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Archives de CO/CO de l'année 2011/CO n°1051 du 18 juin 2011/Page 1

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Le gouvernement ne touche pas aux riches mais fait les poches des travailleurs et des pauvres !

Voilà des années que  les camarades des syndicats des hôpitaux de Martinique et de Guadeloupe se battent contre la dégradation générale de la situation dans le secteur de la santé. En particulier, les camarades de la CGTG du CHU Pointe à pitre-Abymes et de la CGTM (Martinique).Ces derniers mois, ils ont multiplié les interventions, les grèves, les rassemblements les protestations. Car la situation des hôpitaux s’aggrave. Les déficits sont abyssaux, le manque de personnel est flagrant, à tel point que des erreurs sur les soins, dus à la fatigue du personnel surchargé sont de plus en plus fréquentes. Le manque de matériel ou sa vétusté ne permettent pas toujours un suivi performant des malades. Beaucoup de médecins, en Martinique et en Guadeloupe ont rejoint la protestation des syndicats. La journée de protestation du 20 juillet lors du passage de Xavier Bertrand en Martinique prend donc toute sa raison d’être. D’autant qu’en France, les travailleurs hospitaliers et la population connaissent les mêmes problèmes.
Cette situation n’est pas un fait isolé du contexte général. C’est l’un des aspects de la crise de l’économie capitaliste mondiale. Pour faire des économies tous azimuts, les Etats et donc l’Etat français cherchent à faire des économies sur toutes les dépenses publiques. Alors qu’il dépense sans compter pour mener des guerres en Afghanistan, en Lybie et des interventions militaires dans beaucoup d’autres pays, le gouvernement français sacrifie carrément les besoins vitaux de la population. Avec l’évolution de la crise de la dette, il faut encore s’attendre à bien pire et pas seulement dans le domaine de la santé. Tous les services publics sont touchés. Les suppressions de postes sont légion. Les médicaments sont de moins en moins remboursés ainsi que les soins.
Les gouvernements endettés font les poches de la population sous bien d’autres formes aussi : augmentation des impôts, en particulier de la TVA, de l’essence, recul de l’âge de la retraite, hausses des prix des carburants. Et cela ne fait qu’aggraver la situation des travailleurs et de la population laborieuse, aux prises avec des salaires qui stagnent, des hausses de prix tous azimuts.
Parallèlement, l’Etat sait trouver des milliards pour les capitalistes. Les 35 milliards du grand emprunt de Sarkozy ont servi surtout à alimenter les caisses des grosses entreprises. Le gouvernement a annoncé le mois dernier la création d’un fonds de 400 millions pour soi-disant soutenir les nouvelles entreprises innovantes.  Les entreprises du CAC40 ont réalisé 82, 3 milliards de profits en 2010. Pourtant, ce n’est pas dans leurs caisses que l’Etat  entend prélever de l’argent, mais dans les poches des travailleurs, et même sur les maigres allocations des chômeurs ou sur les pensions de retraite.
Car l’Etat c’est l’Etat au service de la classe dominante, la  bourgeoisie ; Cette dernière poursuit une lutte de classe sans merci contre les classes pauvres.  Il faudra donc lui opposer la force organisée des travailleurs et des pauvres. Mais en réalité c’est ce système lui même qu’il faudra détruire pour le remplacer par un système fondé sur la satisfaction des besoins de la majorité, des travailleurs, des pauvres et non sur celle d’une petite minorité de profiteurs sans scrupule !

Guadeloupe : Suspension de la grève à EDF

La direction nationale d’EDF avait accepté une négociation qui s’est déroulée le 5 juillet dernier. Aucun accord n’a été trouvé car EDF refuse de donner satisfaction à la principale revendication des grévistes à savoir, l’application d’un accord signé en 1972 et concernant la prime de vie chère de 40 %. A ce jour les agents d’EDF perçoivent une prime de 25 %. La direction n’a voulu faire des propositions que pour les bas salaires et les agents ne bénéficiant pas de primes périphériques (comme les astreintes). Compte tenu du rapport de force sur le terrain, à savoir un faible nombre de grévistes, cela ne permettait pas de faire pression sur EDF. Les agents affiliés à la CGTG n’ont pas reçu le soutien des autres centrales présentes dans l’entreprise même si certains agents affiliés à ces centrales ont fait grève individuellement. Suite à une assemblée générale qui s’est tenue le vendredi 8 juillet dernier, les grévistes ont décidé de suspendre le mouvement et de reprendre le travail à compter du lundi 11 juillet. La même décision a été  prise en Martinique. Pourtant, malgré la reprise, la direction a maintenu la présence des forces de l’ordre devant la centrale de Jarry et le siège de Bergevin ainsi que les agents de sécurité. L’EDF a largement les moyens de donner satisfaction aux grévistes mais profite du soutien de certaines centrales qui n’ont jamais appelé à la grève et pire n’ont pas hésité à critiquer les grévistes. Ceux qui ont participé activement au mouvement ont eu raison. Ils ont repris la tête haute en attendant de convaincre les collègues réticents et de se mobiliser sous d’autres formes. Le mouvement est suspendu à EDF, CTM et Diesel Export, mais il n’est pas dit que les travailleurs de l’énergie ont renoncé à leur droit. Car il faut le rappeler, les grévistes ne font que réclamer l’application d’un accord. Le mouvement peut repartir à n’importe quel moment. Pour l’heure, selon certains médias, la lutte se poursuivra sous d’autres formes.

Martinique : Collectif de Défense de l'Hôpital Public : : SI LOPITAL LA KOULÉ NOU KÉ KOULÉ EPPY.

