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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n°1051 du 18 juin 2011/Page 2

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Guadeloupe : Déclaration de Combat Ouvrier sur LKP

LKP a pris naissance en tant que regroupement d’organisations décidées à mener une lutte unitaire sur des objectifs précis (voir liste des revendications).
          48 organisations de différents types se sont retrouvées pour appeler l’ensemble des travailleurs à une grève générale, et à mobiliser toutes les catégories sociales qui se reconnaissaient dans le cahier de revendications : petits producteurs agricoles, pêcheurs, artisans, transporteurs, etc. 
          LKP  a donc regroupé :
          - des organisations syndicales, presque sans exception, représentant les travailleurs salariés,
          - des organisations politiques représentant des perspectives différentes,
          - des associations de type culturel (Akiyo, Voukoum Mas ka klè.), de type écologique,
          - des associations de défense des droits d’usagers (locataires etc.),
          -  et des représentants des personnes dites handicapées etc.
 
          C’est cette diversité dans l’unité d’action qui a fait la force de LKP, car elle a permis de mobiliser les couches les plus larges de la population. C’est cette diversité dans l’unité d’action qui a suscité l’enthousiasme et l’adhésion de couches populaires nouvelles tout au long des événements de 2009.
          Le «noyau dur» de la mobilisation fut constitué par l’action propre des travailleurs des entreprises privées et publiques, action qui fut relayée ensuite, lors des barrages par les initiatives populaires qui se sont développées dans un grand nombre de quartiers.
 
          Aujourd’hui, nous sommes à deux ans et demi de la grève générale de 2009, après deux ans de mobilisations et de luttes qui ont ensuite persisté sous diverses formes, mais à une échelle beaucoup moins large. La situation n’est plus la même et n’offre pas les mêmes possibilités.
          Cela pose des problèmes pratiques, qu’il aurait fallu régler et qu’on pouvait régler par accords entre les différentes organisations de LKP, sans avoir à se poser le problème de la transformation de LKP par l’adoption d’une orientation générale sous forme de charte ou de déclaration politique.
          Nous avons tenu depuis le début à ce caractère du mouvement qui était de reconnaître la diversité des organisations politiques et autres tout en étant unitaire. Ces deux aspects essentiels étant complémentaires. Il était vital pour le mouvement qu’il puisse choisir entre les différentes lignes qui incarnent des perspectives politiques différentes. Les uns voulaient donner au mouvement un caractère de classe et d’autres entendaient lui donner un caractère nationaliste. Et voilà qu’un certain nombre d’organisations ont voulu enlever au mouvement ce caractère là pour le doter d’un texte politique, «Nature, Objectif et Orientation du LKP », comme base minimale d’adhésion au LKP et liant tout le monde sur une conception qui n’était pas la nôtre et sans doute pas celle d’autres organisations. C’était non seulement nier ce qu’était LKP au début du mouvement, mais  c’était lui donner une autre orientation alors que les masses n’étaient plus présentes pour choisir.
          D’autres tendances que la nôtre, n’accepteront pas cette évolution. Ce texte, «Nature, Objectif et Orientation du LKP», soit il devient bidon, car recouvrant une unité politique factice, soit il est contraignant et il fera partir tous ceux qui ne sont pas d’accord avec. De même, nous a été imposé un texte intitulé «Charte Culturelle du LKP» avec lequel nous sommes en désaccord et qui a été publié sans même en avoir discuté avec l’ensemble des organisations.
 
          Nous disons qu’il n’aurait pas fallu changer une façon de faire qui avait démontré son efficacité dans la grève générale et les barrages, dans les grèves en tous genres en 2009 et 2010.
          Notre position est donc la suivante depuis le début : LKP est une union de lutte d’organisations, avec des orientations politiques et des formes organisationnelles différentes. La base de leur accord était de s’opposer de façon unitaire à toutes les formes de pwofitasyon et d’exploitation, afin d’améliorer les conditions matérielles et morales d’existence des travailleurs et des classes populaires. En cas de nouvelle montée des mobilisations, ce sera aux masses exploitées en mouvement de déterminer les voies et moyens de notre évolution future, de notre libération, de notre émancipation en choisissant entre les différentes orientations qui leur sont proposées et en modifiant le cas échéant leurs choix en fonction de l’approfondissement de la lutte et de leur propre maturation. C’est pourquoi nous, Combat Ouvrier, ne pouvions participer à aucune tentative destinée à doter LKP d’une ligne politique préétablie en dehors des masses, position qu’un certain nombre d’organisations voudraient imposer aux travailleurs et qui demain conduirait à empêcher les ouvriers de mener leur politique indépendante et les soumettre par avance à une direction qui ne représente pas leurs intérêts. Une telle position est de nature à gommer ce qui a fait la force du LKP, c'est-à-dire la diversité de ses constituants.
          Nous prenions donc position pour le maintien du statu quo et la poursuite de la vie et des activités de LKP telles qu’elles s’étaient déroulées tout au long de 2009. C'est-à-dire l’addition de nos forces, la diversité, et l’expression publique de nos points de vue. Car c’était bien cela le LKP du début et pendant la grève générale
          Nous résumons souvent notre position par cette formule : «marcher séparément frapper ensemble» pour reprendre une expression de Lénine.
 
