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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n°1051 du 18 juin 2011/Page 4

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Martinique: UAG : un président qui fait un pont aux groupes patronaux!

          Le journal France-Antilles du 30 juin commentait une réunion tenue par le président de l’Université des Antilles-Guyane, (UAG), Pascal Saffache, à l’occasion du 30 anniversaire de l’UAG. A cette réunion étaient présents des représentants des organismes publics, tels le rectorat, le BRGM (bureau de recherches géologiques et minières)  l’INSEE ou l’ARS, des collectivités telles la Région ou la CACEM, mais aussi, note France-Antilles, des associations patronales telles le MEDEF-Martinique ou Contact-Entreprises. Le président de l’UAG a proposé la mise en place d’une Conférence des acteurs du développement universitaire et territorial (Conadut) pour, toujours selon le journal, construire une relation de partenariat avec les acteurs majeurs du développement économique, social et culturel.
Ce serait aussi l’occasion de renforcer le partenariat avec le monde patronal et ses valeurs, pour ne pas dire ses intérêts…. C’est ainsi qu’un représentant de Contact Entreprises annonçait : « C’est pourquoi à l’image de GBH (Groupe Bernard Hayot) –qui a créé une fondation avec l’UAG, nous allons nous engager encore plus avec l’université, car les entreprises ont besoin de cadres et l’innovation passe par leur présence ».Bernard Hayot vient d’être classé en 173 position des fortunes de France par le magasine Challenge !
En cela, l’actuelle politique de l’UAG est fidèle aux orientations de ceux qui dirigent, développées par l’ancienne ministre V.Pécresse. Justifiant le désengagement de l’Etat par rapport aux besoins de l’enseignement supérieur et de la recherche, ils prétextent de rechercher de nouveaux financements et se mettent à la solde des gros possédants. Selon ceux-ci, une Université n’est pas faite pour permettre aux jeunes intellectuels de s’épanouir par la connaissance, de développer des recherches apportant des progrès dans le développement et aussi la compréhension et le fonctionnement de la société et du monde. Mais cela doit être une Université le plus possible formatée pour les chefs d’entreprises pour qu’ils y trouvent leurs «cadres et contrôleurs de gestion» et à terme, développent les seuls aspects scientifiques qui pourraient leur servir concrètement et… de façon sonnante et trébuchante 
« La bataille à mener, y compris à l’Université, c’était de défendre l’économie de marché et l’entreprise», disait un des patrons  de l’UIMM (union des industries métallurgiques et minières) dans les années 90. En facilitant la tâche au patronat qui revendique de pouvoir dire son mot dans l’enseignement supérieur et en cherchant à se faire applaudir, Saffache montre simplement qu’il est dans cette droite ligne, un intellectuel aux ordres.

Haïti : L’Etat toujours défaillant face au retour du choléra

     En Haïti, le président Martelly a peut-être fini par trouver un Premier ministre. Gérard Rouzier l’industriel qu’il a désigné le 16 mai n’ayant pas fait l’affaire, Martelly l’a remplacé par un autre qui cadre avec les demandes des possédants et les exigences des parlementaires. En effet, le 6 juillet il a proposé Bernard Gousse, un avocat qui a été ministre de la Justice et de la Sécurité publique de 2004 à 2006. Il a présenté B. Gousse comme  « un homme capable de l’aider à mettre de l’ordre dans le pays. » Mais de quel ordre s’agit-il, sinon celui des possédants ? Ceux qui connaissent Gousse n’en doutent pas. Mais 16 sénateurs, qui lors de son passage au ministère de la Justice ont  été emprisonnés, ont signé une déclaration refusant de le ratifier.Mais pendant que les politiciens bataillent autour des différents postes de larbins des nantis, plus de 18 mois après le séisme, la population pauvre se demande toujours quand se fera la reconstruction du pays. A quand la réalisation des promesses annoncées, à grands renforts de publicité, lors des différentes réunions des bailleurs à New-York ou à Punta Cana en Dominicanie et ailleurs ? Pour l’instant, ces promesses se résument à quelques centaines de baraques. Six mois après le séisme, ces abris provisoires prennent à la longue le statut de logements privilégiés au regard des 500 000 personnes qui vivent encore sous les tentes. Ceux qui ont réussi à s’extirper des camps de sinistrés ne le doivent qu’à la solidarité entre les pauvres et à leur énergie. C’est cette énergie qui leur permet de se lever pour aller faire une journée de travail dans la zone industrielle pour moins de 2€, à la merci du choléra, vu l’absence d’hygiène publique. Avec les pluies, le choléra flambe de nouveau et la directrice de la santé a lancé depuis le 5 juillet une alerte-choléra pour les départements du Nord autour du Cap et du Sud et autour de Cavaillon pour apparition de nouveaux cas. Les ONG ont retiré une partie importante de leur personnel laissant la place à l’Etat haïtien. Mais la faillite du secteur public, en particulier la distribution d’eau potable par l’État, est aussi une des principales causes de la recrudescence de l’épidémie dans le pays.