Qu'apporté l'hôpital public en Martinique ?
Tous les jours, à toute heure, lan nwit kon la jounen, l'Hôpital Public garantit à tous, que l'on soit riche ou pauvre, l'égal accès à des soins de qualité, à des spécialistes ou des examens spécialisés.
Notre société marquée par l'augmentation des maladies chroniques (Diabète ; Hypertension ; Cancer ; AVC ; santé mentale), le vieillissement de la population (4 fois plus vite qu'en France) et sa grande précarité, le déficit en médecins de ville (2 fois moins qu'en France), fait jouer un rôle majeur et unique aux Hôpitaux Martiniquais pour l'accès aux soins (70% pour l'hôpital public en Martinique contre 40% en France).
Pourquoi nos hôpitaux sont-ils menacés de faillite ?
Ils sont en crise car ils subissent de plein fouet la politique générale de l'Etat de réduction générale des dépenses publiques (RGPP), de privatisation des missions et d'industrialisation des pratiques.
: En quoi sommes-nous tous concernés ?  
L'hôpital public est le premier employeur de Martinique et donc source de
revenus,   aussi   bien   pour   des   familles   que   pour   des   entreprises
Martiniquaises…….
.
Ce système de soins est en danger. Alors que l'Etat s'est engagé dans
un plan santé outremer à rattraper certaines de nos inégalités, il les
aggrave en faisant la sourde oreille à nos demandes et en refusant les
mesures compensatoires promises par les différents représentants de l'Etat
lors de leur passage en Martinique.
Depuis plus d'un an, des élus accompagnés de représentants des syndicats
font le siège du ministère pour l'application du Plan santé outre-mer sans
succès. Nos collectivités malgré leur investissement, n'ont pas vocation à
remplacer l'Etat.
Le passage   du ministre de la santé M. Xavier BERTRAND les 20 et 21
juillet 2011, pour inaugurer le Centre Hospitalier de Mangot-Vulcin, est
l'occasion de tous,  nous mobiliser ce mercredi 20 juillet afin de faire
entendre   notre   voix.    Nous   devons   lutter   contre   la   disparition
programmée du service public hospitalier, par abandon de poste de
l'Etat dans sa mission régalienne.
C'est pour toutes ces raisons que le Collectif de défense de
l'Hôpital Public, appelle la population à manifester ensemble pour
que    l'Etat    débloque    les    moyens    nécessaires    au    bon
fonctionnement de nos hôpitaux.
 
TOUS EN LUTTE, TOUS MOBILISÉS !
MERCREDI 20 JUILLET 2011 RDV 8H30 Maison des Syndicats
Fort de France le 07/07/11

Nouvelle attaque contre les retraites (extrait du journal Lutte Ouvrière).

Le 5 juillet, alors que la réforme des retraites de 2010, qui prévoit d'allonger progressivement l'âge légal de départ à la retraite de 60 ans à 62 ans, à raison de quatre mois supplémentaires par an, est à peine entrée en application le 1er juillet, Xavier Bertrand, ministre du Travail, a annoncé que la durée de cotisation requise pour toucher une retraite à taux plein augmenterait d'un trimestre pour les personnes nées en 1955 et après et passerait donc à 166 trimestres, soit 41,5 ans.
          Actuellement, cette durée de cotisation est de 40 ans et trois trimestres pour les personnes nées en 1951 et doit passer à 41 ans en 2012 pour ceux qui sont nés en 1952. La réforme des retraites de 2010 avait prévu qu'elle passerait en 2013 à 41 ans et un trimestre pour les générations suivantes. Quant au passage à 166 trimestres, il était prévu pour... 2020.
          Cette mesure va faire que les personnes nées en 1955, pour avoir droit à une retraite complète au moment de leur départ, devront à la fois être âgées d'au moins 61 ans et huit mois, et avoir travaillé 41,5 ans. Ceux qui ne satisferont pas à ces deux conditions devront, soit repousser la date de leur départ en retraite et continuer à travailler au-delà de l'âge légal, s'ils en ont la possibilité physique, soit, et c'est le plus probable compte tenu du taux de chômage des plus de cinquante ans, partir avec une retraite amputée. Tel est le but de la mesure.
          Pour justifier cette nouvelle attaque, le gouvernement invoque une disposition de la loi Fillon de 2003 sur les retraites, qui lie allongement de l'espérance de vie et allongement du temps de travail, tout allongement de la première devant se traduire automatiquement par un allongement de la durée de cotisation pour la retraite. Or, selon l'Insee, l'espérance de vie aurait, en quatre ans, augmenté d'un an.
          Mais il n'y a aucune raison objective, aucun mécanisme qui implique que l'augmentation de l'espérance de vie -- d'ailleurs très inégale selon les classes sociales -- doive se traduire automatiquement par une augmentation de la durée du travail... ou par une baisse des retraites des travailleurs.
          La productivité du travail, c'est-à-dire le volume de richesses que chaque travailleur est capable de produire, s'accroît en même temps que l'espérance de vie, et donc que le nombre de retraités. Le problème, c'est de savoir à qui profite cet accroissement de la production de richesses.
          Pour permettre à la bourgeoisie de maintenir ses revenus, voire de les accroître pendant la crise, pour financer les subventions, baisses de cotisations, réductions d'impôt, etc. en faveur des grandes entreprises et des plus riches contribuables, l'État puise dans les caisses de retraite -- et les poches des futurs retraités -- comme il puise dans toutes les caisses de la protection sociale et des services publics utiles à la population.
          C'est une question de choix, de choix de classe.

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