          Nous avons refusé d’entrer dans une énième discussion ou bataille de texte sur tous ces points lors de la présentation du texte « Nature, Objectif et Orientation du LKP », ni de faire obstacle plus longtemps à la volonté de certaines organisations d’émettre un texte politique qui leur est commun mais que nous refusons.
           L’évolution du LKP et la volonté de certains d’imposer un texte politique commun nous a poussés à prendre nos distances avec cette nouvelle mouture du LKP.
           Toutefois, CO se joindra dans l’unité d’action, à toute manifestation unitaire allant dans le sens des intérêts des travailleurs et de la population laborieuse, avec LKP et ses composantes. Et il appellera à participer à ces actions.
 
Pour Combat Ouvrier :
Lita Dahomay
Max Céleste
                                                 11juillet 2011    

Guadeloupe : Les Commissions Médicales d’Etablissements se mettent en branle

          Le mardi 5 juillet dernier,  La conférence régionale des Commissions Médicales d’Etablissement (CME)  a organisé une journée d’information et d’échanges sur la situation de l’hospitalisation publique en Guadeloupe, à laquelle ont été invités des élus, des syndicats du personnel hospitalier etc.
          Dans leur invitation, ils déclarent :  
…….« Les responsables médicaux de l’ensemble des établissements publics de santé, constatent quotidiennement les graves difficultés des hôpitaux de la Guadeloupe. Leur responsabilité en matière de qualité et de sécurité des soins ne leur permet pas de demeurer silencieux devant la réalité des problèmes actuels et devant les incertitudes de l’avenir….. ». En fait au cours de cette journée d’information, les directeurs des CME des hôpitaux : CHU-PàP-Abymes, CHSBT, et de Saint Martin et tous les autres participants ont déploré le manque de concertation et d’information de la part des pouvoirs publics mais en des termes très mesurés. Pour eux, il faut tenir compte des surcoûts liés à l’éloignement des DOM par rapport aux fournisseurs. De plus on ne peut pas coller ici en Guadeloupe ce qui est décidé pour la France, parce que les niveaux de vie ne sont pas les mêmes, celui de la Guadeloupe et celui de St Martin étant inférieurs à celui de la France.Que faire pour obliger le gouvernement à tenir compte de ces différences, rien n’a été décidé pour le moment. Quant aux agents hospitaliers, certains ont déjà fait entendre qu’ils n’entendent pas être les victimes de la politique du gouvernement.Nous publions ci-dessous un texte paru dans le journal « EN AVANT » du syndicat CGTG du CHU.
 