Haïti : Les causes réelles de l’épidémie de choléra

Haïti : Les  causes réelles de l’épidémie de choléra
          Une étude menée par les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) dit avoir trouvé la cause de l’épidémie de choléra. Elle indique qu’« il y a une corrélation exacte en temps et lieu entre l’arrivée d’un bataillon de soldats népalais venu d’une région aux prises avec une épidémie de choléra et l’apparition des premiers cas à Meille quelques jours après ». La rivière de Meille, que les soldats népalais, faute de mieux, utilisaient en guise de WC aurait donc agi comme «le vecteur» de diffusion du choléra vers le fleuve Artibonite puis dans le pays. Possible. Les coupables ? Les soldats népalais ? C’est un peu facile et cela dédouane bien vite le rôle ou l’absence de rôle de l’Etat haïtien et aussi des grandes puissances et autres ONG qui ont été pour le moins légers dans la prévention de la maladie. Les lenteurs incroyables dans la reconstruction du pays montrent bien aujourd’hui, l’incurie, et le je-m’en-foutisme des institutions officielles envers les pauvres. Mais, si tant est que la contagion viendrait des soldats népalais en mal de WC, c’est précisément parce que rien de sérieux n’avait été organisé pour construire des toilettes de camping appropriées. Et dans l’état de délabrement dans lequel était plongé Haïti après le séisme, il aurait fallu prévoir le risque de maladies contagieuses comme le choléra et prendre toutes les précautions nécessaires en amont. Oui, ce sont bien des mesures d’urgence exceptionnelles, des mesures de guerre, qu’il aurait fallu prendre. Cela, pourtant, les grandes puissances savent bien le faire avec leurs troupes, en campagne, en Afghanistan, en Irak et ailleurs.

Guadeloupe : Aggravation du chômage

          Les derniers chiffres de l’INSEE concernant le chômage en Guadeloupe sont clairs. Dans toutes les catégories on assiste à une aggravation qui perdure depuis plus d’un an. Toutes catégories confondues le chiffre officiel des demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi s’élève à 66 100 en mai 2011.                               Le nombre de demandeurs d’emploi qui n’ont pas du tout travaillé dans le mois (catégorie A) a augmenté de 1% sur un mois et de 7,2% en un an. Il s’établit à plus de 55 000 personnes.
          Ceux qui ont travaillé moins de 78 heures ou plus de 78 heures dans le mois (catégories B et C) mais sont toujours à la recherche d’un emploi sont aussi plus nombreux.
          Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A, B, C de moins de 25 ans augmente de 7,7 % sur un an et celui des 50 ans et plus augmente de 20,6 % sur un an. De même, en mai l’allongement de la durée d’inscription au chômage se confirme. Les demandeurs d’emploi inscrits depuis plus d’un an  ont augmenté de 10% de mai 2010 à mai 2011 et sont aujourd’hui 31860 contre 28810 en mai 2010.
          Et pourtant, l’IEDOM, dans son dernier bulletin, prétend que la situation économique de la Guadeloupe commence à s’améliorer deux ans après la grève générale de 2009. Les mensonges de ceux qui nous dirigent ne trompent plus personne. Après la grève générale certains ont voulu faire croire que c’était elle  qui avait plombé les entreprises. Ils ne se gênaient pas pour faire comme si la Guadeloupe était à l’abri des effets de la crise financière des subprimes. Pourtant, aujourd’hui les licenciements se poursuivent, et la précarité n’a jamais été aussi importante.
          Le nombre de chômeurs indemnisés par le Pôle Emploi est lui aussi en diminution car bien souvent, les salariés précaires n’ont pas travaillé suffisamment pour prétendre à une allocation chômage ou alors les patrons refusent de délivrer les attestations permettant de percevoir cette allocation. La dégradation de la situation des chômeurs se poursuivra car les classes possédantes et les gouvernants à leur service sont bien décidés à continuer de nous faire payer la crise économique de leur système.                                                                                                     Pour inverser la tendance il faudra reprendre le chemin de la lutte d’ensemble, exiger la répartition du travail entre tous et prendre sur les profits des grosses fortunes pour imposer des salaires décents.

Martinique : Des petits patrons aux abois ! Changement de langage!

Aujourd’hui, les patrons de la CGPME (Confédération Générale du Patronat des Petites et Moyennes Entreprises) actionnent la sonnette d’alarme contre la crise actuelle. C’est nouveau ! Jusqu’à ces temps derniers, ils préféraient entonner avec ceux du MEDEF, les trompettes anti-grévistes !
Dans le quotidien du 05/07/11, le Président de cette association Alexandre Richol lui-même, patron de l’entreprise de sécurité SAS «… veut alerter l’opinion sur la question des impayés de la commande publique », avec «… en ligne de mire : les hôpitaux et certaines communes ». Et selon lui, les petites entreprises qui sont les plus victimes de ces impayés sont celles qui relèvent du domaine des espaces verts, de l’ingénierie, du nettoyage, du curage, du matériel médical ou encore de la sécurité.
Il y en a «… qui ont des impayés sur 2011 et quelques-unes sur 2010 » souligne ce président. Pour rajouter : «on est entrain de rentrer dans une spirale où plus personne ne sait comment il va exister demain ».
Voilà donc des petits patrons qui disaient hier encore que s’ils connaissaient des difficultés c’était à cause des grévistes de Février-Mars 2009  et qui se disent aujourd’hui menacés par les restrictions budgétaires de l’Etat  dans les hôpitaux et les Collectivités.
Et quand le journaliste lui demande : Jusqu’où êtes-vous prêts à aller à la CGPME ? Richol répond : «On a saisi la Région et l’ARS (Agence Régionale de Santé) pour trouver une solution. Si ça ne marche pas, ce sera la mobilisation générale. J’ai aujourd’hui des patrons qui me disent qu’ils sont prêts à aller dans la rue ». Chiche !