont a bénéficié Servier ont l’esprit mal tourné. Quoique ?