  NOUS NE SOMMES PAS RESPONSABLES DU PRETENDU DEFICIT ET  N’AVONS PAS L’INTENTION D’ACCEPTER DES SACRIFICES  POUR LE COMBLER                                                                                     Dans une lettre adressée au directeur de la CME du CHU PàP/Abymes, avec copie au D.G, la directrice générale de l’ARS note que : « …vous faisant son porte-parole (de toute la communauté hospitalière) vous avez indiqué que la situation financière du CHU était une préoccupation forte de l’ensemble du personnel… ». Rien  à redire, effectivement tout le personnel, dont nous sommes des représentants élus aux différentes instances (CTP, CTE, CHSCT) est soucieux de la situation financière du CHU. Par contre quand Mme Willaume ajoute : « …Conscients des conséquences du déficit sur le paiement des fournisseurs et des entreprises des travaux, les membres du CHU ont la volonté de fournir les efforts nécessaires au redressement des finances de l’établissement », on voudrait savoir qu’est-ce qu’elle entend par efforts ? S’agira-t-il pour nous, personnel , d’accepter une dégradation de nos conditions de travail : allongement des journées de travail, report de nos congés, non-prise de nos récupérations, travail sans matériels adéquats, etc.. Là nous sommes obligés de dire qu’il n’en est pas question. Le personnel n’est pas responsable du prétendu déficit. Prétendu car il est apparu du jour où les gouvernants ont décidé de changer la donne, à savoir tout chambouler par une réduction drastique des moyens attribués au service public de Santé, introduction de la T2A, réforme Hôpital-Patients-Santé-Territoire, alors que dans le même temps l’argent public allait être versé à profusion aux capitalistes du privé. Des secteurs très rentables seront attribués aux privés, le dernier exemple en date étant le transfert de toute une partie du service d’hémodialyse du CHU à la clinique chirurgicale du Gosier. Conséquence de cette politique : Les cliniques privées vont donc fleurir, et l’hôpital public sera confronté à des difficultés.                                                                        On nous dit que l’Etat n’a pas d’argent, que les caisses sont vides alors que d’un claquement de doigt on trouve de l’argent pour aller faire la guerre en Lybie soi-disant au nom de la liberté des peuples, pour faire la guerre au peuple Afghan.                                                                                                                                      Et  surtout, nous a-t-on jamais demandé, à nous personnel, notre avis sur la gestion du CHU. Alors, il n’est pas question pour nous d’accepter des sacrifices. Loin de là, nous appelons d’ores et déjà tout le personnel à se tenir mobilisé pour nous prémunir contre les mauvais coups qui ne vont pas manquer de pleuvoir dans les jours à venir.
!


Martinique : Des hausses de prix qui continuent…. jusqu’au prochain coup de colère de la population !

Le «Spécial Conso» du journal France Antilles du 30 juin rend compte des derniers relevés sur les prix des articles de première nécessité réalisés par l’association des consommateurs du François.
Le dossier fait apparaître la comparaison des prix d’un panier de la ménagère entre la Martinique et la France. Vu la hausse des prix pratiqués sur l’alimentation ces derniers mois en France, les écarts ont un peu diminué mais les chiffres du panier-type resteraient bien supérieurs à 20%. En rentrant dans le détail, on voit que sur les fruits et légumes la hausse est de 33% ou que sur la viande fraiche elle est de 60%. Quant à la différence sur les produits non alimentaire, sur 51 produits, elle serait de 27%...Comme en France et peut être plus encore, les marges que se servent les patrons de la grande distribution sont jugées par les autorités comme «excessives». L’Observatoire des prix et des marges, créé il y a quelques mois, n’a toujours pas les éléments pour les analyser.
De tels résultats ne constituent pas une surprise pour les familles de travailleurs qui constatent tous les jours que le coût de la vie en Martinique n’arrête pas d’augmenter et de façon exagérée.
Par contre, lorsque les travailleurs, notamment dans le secteur du privé (commerce, agriculture, bâtiment, métallurgie), ont négocié en 2011 leur salaire dans le cadre des NAO (Négociation Annuelle Obligatoire), ils se sont retrouvés face à un patronat avare qui n’a voulu accorder que des miettes aux salariés.
Ce patronat n’a pas compris le premier avertissement que leur a donné la population durant la grande grève de février-mars 2009, où des dizaines de milliers de gens exigeaient une baisse réelle du coût de la vie et de véritables augmentations de salaire.
En tout cas, même si la population ne semble encore pas prête à descendre dans la rue, on ressent bien parmi elle un ras-le-bol contre ces hausses incessantes des produits de première nécessité, des loyers, de l’eau, de l’électricité, de la bonbonne de gaz ou du gazoil, etc.

Martinique : extrait de CHANTIERS EN LUTTE

des augmentations insuffisantes
          Dans la Métallurgie, et dans le cadre des NAO, c’est après plusieurs réunions pour certains d’entre nous, que nous avons obtenu les résultats suivants  en terme d’augmentations de salaires.
A Armat, nous avons obtenu 2 % d’augmentation et une prime exceptionnelle.
A Armature des Antilles  5,5 % d’augmentation. Et une prime de rendement et de transport.
A Biométal  l’augmentation des salaires s’est soldée à 2 %.
C’est toujours ça de gagné. Mais quand on regarde de plus près, cela ne fait pas le compte. Parce que les prix des produits de première nécessité, des loyers, de l’électricité, des transports, de l’essence ou du gaz n’ont pas cessé d’augmenter.
Alors, si nous voulons que nos salaires correspondent au coût de la vie, il faudra nous organiser et nous préparer pour imposer que les augmentations correspondent à l’augmentation des prix. C'est-à-dire l’échelle mobile des salaires.