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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1055 du 8 octobre 2011/Page 2

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Martinique : M.L. Penchard vient profiter du Soleil

M.L. Penchard (ministre de l’Outre-Mer) était présente en Martinique les 26 et 27 septembre. D’après ce qui en a été rapporté, ses déclarations aux «acteurs économiques», au sujet du futur, et éventuel, «grand port antillais», ont été tout sauf précises.     
A ce stade elle ne veut exprimer aucun choix entre le «projet guadeloupéen» et le «projet martiniquais», se bornant à rappeler, en bon défenseur des intérêts capitalistes, que des investissements privés doivent être sollicités : «Je ne suis pas venue pour lever les ambigüités… Je serai vigilante sur les projets de financement… » (Réponse au président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Martinique).
          Accrochée par une journaliste au journal du soir de Martinique 1 télévision, elle ne sera pas plus précise sur un sujet brûlant pour toutes les couches populaires en Martinique : le niveau des prix à la consommation. Sommée de déclarer quelque chose sur l’important décalage entre les prix en France et en Martinique, avec à l’appui un rappel des revendications des grévistes de février 2009, M.L. Penchard n’a su, piteusement, que déterrer  «l’avantage climatique» qui réduit ici à zéro les dépenses de chauffage… Une réponse provocatrice, qui a été jugée comme telle par de nombreux travailleurs.
 

Guadeloupe: Le chômage et la précarité s’aggravent

          Les chiffres du chômage pour le mois d’aout 2011 sont tombés. Le chômage s’accroit et la précarité ne faiblit pas. Officiellement le nombre de demandeurs d’emploi s’élève à 66300 toutes catégories confondues. L’augmentation est de plus de 7% sur une année. 
Ce chiffre officiel ne reflète qu’en partie la réalité. En effet, un nombre important de chômeurs ne se réinscrivent plus car ils se découragent. Ainsi, le nombre de radiations suite à un arrêt des recherches est en augmentation de 8,6% et les cessations d’inscription pour défaut d’actualisation de 5%. Le nombre de chômeurs de 50 ans et plus a augmenté de près de 20% en un an !             Le licenciement économique est l’un des motifs d’inscription en hausse constante sur les trois derniers mois. L’inscription suite à un licenciement économique augmente de 37,8% en août, les fins de missions d’intérim de 10% et les autres licenciements de 4,8%. Les autres motifs d’inscription, démission, fin de contrat à durée déterminée, ou reprise d’activité sont en recul.  
Quant au chômage de longue durée, il frappe plus de la moitié des personnes inscrites à Pôle Emploi, ce qui signifie que ces personnes sont inscrites pour plus de la moitié d’entre elles depuis plus d’un an au chômage ! Elles étaient 32820 en août.
          Les petits boulots, les emplois en CDD, en contrats aidés ou en mission d’intérim continuent à augmenter parallèlement aux licenciements économiques. En août les offres d’emploi de 6 mois ou plus recueillies, baissent de 18,3%. Celles de moins de 6 mois augmentent de 23,2% ! Cette situation d’augmentation du chômage et de la précarité frappe de plein fouet les travailleurs. Face à la concurrence nombre de petites et moyennes entreprises sont obligées de déposer leur bilan ou utilisent ce prétexte pour se débarrasser à bon compte des salariés les plus anciens.     
Pour lutter efficacement contre cette dégradation continue de nos moyens d’existence, il faudra s’en prendre directement aux plus gros capitalistes qui continuent à faire du profit et les obliger à partager le travail entre tous, sans diminution de salaire.
                                                                                                                      

Martinique : Nouveau projet pour le port : l’Etat se tâte pour décider qui financer

La question de la participation de l’Etat au financement du projet d’extension du port de Fort de France a été abordée par la ministre de l’Outre Mer M.L. Penchard, la semaine dernière, lors de sa visite en Martinique.
Il s’agit d’un  projet de la CCIM, concessionnaire du port sous tutelle de la préfecture depuis plus de 50 ans. Il est basé sur le développement possible de l’activité portuaire au cas où la Martinique serait retenue pour l’implantation d’un HUB (plateforme) de transbordement et de redistribution de marchandises prévu avec l’ouverture en 2014 d’une 3 écluse du Canal de Panama. En effet cette nouvelle écluse beaucoup plus large que les précédentes construites il y a un siècle, devrait augmenter de façon considérable d’activité commerciale en provenance de l’Asie du sud (Japon, Chine, Corée). Le financement du projet est estimé à 80 millions d’euros.
Les commentateurs ont noté que la ministre ne s’est pas prononcée sur un éventuel choix de l’Etat en faveur du projet de la Guadeloupe ou de celui de la Martinique qui sont tous deux en compétition. Celle-ci, fidèle exécutante du gouvernement Fillon-Sarkozy, a annoncé qu’elle « serait vigilante sur les projets de financement », ce qui n’est que très normal. Par contre quand elle déclare que les sommes à investir «ne doivent pas avoir de répercussions sur le pouvoir d’achat de la population», les travailleurs auraient tort d’y croire, car cela n’a jamais été le souci des gouvernants de préserver le pouvoir d’achat de la population.
En ces temps de crise, l’Etat entend bien avoir l’œil sur les différents et nouveaux partenaires, associés désormais à la gestion du port, pour continuer de décider à qui devront profiter les sommes investies et surtout les profits qu’elles pourront générer.
Précisons que l’application de la réforme portuaire initiée dans les ports de France depuis Juillet 2008, est en gestation dans les ports d’Outre-mer, dans le but, dit-on, d’accroitre leur compétitivité.
Ainsi, à Fort de France, l’actuelle direction sera remplacée par un Conseil de surveillance (composé de représentants des collectivités locales et notamment de la Région, de la Chambre de commerce et de l’État) ayant  pour mission de définir les projets stratégiques du port et un directoire, chargé lui, de l’exécution des missions. Les représentants des personnels eux sont au nombre de trois, alors que six syndicats sont représentés sur le port. Un deuxième volet de cette réforme portant sur le transfert de l’outillage public et des salariés (grutiers et portiqueurs) à des entreprises privées.
L’analyse faite par la CGTM sur son site montre que les salariés du port seraient bien inspirés d’être très vigilants pour ne pas se laisser dépouiller au moment où tomberont les nouvelles cartes de ce jeu d’importance entre les grands patrons capitalistes, notamment ceux de l’import-export et de la grande distribution et leur Etat.
 
