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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n° 1055 du 8 octobre 2011/Page 1

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Editorial :LA CRISE EST DEJA BIEN CHEZ NOUS, LES TRAVAILLEURS DOIVENT PREPARER LA RIPOSTE

C’est pratiquement tous les jours que les médias parlent des problèmes auxquels sont confrontés les travailleurs des pays comme la Grèce, l’Irlande, etc.. dont les gouvernements cherchent une solution aux déficits de leurs budgets. Ils prennent des mesures drastiques qui visent surtout à faire payer les travailleurs : licenciements dans le secteur privé et la fonction publique, réduction des salaires, diminution des pensions de retraite, augmentation des impôts directs et indirects, hausse des prix, pour ne citer que cela. 
Et d’ici, aux Antilles, pour nombre d’entre nous, cela semble loin, et ne pas nous concerner. Tout est fait pour nous détourner de la dure réalité et il y a toujours, mis en avant par les médias, des évènements visant à nous distraire : manifestations sportives (tour cycliste de la Guadeloupe, tour des yoles en Martinique), élections sénatoriales. Mais la réalité reprend toujours le dessus. Rien que depuis les 5 ou 6 derniers mois, il y a en Martinique : 229 licenciements du secteur BTP ; 239 postes d'enseignants supprimés à la dernière rentrée. Dans l'hôtellerie le PLM est passé de 160 emplois à 60 et le projet de l'employeur est de ramener l'effectif salarié à 30 unités ; à l'association Adapéi (enfance inadaptée) 17 salariés ont été licenciés dans le cadre d'un plan social. Et ce n’est pas fini : à laChambre des métiers 5 ou 6 salariés n'ont pas été réintégrés à suite à une réorganisation. Il y a eu récemment des licenciements chez Match et Cora. Chez But et Géant Casino, des plans de licenciements sont en cours en prévision de la réouverture de concurrents. Sans compter les centaines d’emplois aidés, précaires certes, mais qui permettaient à beaucoup d’avoir un petit revenu, qui ont été supprimés. Le chômage touche déjà 25% de la population active de Martinique.
Pour les jeunes de moins de 25 ans, le chiffre énorme, presque incroyable est de 62%. Il en va de même en Guadeloupe : A Soguanet, 60 salariés ont perdu leur emploi ; à Guadeloupe Ravalement 9. Les 250 employés des supermarchés UNIMARKET-Super U en redressement judiciaire sont inquiets quant au maintien de tous les emplois. A la Colas, la fusion envisagée avec la SOGETRA est une menace pour certains des 116 salariés. Des supermarchés BAGGS ont fermé, avec bien sûr des licenciements à la clé. Et la Sécurité sociale entendant réclamer à nombre d’entreprises le règlement de leurs dettes, l’avenir s’assombrit pour nombre de travailleurs. Quant aux contrats aidés, ils étaient 6 000 en 2009 avec des contrats pouvant aller jusqu’à deux ans, mais depuis quelques mois, tout est fait pour que la durée des contrats n’excède pas 2 fois 6 mois. Et n’oublions pas les 170 potes supprimés par le rectorat.
Les derniers chiffres publiés par Pôle emploi en Guadeloupe : 66 300 chômeurs (7% de hausse), 32 880 d’entre eux en chômage depuis plus d’un an. Voilà la triste réalité auxquels sont confrontés les travailleurs, les jeunes et toute la population laborieuse de la Guadeloupe et de la Martinique. La société capitaliste est en crise. Pour essayer de s’en sortir, les classes possédantes et les hommes politiques à leur service ont déjà commencé et vont continuer à prendre des mesures pour faire payer les travailleurs. Ces derniers peuvent protéger leurs intérêts fondamentaux, leur emploi et leur salaire par l’action collective pour des revendications leur permettant de vivre : répartition du travail entre tous et échelle mobile des salaires et des minima sociaux. C’est un objectif vital pour eux et pour tous ceux qui sont dans leur camp.

Guadeloupe : Education : Grève du 27 septembre ; un premier succès

Les enseignants de Guadeloupe ont été majoritairement en grève le mardi 27 septembre. Les propres chiffres du rectorat sont de 52% de grévistes dans le primaire, et 35% dans le secondaire (le calcul du rectorat fait qu’au moins un tiers des grévistes n’y sont pas comptabilisés).      
La manifestation a rassemblé près de 1000 personnes. En tête il y avait les parents d’élèves en lutte contre les fermetures de classe, avec des pancartes disant par exemple « moins de classes = plus de prisons ». Cette forte mobilisation montre que les problèmes qui se posent en cette rentrée sont réels, malgré les discours du recteur qui affirme que tout va bien. Les 160 suppressions de postes ont des conséquences graves : classes fermées, élèves sans professeurs, enseignants répartis sur trois établissements entre Ste Rose et Port Louis, etc.     
Ces difficultés vont aggraver l’échec scolaire, alors que la Guadeloupe est déjà classée avant-dernière académie de France. Pour que chaque enfant ait vraiment une chance de réussir, il faut que le gouvernement rétablisse les moyens dans l’éducation, au lieu de donner toujours plus d’argent aux banques et aux marchands de canons     
Pour l’instant, le gouvernement fait la sourde oreille, et affirme qu’il va encore supprimer 14000 postes l’année prochaine. Pour le faire changer d’avis, il faudra d’autres mobilisations, plus durables et plus massives.
 

Martinique : La grève du 27 septembre dans l’Education nationale

Plusieurs syndicats d’enseignants ont appelé les personnels à participer  au mouvement de grève de 24 heures le mardi 27 septembre 2011. La nouveauté c’est que des enseignants qui exercent dans des établissements privés s’étaient également joints à ce mouvement. En effet, l’Etat, qui paye les salaires de personnels des établissements sous contrat, a décidé de supprimer 1350 postes dans le Privé sur les 14000 prévus au total.
Trois syndicats avaient donné rendez-vous rectorat pour manifester, un autre syndicat, la CGTM Education, avait convié les personnels à se rassembler à la Maison des Syndicats.
Selon les chiffres publiés par le rectorat, un tiers des personnels en moyenne ont cessé le travail pour dire leur désaccord avec la politique du gouvernement dans le secteur de l’Education. La participation a été de plus de 50% dans le premier degré (Primaire).
Il s’agissait là du premier mouvement de protestation pour cette année scolaire. C’est d’ailleurs l’argument avancé par une des deux principales fédérations présente au rectorat qui avait d’ailleurs appelé très mollement à manifester.
Il n’y a certes pas eu la participation escomptée, mais cela ne signifie nullement que les agents de l’Education nationale adhérent sans réserves aux orientations gouvernementales. Il ne fait aucun doute que les personnels devront se retrouver plus tard, et notamment lorsque le ministère mettra en œuvre les mesures décidées par le gouvernement, en dépit des demandes de sursis exprimées par certains responsables syndicaux reçus par le recteur.