 
 
Extraits de l’article du site CGT Martinique Différents aspects du projet de loi portant réforme des ports d’Outre-mer
……. L’objectif étant pour faire des « affaires », d’accueillir désormais les bateaux sortant des chantiers navals et transportant entre 14.000 et 18.000 containers, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui.
         L’autre idée c’est bien sûr une forte transformation des processus de production d’activité. Dans les faits, de meilleurs rendements du travail qui seront introduits par le déploiement de «systèmes de transport intelligents», propos dissimulés qui visiblement veulent dire qu’à des fins de réduction des coûts et de compétition économique, la gestion des transport va vite introduire des dispositions de contrôles sous support de nouvelles technologies (GPS, utilisation de navigateurs, capteurs vidéos, technologies sans fil etc.). Avis aux salariés des entreprises de transport terrestre.
          Un deuxième aspect de cette «compétitivité accrue» est déjà mise en œuvre par les réunions de «concertation» initiée par le Conseil Régional. Cette démarche consiste à trouver les voies de la «pacification» des rapports sociaux sur le port de Fort de France. Le but est sans doute de faire intégrer l’idée patronale de «sanctuarisation du port» où passent toutes les marchandises du grand commerce, ou encore l’autre idée patronale qui consiste à exiger la mise en place «d’un service minimum» comme pour se préserver les bonnes affaires même en cas de conflit sur le port entre les dockers et leurs employeurs. Avis aux salariés dockers qui n’auront qu’à bien se tenir !
          Voilà en substance pour ce qui concerne les salariés, ce qui sera remis en cause. Pour l’instant tout le reste, textes lois et directives européennes ne sont que littérature……


Martinique :Sénatoriales Martinique : Jean qui rit et Jean qui Pleure

          Le dimanche 25 septembre 2011 ont eu lieu les élections pour désigner les deux sénateurs qui représenteront la Martinique au Palais du Luxembourg. Il y avait 8 postulants dont les deux sortants, C. Lise et S. Larcher pour les deux sièges à pourvoir.
          Finalement, ce sont Maurice Antiste, maire du François et allié du PPM qui a été élu dès le premier tour, et S. Larcher, sénateur sortant, dont l’adhésion récente au PPM a donné lieu à des remous, qui ont été élus.
          Quant à C. Lise, dissident du PPM, il a été «balayé» avec son mouvement, le RDM, et ses alliés du MIM. En effet, après avoir perdu les régionales en 2010 avecA. Marie- Jeanne au profit d’une coalition menée par le PPM, il avait perdu en mars 2011 le Conseil Général au profit de cette même coalition. Dans cette affaire, il aura été moins prévoyant que son compère Larcher qui a su changer de cap au bon moment pour occuper la place au PPM.
          Que dire de plus sinon qu’il existe deux autres gagnants depuis ces deux élections car, non-cumul de mandat oblige, Antiste sera remplacé au Conseil Régional par J-C. Duverger, et au collège du Saint-Esprit par un enseignant qui jusque là n’avait pas de poste et qui se verra attribuer son service.

Éducation : Primes à la casse pour les cadres

            Depuis le début du mouvement de colère des parents d’élèves, des lycéens, et des enseignants contre les classes en sureffectif, les suppressions de postes et aussi de certaines options etc., on n’a jamais entendu, en tout cas sur les médias, aucun chef d’établissement se plaindre de ces problèmes. Quant au Recteur et autres Inspecteurs, ils sont toujours « sereins », car pour eux « tout va très bien… ».
          Or pour toute personne douée d’un peu de bons sens, il est évident que tous ces problèmes, les classes surchargées notamment, ne peuvent avoir que des effets négatifs sur les chances de succès des enfants. C’est à se demander si tous ces gens là, Recteur, Inspecteurs, chefs d’établissements sont doués d’un peu de bon sens.  
          Détrompez-vous ils en ont ; et plus qu’il n’en faut. Alors pourquoi cette attitude ?
          Est-ce tout simplement parce que depuis cette année, tous les dirigeants de l’Éducation nationale perçoivent maintenant des primes, en plus de leurs confortables salaires ? 
          Par exemple, les chefs d’établissement ont droit à 6 000€ tous les trois ans, s’ils mettent en œuvre avec zèle les politiques ministérielles : suppressions de postes et d’options, et réformes en tous genres. Pour les recteurs c’est encore mieux : la prime peut atteindre 22000€ par an, en fonction de la « réalisation des objectifs qui leur seront assignés ». Comprenez : selon le nombre de postes qu’ils auront réussi à supprimer.        
On n’ose pas le croire !